Débat sur le Covid-19 au Maroc: il faut des tests, encore plus de tests
Les personnes âgées sont les plus à risque mais elles ne sont pas les plus touchées, a déclaré l’épidémiologiste et infectiologue Jaafar Heikel. Pour l’heure, la majorité des cas positifs recensés sont des hommes, dont l’âge se situe autour de 47 ans.
La Fondation Attijariwafa bank a mis en ligne, mardi 21 avril sur sa chaîne Youtube, une conférence consacrée au thème "La société marocaine face au Covid-19 : impacts et premiers enseignements". Celle-ci intervient dans le cadre d’une série de conférences digitales afin de décrypter les impacts de la crise sanitaire du Covid-19 sur le Maroc.
Enregistrée jeudi 16 avril, cette première rencontre a réuni Jaâfar Heikel, épidémiologiste et infectiologue, Allal Amraoui, chirurgien et ancien directeur régional de la Santé et Ahmed Ghayet, président de l’association Marocains Pluriels, avec la modération de la journaliste Hanane Harrath.
Jaâfar Heikel a d’abord insisté sur la nécessité de continuer à faire preuve de prudence et de vigilance. "Nous n’avons toujours pas atteint le pic ; les mesures barrières commencent à porter leurs fruits mais l’épidémie est toujours en pleine croissance au Maroc", a-t-il rappelé. Au total, 237 nouveaux cas d'infection au coronavirus ont été confirmés au Maroc ce mercredi 22 avril à 18 heures, portant à 3.446 le nombre total des cas de contamination.
"La situation épistémologique n’est pas dramatique en termes de nombre, mais elle nécessite toujours beaucoup de prudence car nous avons évolué vers des phases qui montrent désormais que notre taux de reproduction, c’est-à-dire la capacité à produire de nouveaux cas dans notre population, reste préoccupante", a-t-il souligné. "La situation est aujourd’hui à peu près maîtrisée grâce aux mesures précoces qui ont été prises", a déclaré pour sa part Allal Amraoui.
Dépister davantage pour retirer les cas positifs du circuit de l’épidémie
Un profil de patients atteints du Covid-19 a également émergé : il s’agit à majorité d’hommes, à hauteur de 60% selon Jaâfar Heikel, dont l’âge oscille autour de 47 ans, toutes catégories sociales confondues. "Les personnes âgées sont les plus à risque mais elles ne sont pas les plus touchées", a-t-il relevé.
Pour freiner la courbe de l’épidémie, Jaâfar Heikel appelle à dépister davantage. "Le nombre de cas dépistés au Maroc est trop faible, alors que plus on dépiste rapidement de cas, plus on les fait sortir de la chaîne de transmission de l’épidémie", a-t-il soutenu. L’épidémiologiste n’appelle pas, toutefois, à pratiquer des dépistages de masse, arguant que le Maroc "n’en a pas les moyens et n’est pas dans la même situation que la Corée du Sud par exemple". Et d’ajouter : "Nous pouvons cependant élargir les dépistages à des populations spécifiques afin que les cas positifs, qui continuent à alimenter la courbe de l’épidémie, puissent être retirés du circuit et traités à bon escient."
Un avis que partage Allal Amraoui : "L’importance du dépistage est indiscutable, mais nous n’en avons pas suffisamment les moyens. Même les plus grandes économies mondiales ne parviennent pas à se pourvoir suffisamment en tests."
Ahmed Ghayet, président de l’association Marocains Pluriels, est quant à lui revenu sur les conséquences sociales de cette crise sanitaire, notamment chez les populations les plus démunies. "Vivre à plusieurs dans des tout petits espaces, c’est un enfermement dans le confinement", a-t-il souligné, appelant à faire preuve de pédagogie sur les mesures barrières, notamment le port du masque. "Il faut être pédagogue ; imposer des règles, certes, mais surtout, il faut communiquer, expliquer à la population le sens de ce confinement et les dispositifs qui ont été mis en place dans ce cadre."
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