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Coronavirus

Le nouveau tarif du test PCR ne fait pas l’unanimité chez les laboratoires privés

Alors que pour l’ANAM, le dossier de la remboursabilité du test PCR et la nouvelle tarification est clos, certains biologistes estiment qu’il ne l’est toujours pas. Ils contestent le tarif de 450 DH fixé dans le cadre des concertations entre ANAM, les caisses et les représentants des biologistes.

Le nouveau tarif du test PCR ne fait pas l’unanimité chez les laboratoires privés
H.G.
Le 26 novembre 2020 à 15h27 | Modifié 11 avril 2021 à 2h49

Le tarif du test RT-PCR SARS COV 2 dans le privé passera de 700 DH à 450 DH. Dans le public, ce tarif sera au maximum de 360 DH au lieu de 500 DH. C’est une baisse conséquente qui représente 35% du prix initial pratiqué dans le privé, et de 28% à 40% du prix pratiqué dans le public.

« Un travail de benchmark et d'analyse de la structure des coûts a été réalisé pour arriver au juste prix », nous assure une source à l'ANAM.

Selon cette source, l’accord a été validé par les représentants des biologistes et consigné dans un PV. Un avenant à la convention nationale, liant les représentants des biologistes et les caisses gestionnaires de l'AMO, est en cours de signature. Elle assure que ce n’est qu’une question de temps pour que tout soit finalisé. 

Mais une autre source au sein du Conseil des pharmaciens biologistes nous répond quand on l’interroge sur l’avancement de la signature de l’avenant : « Presque. Il reste quelques petites choses à préciser ». Elle ne nous détaille par contre pas la nature des précisions mais nous confirme qu’il s’agit du tarif.

En effet, le nouveau tarif ne fait pas l’unanimité notamment parmi les biologistes opérant sur la région de Casablanca. Un patron de laboratoire actif dans les tests Covid, joint au téléphone pour connaitre son avis sur l’accord, nous explique ne pas être en mesure de commenter puisqu’il n’est pas concerné par l’adhésion à la convention nationale et le tiers payant. Ses patients devront s’acquitter du plein tarif et rien ne l’oblige à appliquer le prix de 450 DH décidé dans le cadre de la convention.

Le président du Syndicat des biologistes médicaux (SMB) de la région de Casablanca-Settat nous explique qu’en effet, les biologistes de la métropole ne sont pas d’accord avec le tarif fixé. Et qu’ils en ont informé le Conseil des pharmaciens biologistes (CPB) et la Chambre syndicale (CSB) de leur position, le 22 novembre courant.

« Notre syndicat des biologistes médicaux de la région Casablanca Settat ne donne pas son accord pour la proposition de l’ANAM : sous-facturer à 450 DH pour les adhérents de la CNOPS et la CNSS, et surfacturer à 804 DH (B600) pour le reste des citoyens. Il ne donne pas son accord pour le changement du tarif de RT PCR SARS COV 2 fixé par la commission de la nomenclature le 23 juillet 2020 », est-il écrit dans le courrier envoyé aux instances représentatives de la profession et dont médias24 détient copie.

« Nous avons émis notre avis en se basant sur des faits et des données réelles émanant d’un état des lieux sur ce que nous coûte ce test », nous explique Dr Said El Hafiane, président du SMB de la région Casablanca Settat. « Il faut être sérieux. Combien coute un test PCR en Europe ? C’est entre 80 et 100 euros. Et au Maroc on veut appliquer un tarif aussi bas sachant qu’on importe tous et parfois 10 fois plus chers que nos confrères européens », ajoute notre interlocuteur.

« Les biologistes doivent respecter un cahier de charges contraignant et consentir des investissements importants. Et au regard de ces investissements, la commission de la nomenclature s’est réunie en juillet dernier pour fixer un prix de la PCR. Elle a décidé un coût de revient de 500 DH et un tarif dans le privé de 680 DH. Cette commission composée d’experts du secteur public et privé est la seule habilitée à fixer les tarifs des actes », poursuit Dr Said El Hafiane.

Il semble que malgré le refus exprimé par le syndicat des biologistes médicaux (SMB) de la région de Casablanca-Settat, l’accord a été maintenu et le processus de signature est en cours.

Rappelons que le SMB de Casablanca Settat ne fait pas partie des signataires de la convention que sont le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM), le Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens (CNOP), le Conseil National de l’Ordre National des Vétérinaires (CNONV) avec le concours du Conseil des Pharmaciens Biologistes (CPB) et de la Chambre syndicale des biologistes (CSB).

Que feront-ils si l’accord est entériné en l’état ? « Nous n’avons pas encore de réponse définitive, donc nous ne pouvons pas nous prononcer pour le moment », répond notre interlocuteur.

Mais selon les termes de la convention, quand celle-ci sera signée, tous les biologistes sont tenus de la respecter et de se conformer à ses termes et donc aux tarifs qu’elle fixe, sauf si un biologiste déclare expressément ne pas y adhérer. Dans ce cas de figure, il doit le mentionner au grand public, en l’affichant à l’entrée de son cabinet.

Dans son article 3, la convention nationale dispose : « La présente convention revêt un caractère national. Elle s’applique, conformément à l’article 23 de la loi 65-00 susvisée, à l’ensemble des biologistes exerçant dans le secteur libéral d'analyses de biologie médicale (conformément aux conditions et modalités prévues aux articles 4 et 59 de la loi 12-01 régissant l’exercice des laboratoires d’analyses de biologie médicale), sauf déclaration expresse à l’ANAM, au conseil national de l’ordre concerné, aux organismes gestionnaires, et à son organisation professionnelle lorsqu’elle existe de ne pas y adhérer. La déclaration de non-adhésion faite à l’une des parties précitées vaut déclaration à l’ensemble ».

 

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H.G.
Le 26 novembre 2020 à 15h27

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