Le bout du tunnel dans le dossier de la décharge de Casablanca ?

Le marché relatif à la gestion de la nouvelle décharge contrôlée de Médiouna a été attribué à SOS NDD. L'adjudication finale aura lieu dans quelques jours.

Le bout du tunnel dans le dossier de la décharge de Casablanca ?

Le 13 novembre 2020 à 14h02

Modifié 11 avril 2021 à 2h49

Le marché relatif à la gestion de la nouvelle décharge contrôlée de Médiouna a été attribué à SOS NDD. L'adjudication finale aura lieu dans quelques jours.

Le dossier de la décharge de Mediouna traine depuis des années, suscitant la colère des riverains notamment à Bouskoura, dont la santé se dégrade au fil du temps. Avec l’attribution de ce marché, ce dossier est sur le point d’être clos. 

Créée en 1977, SOS NDD est une société 100% marocaine. Après avoir remporté, en 2020, deux marchés de collecte des déchets à Oujda et Mohammedia, elle rafle également l’appel d’offres relatif à l’exploitation de la nouvelle décharge contrôlée de Mediouna, avec une offre d’un peu plus de 45 millions de DH, apprend Médias 24 auprès d’une source au sein de la société. « L’adjudication finale devrait avoir lieu dans quelques jours », ajoute notre interlocuteur. 

Contactée par nos soins, une autre source à Casa Baïa a souligné que le coût des prestations de ce marché était estimé à 45,828 MDH, « soit 12 MDH de moins que le premier » lancé fin 2019, dont le coût des prestations était estimé à 57,5 MDH.

En effet, cet appel d’offres modifié, intervient après un premier marché pour la gestion d’un casier de 11 ha sur le terrain de la nouvelle décharge, lancé en décembre dernier. Celui-ci a été annulé après son attribution à la société nouvelle des travaux routiers et ouvrages (SNTRO) en janvier 2020, pour des raisons inconnues à ce jour. 

Quatre sociétés ont effectué la visite des lieux, organisée le 27 juillet par le maître d’ouvrage. Il s’agit d’Ecomed, ancien gestionnaire délégué de l’ancienne décharge, SOS NDD, gestionnaire de la période transitoire depuis le départ d’Ecomed en juillet 2018, SNTRO, et Arma Holding.

« Il est temps de fermer l’ancienne décharge »

D’après notre interlocuteur à SOS NDD, la société se chargera de la gestion de la nouvelle décharge contrôlée pendant une durée totale de 3 ans. Le cahier des charges du marché précise que cette durée est reconductible d’année en année, pour chaque année budgétaire. La non-reconduction est prise à l’initiative de l’une des deux parties. 

Qu’est-ce qui changera dans cette nouvelle décharge? « Premièrement, la décharge actuelle présente quelques difficultés dans sa gestion, notamment en raison des grandes quantités de lixiviat qui s’y trouvent. D’un point de vue technique et environnementale, il est temps d’arrêter de l’exploiter et de changer d’endroit. C’est un point important et urgent », poursuit notre source.

« Deuxième des choses, on va rester dans l’enfouissement, puisque c’est la solution en vigueur actuellement, en attendant que le maître d’ouvrage, Casa Baïa, et la commune de Casablanca décident d’une autre solution. Un casier de 11 ha a été aménagé sur le site de la nouvelle décharge pour recevoir quotidiennement les déchets. La nouveauté, c’est que cette fois, l’exploitation sera maitrisée ».

Rappelons qu’un appel à manifestation d’intérêt avait été lancé en 2018 dans le but d’étudier les différentes techniques de valorisation des déchets, et d’en adopter la meilleure, mais il n’a pas abouti. 

A quand la fermeture de l’ancienne décharge? « Normalement, après l’adjudication finale de ce marché. En principe si la commune et le maître d’ouvrage ont lancé ce marché, c’est pour basculer sur la nouvelle décharge contrôlée. Celle-ci devrait recevoir le même tonnage de déchets, pour pouvoir fermer l’ancienne décharge et la réhabiliter. C’est une nécessité. Techniquement, elle ne devrait plus recevoir de déchets, étant saturée ». 

Rappelons qu’en 2019, 1,319 million tonnes de déchets ont été enfouies dans la décharge sauvage de Médiouna, avec une moyenne journalière de 3.614 tonnes. 

Le traitement des lixiviats non compris  

Le marché remporté par SOS NDD comprend la gestion du lixiviat, mais pas son traitement. Casa Baïa et la commune « ont mis ont place un bassin de stockage des lixiviats (de 1,5 ha, NDLR) dans le site de la nouvelle décharge. La solution de traitement devrait faire l’objet d’un autre marché », ajoute notre source. 

En effet, le cahier des charges précise que « le titulaire du marché devra mettre en place un système de drainage des lixiviats, pour éviter les débordements vers l’extérieur du site. Les prestations de traitement feront l’objet d’un appel d’offres indépendant ».

Par ailleurs, la décharge contrôlée devra fonctionner 24h/24 et 7j/7 et recevoir des déchets qui englobent aussi bien les déchets collectés sur le territoire de la ville de Casablanca que celui des communes avoisinantes (communes de Médiouna, Mejjatia Ouled Taleb, Sidi Hajjaj Oued Hassar, Tit Mellil, Lahraouiyine, et l’Etablissement de coopération intercommunale Al Bayda composé des communes de Dar Bouazza, Ouled Saleh, Ouled Azzouz, Bouskoura et Nouaceur).

Parmi ses missions, SOS NDD devra fournir le matériel, les engins, les équipements et les moyens humains nécessaires pour assurer une bonne gestion. Concernant le matériel, elle devra fournir quatre bulldozers, un compacteur pieds de moutons, deux pelles hydrauliques pour le terrassement, la confection des digues et la réalisation des fossés de drainage, deux chargeurs sur pneus pour les besoins de chargement des matériaux de couverture, 4 camions 8*4 de 20 m3 dédiés à l’exploitation à l’intérieur de la décharge, deux camions-citernes de 15 m3, six pompes mobiles pour assurer le pompage des lixiviats et des eaux pluviales, et un pick up. 

Les engins et le matériel roulant devront être dans un bon état de fonctionnement et d’une durée de mise en circulation inférieure à 10 ans.

Quant aux moyens humains, elle devra d’abord reprendre, aux mêmes conditions contractuelles et avec le maintien des mêmes salaires et des mêmes avantages sociaux le personnel opérant dans la décharge actuelle de Médiouna, au nombre de 41 personnes. Elle pourra ensuite en recruter d’autres.

Par ailleurs, elle devra également limiter le contact des déchets avec l’atmosphère, l’émission d’odeurs nauséabondes et le risque de déclenchement d’incendie

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