Rabat-Salé-Skhirat: bientôt un nouvel exploitant pour la décharge d’Oum Azza

Le centre d’enfouissement et de valorisation (CEV) d’Oum Azza, dédié à la gestion des déchets provenant de 13 communes de la région de Rabat-Salé-Skhirat, aura bientôt un nouveau gestionnaire. Les détails.

Rabat-Salé-Skhirat: bientôt un nouvel exploitant pour la décharge d’Oum Azza

Le 16 décembre 2020 à 16h27

Modifié 11 avril 2021 à 2h49

Le centre d’enfouissement et de valorisation (CEV) d’Oum Azza, dédié à la gestion des déchets provenant de 13 communes de la région de Rabat-Salé-Skhirat, aura bientôt un nouveau gestionnaire. Les détails.

L’Etablissement de coopération intercommunale Al Assima a lancé, le 14 décembre, un appel d’offres international avec préqualification pour la gestion du CEV d’Oum Azza, confronté actuellement à de nombreuses problématiques.

Ce centre a été géré depuis plus de 20 ans par la société française Pizzorno Environnement, à travers sa filiale marocaine Teodem. L’arrêt de l’exploitation du CEV par celle-ci a pris effet le 1 er juillet 2020, pour des causes qui restent inconnues jusqu’à présent.

Selon certains médias, la résiliation du contrat avec l’ECI Al Assima est intervenue suite à l’incapacité de Teodem de régler le problème de lixiviat, qui dégage des odeurs nauséabondes et qui impacte négativement les eaux souterraines de la région.

La gestion de la période transitoire est actuellement assurée par la société marocaine SOS NDD, retenue en novembre pour la gestion de la nouvelle décharge contrôlée de Médiouna.

De nombreuses problématiques à régler

Le centre d’enfouissement et de valorisation d’Oum Azza occupe une surface totale de 110 ha, dont 44 ha sont déjà saturés par les casiers d’enfouissement et 42 ha exploités comme bassins de stockage de lixiviats. La surface libre actuellement est de 10 ha. C’est la première problématique à laquelle sera confronté le titulaire de ce marché.

Plus en détail, le CEV dispose, entre autres, de trois casiers d’enfouissement, déjà remplis, et qui souffrent de différentes problématiques, notamment le colmatage d’une partie de la canalisation principale des lixiviats, l’absence de couverture périodique des déchets dans différents endroits ainsi que le compactage des déchets d’une manière non conforme. Le nouveau délégataire doit ainsi prévoir la mise en conformité, ou la fermeture et la réhabilitation de ces trois casiers.

Le CEV dispose également d’un bassin de traitement de lixiviat, d’une capacité journalière de 240 m3, presque saturé, et qui déborde, en l’absence d’un système de réseau séparatif des eaux pluviales. Environ 450.000 m3 de lixiviats y sont stockés, auxquels le nouveau gestionnaire devra proposer une solution pour les traiter et les éliminer dans un délai ne dépassant pas 5 ans. Deux issues s’offrent à lui: mettre à niveau la station de traitement déjà existante, ou en installer une nouvelle suffisamment dimensionnée pour recueillir tous les volumes rejetés.

Le centre d’Oum Azza dispose aussi d’un système de traitement et de conditionnement de biogaz. Ce dernier est issu du processus de dégradation biologique des déchets, et possède un fort potentiel calorifique et énergétique. Mais la production des casiers existants en biogaz est en dessous de leur capacité pour des raisons techniques, liées notamment aux lixiviats.

Le délégataire devra donc d’abord, durant les 18 premiers mois d’exploitation, se concentrer sur la construction des nouveaux ouvrages, ainsi que la mise à niveau des installations existantes, tout en continuant à réceptionner les déchets.

Moins d’enfouissement, plus de valorisation

L’ouverture des plis de ce marché est prévue pour le 27 janvier 2021. Mais avant, une visite des lieux sera effectuée le 21 décembre 2020 ou le 4 janvier 2021, pour que les soumissionnaires puissent prendre connaissance de l’état de l’ensemble des installations et des ouvrages, avant le démarrage du contrat, qui devrait durer 20 ans.

Parmi les principales prestations du nouveau délégataire, réduire l’enfouissement des déchets d’au moins 50% et atteindre un taux de valorisation de 25% au minimum

Pour ce faire, il devra, d’un côté, mettre à niveau le centre de tri semi-mécanique déjà existant au CEV pour trier la partie des déchets destinée à la coopérative Attawafouk et mettre en place des lignes de tri automatiques pour trier le reste des déchets reçus.

Pour rappel le centre de tri semi-automatique a été mis en place il y a une dizaine d’années par Pizzorno. Ce site permet le recyclage de matières telles que le papier, les métaux et les plastiques et participe ainsi à la réduction du volume des déchets. Son ouverture avait eu pour conséquence la fermeture de l’ancienne décharge d’Akreuch sur laquelle des centaines de trieurs informels subsistaient à travers la vente de matériaux valorisables. Ces populations ont donc été intégrés par Teodem. Depuis, plus de 200 ex-chiffonniers sont devenus ouvriers-trieurs et ont formé la coopérative ouvrière Attawafouk. 

D’un autre côté, il devra valoriser les déchets, pour produire notamment du combustible solide de récupération, qui pourrait alimenter les cimenteries, du compost de qualité, qui pourrait être vendu comme fertilisant naturel en agriculture ou de l’énergie, à travers la valorisation du biogaz généré par soutirage des casiers d’enfouissement.

Plus de 650.000 T de déchets par an à traiter

D’après l’ECI Al Assima, le CEV d’Oum Azza a reçu, en 2018, environ 690. 000 tonnes de déchets ménagers et assimilés, 30.000 T de gravats, 13.000 T de déchets industriels banals, et 65.000 T de déchets verts.

La quantité des déchets ménagers et assimilés devrait augmenter durant les prochaines années. l’Etablissement prévoit ainsi un total de 703.800 T à fin 2020, 777.052 T en 2025, 857.928 T en 2030 et plus d’un million de tonnes en 2039.

Rappelons que le Centre d’enfouissement et de valorisation d’Oum Azza est destiné à recevoir les déchets du périmètre constituant l’Etablissemet de coopération intercommunale Al Assima, à savoir Rabat, Salé, Bouknadel, Ain Aouda, Sidi Yehya, Oum Azza, Harhoura, Ain Atiq, Skhirat, Sebbah, Mers El Khier et El Menzeh, qui totalisent, en 2019, une population de 2.162.208 personnes. 

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