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Tanger : L’ancienne décharge sauvage bientôt fermée

La décharge sauvage de la ville de Tanger sera bientôt fermée. Les derniers points qui retardaient cette fermeture ont enfin été réglés le 2 janvier, lors de la session ordinaire du Groupement intercommunal d’Al Boughaz. Explications.

Tanger : L’ancienne décharge sauvage bientôt fermée

Le 4 février 2021 à 17h56

Modifié 11 avril 2021 à 2h50

La décharge sauvage de la ville de Tanger sera bientôt fermée. Les derniers points qui retardaient cette fermeture ont enfin été réglés le 2 janvier, lors de la session ordinaire du Groupement intercommunal d’Al Boughaz. Explications.

Cette décision devrait enchanter les habitants et les associations de la ville, qui appellent depuis plusieurs années à la fermeture de ce site devenu dangereux et nocif.

Le Groupement permet enfin la réception des déchets industriels

Deux principaux points empêchaient cette fermeture. Le premier est relatif aux déchets industriels. Ceux-ci continuaient à être acheminés vers la décharge sauvage de Mghogha, malgré l’entrée en service du nouveau Centre d’enfouissement et de valorisation (CEV) des déchets, le 4 janvier 2021.

En effet, d’une part, la convention de gestion déléguée qui lie le Groupement intercommunal d’Al Boughaz et Averda, délégataire de la nouvelle décharge, ne prenait pas en charge ce type de déchets. D’un autre côté, pour ce faire, le Groupement a fixé « une redevance à la tonne de l’ordre de 105,6 DH TTC, contre un montant de 50 DH TTC payé dans l’ancienne décharge, en plus des frais de transport. Un prix qui devrait doubler lors de la seconde année d’exploitation de la nouvelle décharge, soit environ 210 DH TTC/T, ce qui freinait les industriels », nous confie Ahmed Ettalhi, président de la commission de l’Urbanisme, de l’aménagement du territoire et de la préservation de l’environnement au niveau de la commune de Tanger.

Ce point a enfin été réglé lors de la session ordinaire du Groupement, tenue le 2 janvier 2021, les industriels ayant fini par céder. Le Groupement d’Al Boughaz et Averda ont donc convenu de procéder à des aménagements au niveau du contrat initial, pour permettre la réception des déchets industriels non dangereux au CEV. 

Selon notre interlocuteur, « ces prix sont presque les mêmes que ceux payés par les communes membres du Groupement d’Al Boughaz, à un 1 DH près. »

Notons que Tanger est une ville industrielle, « où sont implantées environ 700 multinationales ». Le tonnage annuel des déchets industriels non dangereux produits par ces usines est estimé à 23.000 T/an, selon le tonnage communiqué par différentes zones industrielles, réparti comme suit :

– La zone industrielle de Mghogha : 7.500 T/an;

– La zone industrielle d’Al Majd : 3.000 T/an;

– La zone industrielle de Gzenaia : 3.500 T/an;

– La zone industrielle TFZ : 9.000 T/an.

Trois conventions signées avec les communes non-membres du Groupement

Le second point qui retardait la fermeture de la décharge sauvage est relatif à l’appartenance au Groupement d’Al Boughaz. Celui-ci est constitué de 11 communes, dont trois communes urbaines, à savoir Tanger, Assilah et Gzenaia, ainsi que 8 communes rurales.

Trois autres communes de la ville de Tanger, notamment Al Bahraoyine, Hjar Nhal et Jbel Lahbib, non-membres de ce Groupement, continuaient ainsi à acheminer leurs déchets ménagers vers la décharge sauvage, malgré l’ouverture du CEV.

Pour une fermeture définitive de celle-ci, trois conventions ont été signées entre chacune des trois communes et le Groupement d’Al Boughaz. Ces communes seront soumises à la même redevance au tonnage que celle payée par les communes membres, en plus d’un forfait annuel de 60.000 DH. « Puisqu’il s’agit de trois communes urbaines, elles ont été alignées sur celles du Groupement, qui paient 50.000 DH par an », nous explique M. Ettalhi. « Les deux communes urbaines Assilah et Gzenaia paient pour leur part 150.000 DH par an, contre 500.000 DH/an pour la grande commune de Tanger, ce qui fait un budget annuel de 1,2 million de DH ». 

Ces décisions doivent toutefois être visées par le Wali de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, avant de prendre effet. D’après notre source, « cette étape ne devrait prendre que quelques jours », pour pouvoir enfin entamer la fermeture définitive de l’ancienne décharge, ainsi que sa réhabilitation.

Notons que la nouvelle décharge contrôlée « est ouverte depuis le mois de décembre 2020. Des tests pour bien maîtriser le monitoring y ont été effectués durant un mois. Entre 30% et 70%, voire jusqu’à 100% des déchets de la ville y étaient acheminés durant cette période, avant l’ouverture officielle le 4 janvier ».  

Ce CEV se trouve à Sguedla, à environ 25 km de Tanger. Il s’étale sur environ 150 ha, et sa gestion a été confiée à Averda à l’issue d’un appel d’offres, pour une durée de 20 ans. Cette décharge est dotée de techniques et équipements sophistiquées, d’un centre de tri et de valorisation des déchets ménager.

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