Sans mesures d'atténuation, la pauvreté des enfants sera de 10% (ONDH)
Pour évaluer l'impact de la crise due à la pandémie sur la pauvreté des enfants, l'ONDH, en collaboration avec d'autres partenaires dont l'UNICEF, a effectué une étude. Voici ses principales conclusions.
Pour célébrer la journée mondiale de l'enfance, l'Observatoire national des droits de l'Homme (ONDH) a organisé, ce mardi 24 novembre, un webinaire en partenariat avec l'UNICEF pour discuter de l'impact de la pandémie du coronavirus sur la pauvreté des enfants au Maroc.
Selon un communiqué publié par l'ONDH le jour même, cet évènement fut l'occasion de présenter les conclusions d'une évaluation effectuée par l'ONDH, l'UNICEF, Partnership for Economic Policy et Oxford Policy Management, portant sur le même sujet.
Cette évaluation a non seulement permis de faire un état des lieux de la situation des enfants en termes de pauvreté et de vulnérabilité mais aussi d'émettre des recommandations pour améliorer leur situation face à la crise.
"La méthodologie adoptée, dans le cadre de cette évaluation, repose sur l'utilisation d'un modèle de micro-simulation, à partir de données de la vague de 2019 de l'enquête "Panel de ménage" de l'ONDH. Adapté à l'économie marocaine, ce modèle a permis de capter les effets directs et indirects de la pandémie", lit-on dans le communiqué.
2,1 millions de pauvres en plus
Les effets de la crise sur les revenus des ménages et ainsi sur la consommation de ces derniers est indéniable.
Selon les conclusions de l'ONDH et ses partenaires, "la crise risque d'avoir un effet important sur le revenu des ménages, pouvant entrainer une diminution de 6,5% de la consommation moyenne par tête en zone urbaine et de 8,1% en milieu rural".
"Cette baisse de consommation se traduira par une augmentation de la pauvreté de 6 points de pourcentage, soit 2,1 millions de pauvres en plus", poursuit le communiqué.
L'impact sur les enfants sera encore plus visible, car ils sont "surreprésentés au sein des familles pauvres".
Ainsi, pour les moins de 5 ans, l'évaluation a conclu à une augmentation de la pauvreté de 8,3 points de pourcentage et quasiment la même chose pour les enfants âgés entre 5 et 18 ans (+8 points).
En matière de vulnérabilité, la situation est similaire avec une augmentation de 10 points de pourcentage pour les moins de 18 ans.
Dans le cadre de cette étude, la réaction gouvernementale visant à réduire l'impact de la pandémie a également été évaluée à travers des simulations.
Selon les conclusions présentées lors de ce webinaire, les mesures d'atténuation prévues par le gouvernement permettront non seulement de retrouver un taux de vulnérabilité similaire à la période précédent la pandémie, mais aussi de réduire l'impact de la crise en limitant l'augmentation de la pauvreté à 2,2 points de pourcentage au lieu de 6 en cas d'abstinence.
Si le gouvernement ne met en place aucune mesure d'atténuation, la pauvreté des enfants sera de 10%. Une intervention gouvernementale visant à atténuer l'impact de la crise permettra de réduire ce taux de moitié, sans pour autant suffire à totalement enrayer les effets de la crise.
C'est pourquoi, l'ONDH et ses partenaires recommandent des mesures additionnelles. Il s'agit notamment d'améliorer "les mesures de soutien direct aux enfants pour la scolarisation" et de prolonger les mesures de soutien direct aux travailleurs pour éviter que les ménages des classes vulnérables et moyenne basse ne basculent dans la pauvreté de manière permanente".
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