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ECONOMIE

Damane Relance : Les éclairages de Soumia Alami Ouali

Après la phase de gestion de crise, le coup d'envoi de la relance a été donné ce 15 juin avec le lancement des offres de financement Relance garanties par la CCG. Ces produits ont vocation à soutenir la reprise des entreprises impactées par la crise. Médias24 a interrogé Soumia Alami Ouali, Directrice de la Banque de l’Entreprise au sein du groupe Banque Populaire pour répondre à l'ensemble des interrogations à ce sujet. 

Damane Relance : Les éclairages de Soumia Alami Ouali
J.C.
Le 18 juin 2020 à 10h36 | Modifié 10 avril 2021 à 22h41

Médias24. Pouvez-vous commencer par nous faire un bilan des actions mises en place pendant la période de crise ?

Soumia Alami Ouali. Pour permettre à la clientèle de faire face à la situation consécutive à la Covid-19, la Banque Populaire a rapidement déployé un important dispositif pour accompagner les entreprises, et ce dès les premières heures de la crise sanitaire. Ces mesures se sont d’abord traduites par un contact téléphonique systématique pour s’enquérir de la santé et des contraintes subies par les entreprises, de la mise en place de reports d’échéances de crédit et de leasing pour soulager les entreprises dont l’activité s’était fortement ralentie. Par ailleurs, même si la disponibilité du réseau de distribution a été maintenue en totalité, nous avons proposé un traitement digitalisé de l’ensemble des demandes Damane Oxygène. À ce jour, nous avons pu servir plus de 2,5 MMDH sur Oxygène à une population composée majoritairement de TPE (plus de 85% des dossiers agréés), ce qui démontre que ce sont les plus petites entreprises qui ont été les plus atteintes par les effets de la Covid-19.

Par ailleurs, nous avons poursuivi l’accompagnement des entreprises de toutes tailles en leur consacrant une enveloppe de plus 10 MMDH. Le dispositif d’accompagnement comporte des financements spécifiques pour les entreprises non-éligibles à Damane Oxygène, ainsi que l’invitation des entreprises à recourir de façon plus intense aux nombreux services digitalisés, transactionnels et informationnels, en leur offrant la gratuité d’accès pendant toute la période de la crise. L’un de ces services, Paydirect, a permis à de nombreuses entreprises de poursuivre le règlement de leurs frais de douane à distance.

Je tiens également à préciser que durant les deux derniers mois, nous avons tenu à intensifier l’écoute et la concertation avec les opérateurs régionaux et sectoriels, ce qui nous a permis d’aller à la rencontre « digitalisée » des CGEM régions, de fédérations et d’entreprises régionales pour échanger, répondre aux interrogations et recueillir les attentes des dirigeants d’entreprises.

Ces échanges nous ont permis de noter que cette crise aura également suscité ou accéléré des vocations, surtout parmi les TPE. Nous comptons favoriser la création et le développement de ces initiatives grâce au conseil, à l’accompagnement des opérateurs par nos Banques Régionales et au financement Chaabi Intelak.

- Le dispositif Oxygène prend fin le 30 juin, qu'en est-il pour les produits spécifiques aux secteurs du tourisme et de la promotion immobilière ?

- Les déblocages du crédit Oxygène ont été prorogés jusqu’au 31 juillet pour l’ensemble des entreprises. Par ailleurs les entreprises du secteur du tourisme pourront continuer à recourir à cette offre sans précision quant à la date limite. Pour les opérateurs du secteur immobilier, le crédit Oxygène PI (Promotion Immobilière) se poursuit également et vient même d’être enrichi par un nouvel assouplissement, qui permet que la somme des CPI (Crédits Promotion Immobilière) existants et du crédit Oxygène puissent atteindre jusqu’à 80% du montant des projets financés (au lieu de 70% précédemment).

- Le lancement des produits Relance au niveau du réseau bancaire a été effectué le 15 juin. Ces produits ont été conçus dans le cadre du dispositif du CVE. Les banques ont-elles la latitude de personnaliser ces produits ou ces derniers sont-ils les mêmes partout ?

- Relance TPE et Damane Relance (qui concerne les entreprises réalisant un CA supérieur à 10 MDH) ont été conçus, tout comme Oxygène, dans le cadre de la concertation entre les différentes parties prenantes du CVE. Leur objectif est d’apporter à l’ensemble des entreprises, quelle que soit leur taille, un soutien additionnel adapté pour leur permettre de compenser la baisse de leurs paiements pendant ces derniers mois et de disposer d’une enveloppe de crédit de fonctionnement. Celle-ci va de 10% à 15% du CA et contribuera à financer les besoins du redémarrage de leur activité, tout en veillant à limiter l’impact sur leur capacité d’endettement. Le remboursement de ce crédit s’effectuera sur une durée allant jusqu’à 7 ans, avec un différé pouvant atteindre deux années, afin de répartir dans le temps l’impact de cette dette.

