Les actionnaires d'IB Maroc statueront le 27 septembre sur sa dissolution ou sa continuation

| Le 16/9/2019 à 16:43

IB Maroc est obligée de franchir cette étape légale suite à la dégradation de sa situation financière. Ses actionnaires affirment toutefois qu'ils ont bien l’intention de continuer l’activité.

Ce 16 septembre, IB Maroc a publié sur son site web un avis de convocation à son Assemblée Générale Extraordinaire, prévue pour le 27 septembre prochain. Sur cet avis, la société stipule que l’objet principal de l'assemblée est de délibérer sur le point suivant: "décider de la dissolution anticipée de la société, du fait de capitaux propres devenus inférieurs au quart du capital social".

De prime abord, il peut sembler que cette AGE soit prévue pour acter une décision de dissolution déjà prise. Néanmoins, une source à IB Maroc, contactée par LeBoursier, nous indique qu’il s’agit d’une simple étape légale que la société est obligée de franchir suite à la dégradation de sa situation financière.

L’avis de convocation a néanmoins insufflé un vent de panique sur le marché boursier, où le cours d’IB Maroc a perdu 9,98% en une journée, sur un volume de 1.110 actions, pour clôturer à 37,8 dirhams.

Car bien qu’il s’agisse d’une étape légale et que les actionnaires de la société affichent l’intention de ne pas dissoudre celle-ci, la probabilité d’une dissolution est bien présente alors que l’entreprise est en mauvaise posture financière depuis des années. Avec une possible dissolution, la menace de se retrouver du jour au lendemain avec des actions qui ne valent rien sur le marché est également pesante.

Dans un communiqué diffusé le 9 août dernier, IB Maroc indiquait qu’elle ne dispose plus de lignes de crédit, ce qui l’a empêché de répondre à certains appels d’offres de ses clients au motif que l’entreprise est dans l’incapacité de financer les achats de matériels, en ajoutant qu’elle s’est donc concentrée sur des marchés de services nécessitant peu ou pas d’achats.

La société reconnaît par ailleurs que sa situation financière s’est fortement dégradée, "du fait de la rupture des concours bancaires de la banque principale".

Elle ajoutait par ailleurs que des démarches étaient en cours pour un renforcement des fonds propres à travers la recherche de nouveaux partenaires financiers qui pourraient intervenir dans une entrée au capital, et dont l’arrivée pourrait éventuellement modifier la position des banques. IB Maroc affirmait toutefois être incertaine quant à la réalisation de cet objectif.

La société devait également être radiée de la cote suite au rapprochement de son actionnaire majoritaire IB Corp avec le groupe MedTech, visant à créer une holding spécialisée dans les infrastructures informatiques opérant au Maroc et en Afrique de l’Ouest.

"Les deux Groupes ont approché l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux pour lui faire part de l’intention de cette nouvelle société de renforcer sa part dans le capital d’IB Maroc au-delà de l’apport d’IB Corp et de radier le titre IB Maroc de la cote, en espérant pouvoir clôturer ce processus d’Offre Publique d’Achat/Offre Publique de Retrait avant la fin 2016", précisait un communiqué d’IB Maroc publié en juin 2016.

Depuis, le feuilleton IB Maroc se poursuit, et l’entreprise déçoit par la dégradation continue de sa situation financière matérialisée par des pertes consécutives ( -3,7 millions de dirhams en 2016, puis -41,1 millions de dirhams en 2017 et -50,1 millions de dirhams en 2018).

L’épisode de la prochaine AGE de la société sera forcément suivi par le marché.

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