L'ombre du retour au confinement plane sur Casablanca
Selon plusieurs sources informées et des observateurs avertis, l'aggravation de la situation épidémiologique à Casablanca impose désormais le recours à l'un des deux scénarios suivants : soit le retour au confinement pour une courte période, soit des restrictions draconiennes.
Deux scénarios sont envisagés pour Casablanca : soit le retour au confinement pour une courte période, soit des mesures ultra-draconiennes. Le premier scénario est le plus probable au vu de la situation épidémiologique, selon nos sources.
Les responsables chargés de suivre de près l'évolution épidémiologique dans l'agglomération casablancaise prévoient la poursuite de la hausse du nombre de nouveaux cas, ainsi que celui des cas critiques et des décès au cours des prochains jours. Et ce, alors que Casablanca représente déjà 30% des cas au Maroc pour 20% de la population. Sur 240 cas en réanimation au Maroc, 104 sont hospitalisés à Casablanca.
En moyenne, Casablanca, c'est 42% des cas notifiés quotidiennement, 40% des formes graves et 38% du nombre de décès enregistrés à l'échelle nationale.
Casablanca compte 4.000 cas actifs, dont 50% sont suivis à domicile et les 2.000 autres hospitalisés dans les structures de santé de la ville. Ceci, car les cas symptomatiques représentent désormais la moitié des nouveaux cas, contrairement au début de l'épidémie. La ville compte 3.000 lits dédiés au Covid, la saturation est donc proche et des mesures ont été prises pour augmenter la capacité d'hospitalisation.
L'accélération est visible dans les chiffres et va se poursuivre: depuis début mars, le CHU de Casablanca a accueilli 460 cas critiques ou sévères. La moitié de ces cas et 56% des décès ont été enregistrés au cours du seul mois d'août. A elle seule, la hausse du nombre de cas de réanimation signifie une très forte hausse de la propagation.
Ce mercredi 9 septembre, la ville de Casablanca a enregistré 969 nouveaux cas. Le RT officiel (taux de reproduction, avec les réserves que cette notion implique) était à ce jour, de 1,31. Du dimanche au mercredi, plus de 3.000 nouveaux cas ont été détectés. La capitale économique est à un stade de transmission communautaire où il devient difficile de casser les chaînes de transmission. Le virus circule, des cas positifs ne sont contaminés ni chez eux ni au travail. Les responsables de la Santé publique estiment que pour réduire la propagation du virus, il faut réduire la circulation et les déplacements des personnes. La réduction de la propagation du virus s'impose d'autant plus que les capacités hospitalières sont presque saturées.
La ville effectue-t-elle suffisamment de tests ? Les responsables de la santé publique sont affirmatifs : un taux de positivité de 30% a été atteint, sur les 4.000 tests quotidiens, grâce au ciblage. Il n'y a plus de tests de dépistage massif comme avant (entreprises, taxis, usines...). On se concentre, assure-t-on, sur les cas contacts et les cas possibles ou probables.
Au final, la propagation est telle qu'il faut s'attendre à des décisions dans les prochains jours. Cela paraît inévitable.
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Risque de saturation des structures sanitaires à Casablanca (Aït Taleb)
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