Les caractéristiques de Relance TPE et de Damane Relance détaillés plus haut sont les mêmes pour l’ensemble des entreprises.

A la Banque Populaire, nous veillons plus que jamais à apporter à nos clients l’écoute, le conseil et l’accompagnement afin de leur proposer les financements et les services qui répondront au mieux à leurs besoins.

- Les entreprises qui ont bénéficié d’Oxygène peuvent-elles également bénéficier des offres Relance ?

- Tout à fait, Oxygène a permis d’apporter une réponse immédiate pour parer aux besoins de règlement des charges courantes et des fournisseurs. Relance vient appuyer la reprise de l’activité. Une petite précision tout de même, le ratio d'endettement bancaire, incluant Oxygène et Damane Relance ne doit pas dépasser 7.

- Pour bénéficier des produits Relance, l’entreprise doit-elle justifier l'impact de la crise Covid-19 sur son activité ?

- En effet, l’activité de l’entreprise doit avoir être impactée par la crise pour que celle-ci puisse être éligible aux produits Damane Relance ou Relance TPE.

- Les entreprises, doivent-elles apporter des garanties supplémentaires à celle de la CCG ?

- Aucune sûreté additionnelle n’est requise pour Relance TPE. Et pour Damane Relance, aucune sûreté personnelle et hors patrimoine de l’entreprise n’est exigée pour les entreprises réalisant un CA inférieur à 500 MDH.

- Parmi les conditions pour bénéficier des produits Relance, il y a celle de ne pas verser de dividendes pendant la période de différé. Pourquoi une telle condition ?

- Il sera difficile et pénalisant pour une entreprise ayant subi les impacts de la Covid-19 de poursuivre sa croissance en rémunérant à la fois ses actionnaires et en augmentant son endettement bancaire à moyen terme. Cela pourrait la déstabiliser davantage, ce qui n’est ni dans l’intérêt de l’entreprise ni dans celui de ses actionnaires. En revanche, le dispositif Relance ne s’oppose pas à ce que les entreprises versent des dividendes sous formes d’actions/parts car cela vient en renforcement de leurs fonds propres et contribue à leur pérennisation.

- Il y a d’autres exigences qui sont demandées à l’entreprise, comme le fait d’utiliser 50 % du montant du crédit pour le paiement de fournisseurs, que les fonds ne soient pas utilisés pour les opérations de haut de bilan… Qui a la responsabilité de s’assurer que les entreprises respectent ces exigences ?

- Le processus est clair et transparent puisque l’entreprise souhaitant bénéficier de Relance joint à sa demande l’état détaillé des dépenses finançables réparties par catégories, sachant que la rubrique fournisseurs est, elle-même, ventilée par entreprise à payer. Une fois le dossier agréé, les déblocages s’effectuent au profit des bénéficiaires, sur la base du relevé de dépenses signé par le client et en conformité avec les engagements pris.

Mais au-delà du processus, il est important que chaque intervenant joue son rôle pour permettre à l’Economie de redémarrer, et ce en veillant à régler effectivement les fournisseurs pour ne pas affaiblir davantage les entreprises. Cette crise pourrait être une opportunité pour sonner l’heure de la prise de conscience, qui permettra de restaurer la confiance et d’installer définitivement un nouvel état d’esprit.

Par ailleurs, il est également à souligner que les établissements publics seront éligibles au produit de Relance, dont les financements iront aux TPME.

- Parmi les critères d’éligibilité, figure le taux d’endettement. Comment ce critère est-il pris en considération ?

Pour être éligible, l’entreprise qui réalise un CA supérieur ou égal 10 MDH doit présenter un ratio qui exprime la capacité de remboursement (qui est constitué des dettes bancaires court, moyen et long terme rapportées à l’excédent brut d’exploitation) inférieur ou égal à 7. Le calcul de la dette bancaire inclut le Crédit Oxygène (s’il a été souscrit) ainsi que le Crédit Relance. Il faut préciser que le seuil de 7 retenu pour répondre à une réalité marocaine, est deux fois plus important que le ratio de limite d’endettement d’avant-crise.

Pour Relance TPE, le processus est simplifié et l’éligibilité nécessite uniquement que l’entreprise ne soit pas en redressement ou en liquidation judiciaire, et n’ait pas de crédit bancaire déclassé en compromis au 29 février 2020.

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J.C.
Le 18 juin 2020 à 10h36

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