Banque de projets industriels: MHE revoit ses ambitions à la hausse
Déjà 238 projets retenus et accompagnés, devant générer 15 milliards de DH de CA sur les 34 milliards d'importations que le ministre de l'Industrie compte substituer. Ce dernier vise désormais 83 milliards d'import-substitution.
Lors d’une conférence organisée ce lundi 14 décembre par le ministère de l'Industrie et AttijariWafa bank, Moulay Hafid Elalamy a fait le point sur la première phase de "la banque de projets" dont il est l’initiateur et annoncé le lancement de la deuxième banque de projets ainsi qu'un nouveau site dédié aux mesures d'accompagnement.
Les partenaires du ministère ainsi que deux porteurs de projets sont venus témoigner de leurs réussites lors de cet événement. Il s’agit de Mohamed El Kettani, PDG du groupe Attijariwafa bank, Chakib Alj, président de la CGEM, Salmane Belayachi, DG du CRI de Casablanca - Settat, Yassine Tazi, DG du CRI de Fès - Meknès, Pascal Lagarde, Directeur exécutif en charge de l'international, de la stratégie, des études et du développement chez Bpifrance, Abdelmounim El Eulj, DG de COPA Maroc et Amine El Baroudi, DG de SITI.
Lancée en septembre dernier, la banque de projets est un outil de la stratégie d’import-substitution à travers laquelle le tissu industriel Marocain sera renforcé. Elle a pour objectif, comme le précise le ministre, de permettre à des porteurs de projets de "gagner leur vie tout en apportant de la valeur ajoutée à leurs pays".
Amine El Baroudi, qui opère dans le domaine du thé avec près de 2.000 salariés, a monté deux nouveaux projets grâce à la banque de projets lancée par MHE. Il s’agit de ‘Marrakech Fine Food" (MFF); une unité de biscuiterie et de chocolaterie de luxe ainsi qu’une structure de fabrication de masques chirurgicaux, "une des plus importantes en Afrique", selon M. El Baroudi.
Avec 60 millions de DH d’investissement, ces deux projets créeront 180 emplois directs dont 80 dans le cadre de la structure de fabrication des masques chirurgicaux qui a démarré il y a 3 mois, sachant que 90% de sa production est exportée en Afrique, principalement en Côte d’Ivoire.
Abdelmounim El Eulj annonce quant à lui un projet dénommé "COPA Maroc" du groupe Al Hamd qui souhaite renforcer sa place sur le marché des jus au niveau national mais aussi à l’export. A travers un investissement de près de 100 MDH, ce projet permettra la création de 100 emplois au démarrage et 240 à terme.
34 milliards de DH des importations annuelles de produits finis de consommation (183 MMDH) seront substitués par l’industrie locale. Un objectif à atteindre en 3 ans grâce à 500 projets à lancer d’ici fin 2021. C’est en tous les cas ce que visait l'initiative de MHE avant de réaliser que cet objectif sera atteint plus tôt que prévu.
Un potentiel de 15 MMDH déjà couvert
"Nous avons eu 524 contacts à ce jour, 238 projets retenus; c’est-à-dire qui sont accompagnés aujourd’hui, couvrant déjà 71% des 100 projets (opportunités d'investissements, ndlr), avec un potentiel de 15,1 milliards de DH sur les 34 MMDH de l’objectif", déclare M. Elalamy.
Selon ce dernier, il était prévu d’arriver à couvrir 4 ou 5 MMDH grâce aux 100 premiers projets. Une cible triplée, puisque ces derniers ont un potentiel de 15,1 MMDH.

Ainsi, les 500 projets qu’il était prévu de lancer se limiteront finalement à "200 ou 250" comme l’a indiqué le ministre.
La substitution des 34 MMDH devient donc plus accessible, ce qui pousse Moulay Hafid Elalamy à viser un “objectif extrêmement ambitieux qui était inimaginable avant de démarrer cette banque de projets”. Il s’agit de faire en sorte que les 183 MMDH des importations annuelles de produits finis baissent à une centaine de milliards et que le Maroc puisse produire 83 MMDH.
Région Fès-Meknès: un chiffre d’affaires potentiel de 13 MMDH
Selon Yassine Tazi, "parmi la centaine d’opportunités d’investissements identifiées par le ministère de l’Industrie, la moitié concerne la région Fès-Meknès".
"Ces 50 projets se répartissent essentiellement entre la filière de l’agro-alimentaire avec 21 projets, le textile avec 13 projets, le cuir avec 5 et, avec des proportions moindres (2 à 3 projets par filière, ndlr), le transport, la plasturgie, la chimie et la parachimie etc.", précise M. Tazi avant d’ajouter que "pour la région, ces projets représentent un investissement de plus de 5 MMDH pour un chiffre d'affaires potentiel de 13 MMDH”.
Les 524 contacts établis avec le ministère lors de cette première phase ne concernent pas uniquement les nouveaux porteurs de projets. Il s’agit aussi d’entrepreneurs et d’industriels déjà installés. D’où le rôle de la CGEM dans la promotion de ce projet.
C’est ce qu’explique Chakib Alj. Selon lui, "la CGEM, qui est un vivier d’entrepreneurs, joue un rôle de promotion et de mobilisation effective des fédérations sectorielles concernées et des CGEM régions. Nous identifions nos membres, les informons et les orientons vers des projets potentiels. Plusieurs webinaires ont été organisés jusqu’à présent avec plus de 500 chefs d’entreprises de toutes les régions du Maroc".
Financement bancaire: un dispositif spécifique pour la banque de projets
Les banques ont elles aussi un rôle d’accompagnateur puisqu’elles sont déjà impliquées sur une partie de ces projets d'investissements. C'est le cas d'Attijariwafa bank, comme l’explique Mohamed El Kettani.
"Nous sommes organisés de manière méthodique pour prendre en charge et assurer le meilleur montage des dossiers d’investissements afin de les rendre "bancables". Pour aller vers la mise en place d’un business plan très détaillé, nos experts travaillent, sur le terrain, aux côtés des entrepreneurs", explique-t-il.
"Nous avons mis en place des outils d’accompagnement et mobilisé nos experts sectoriels, parce que les 100 projets qui représentent cette première phase concernent 9 secteurs d’activités économiques. Nous avons mobilisé nos experts dans ces secteurs pour apporter le conseil et l’assistance à notre réseau d’agences", poursuit-il.
Ainsi, les porteurs de projets doivent se diriger vers leurs agences habituelles. Celles-ci les orienteront vers les experts.
"Il y a une prise en charge immédiate par la direction des investissements qui dispose des outils et méthodes de travail permettant d’assurer, conjointement avec l’entreprise, le montage des dossiers d’investissements que nous présenterons au ministère de l’Industrie pour bénéficier de la batterie des mesures initiatrices", indique M. El Kettani.
Lire aussi: Industrie : Tout ce qu'il faut savoir sur la banque de projets lancée par MHE
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