img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité

Tunisie: un quart de la population active en grève !

Transports, écoles et administration sont paralysés jeudi 17 janvier en Tunisie par une grève générale massive dans les services publics à l'appel de la puissante centrale syndicale UGTT, dans un contexte politique tendu en ce début d'année électorale.  

Tunisie: un quart de la population active en grève !
Par
Le 17 janvier 2019 à 16h20 | Modifié 17 janvier 2019 à 16h20

"Dégage, gouvernement du FMI", ou encore "Chahed, ô lâche le peuple tunisien n'accepte pas l'humiliation", ont scandé des manifestants, reprochant au Premier ministre Youssef Chahed de céder aux directives du Fonds monétaire international (FMI).

Certains ont arboré des portraits de la directrice du Fonds, Christine Lagarde, barrés d'une croix rouge, tandis que le journal de l'UGTT arborait en Une un photomontage montrant Chahed en marionnette de Mme Lagarde.

Le pays, lourdement endetté auprès de bailleurs étrangers, a obtenu en 2016 du FMI un nouveau prêt de 2,4 milliards d'euros sur quatre ans, en promettant de mener de vastes réformes, et de diminuer le poids de la fonction publique dans le PIB -les gouvernements successifs ont massivement recruté après la révolution pour tenter d'apaiser la colère sociale.

A travers le pays, écoles et universités étaient fermées, les transports en commun paralysés, l'aéroport de Tunis à l'arrêt, en dépit d'un décret gouvernemental publié in extremis mercredi 16 janvier exigeant un service minimum.

Un seul et unique vol a décollé de Tunis en matinée afin d'emmener au Caire des supporteurs du Club africain, l'une des principales équipes de football du pays, a indiqué à l'AFP le ministère des Transports.

 Refus de la proposition gouvernementale d'augmentation de salaire

L'UGTT a appelé à une grève de 24 heures des 677.000 fonctionnaires et 350.000 employés des entreprises publiques, soit un million de personnes, représentant près d'un quart de la population active tunisienne.

A Sfax, deuxième ville du pays, des manifestants ont également défilé par milliers, a constaté un correspondant de l'AFP.

Dans un discours devant la foule rassemblée au siège de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) à Tunis, le secrétaire général Noureddine Taboubi s'est montré très offensif envers le gouvernement.

"L'UGTT s'opposera à l'échec des choix libéraux de ces dirigeants", a-t-il lancé, assurant "nous (leur) couperons les ongles" afin de les rendre impuissants.

Le syndicat réclame des augmentations de salaires plus importantes que les 130 à 180 dinars (40 à 55 euros) étalés sur deux ans proposés par le gouvernement, pour contrer la baisse du pouvoir d'achat due à l'inflation, qui a atteint 7,5% en 2018.

Le salaire brut moyen d'un fonctionnaire est de 1.580 dinars (500 euros) selon le dernier rapport officiel pour 2016.

"Course-poursuite"

Le Premier ministre a assuré, dans un discours télévisé mercredi soir, que les finances publiques ne permettaient pas d'accepter les demandes de l'UGTT, ajoutant que le dialogue se poursuivrait après la grève.

"Ce sont les augmentations salariales concédées après la révolution en l'absence de croissance réelle qui ont entraîné l'inflation, l'endettement et la baisse du pouvoir d'achat", a-t-il argué.

Pour l'économiste Ezzedine Saïdane, la situation résulte d'une "absence de vision globale" à long terme et de réformes économiques.

"Les négociations auraient dû débuter avant le vote du budget 2019", dont "aucun article ne prévoit une augmentation" des salaires, a-t-il déploré.

Au lieu d'une "course-poursuite au salaire, qui risque d'augmenter la dette et l'inflation, il faudrait un programme de réformes structurelles de l'économie, pour limiter l'inflation, relancer une croissance créatrice d'emploi", a-t-il déclaré à l'AFP.

La grève de jeudi est la première à rassembler la fonction publique et les entreprises publiques.

Une grève des fonctionnaires avait été très suivie en novembre dernier, d'une ampleur inédite depuis deux grèves générales en 2013 en réaction aux assassinats de deux opposants.

Ces mobilisations interviennent alors que le débat politique s'est crispé ces derniers mois à l'approche des élections législatives et présidentielle prévues fin 2019, à l'issue incertaine et dans lesquelles l'UGTT souhaite peser.

Malgré les avancées de la transition démocratique après la chute du régime de Zine el Abidine Ben Ali en 2011, et une reprise fragile de la croissance après des années de marasme, la Tunisie peine à répondre aux attentes sociales.

Le chômage se maintient au-dessus de 15%, selon les chiffres officiels, et la dévaluation du dinar s'est traduite par une inflation désastreuse dans un pays où le salaire minimum est en deça de 400 dinars (120 euros).

(Avec AFP)

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 17 janvier 2019 à 16h20

à lire aussi

Prévisions météo pour le dimanche 19 juillet 2026
Les prévisions quotidiennes

Article : Prévisions météo pour le dimanche 19 juillet 2026

Voici les prévisions météorologiques établies par la Direction générale de la météorologie pour le dimanche 19 juillet 2026.

Croisières : le terminal de Casablanca s’attend à un été calme
TOURISME

Article : Croisières : le terminal de Casablanca s’attend à un été calme

Avec seulement quelques rares escales prévues en juillet et en août, le port de Casablanca connaîtra une saison estivale particulièrement calme malgré la mise en service de sa nouvelle infrastructure. Une situation jugée prévisible, les compagnies repositionnant leurs navires vers la Méditerranée orientale en été et planifiant leurs itinéraires jusqu’à deux ans à l’avance. Un opérateur et une source de l'ONMT nous expliquent qu'il faudra deux à trois ans pour bâtir un véritable écosystème, encore freiné par le manque de guides, d’autocars et de services adaptés.

Escroqueries financières et phishing : vers un renforcement de la coordination nationale
SOCIETE

Article : Escroqueries financières et phishing : vers un renforcement de la coordination nationale

Les escroqueries financières gagnent du terrain au Maroc comme ailleurs. Réunis à Rabat à l’initiative de Bank Al-Maghrib et de l’ANRF, régulateurs, banques et institutions concernées ont alerté sur l’ampleur du phénomène et appelé à renforcer la vigilance, la coordination et les outils de prévention pour protéger les usagers.

Vague de chaleur : 12 villes ont dépassé les 40°C vendredi 17 juillet
SOCIETE

Article : Vague de chaleur : 12 villes ont dépassé les 40°C vendredi 17 juillet

Plusieurs villes marocaines ont enregistré, vendredi 17 juillet, des températures élevées. Elles étaient 34 à dépasser les 30°C. Et 12 villes ont vu le thermomètre grimper au-delà de 40°C.

Mohammed Réda Lahmini élu président de la Commission des affaires économiques, sociales et environnementales de l'APF
Quoi de neuf

Article : Mohammed Réda Lahmini élu président de la Commission des affaires économiques, sociales et environnementales de l'APF

Mohammed Réda Lahmini, membre du bureau de la Chambre des conseillers et du groupe de la Confédération générale des entreprises du Maroc, a été élu président de la commission des affaires économiques, sociales et environnementales relevant de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF).

Territoires : pourquoi la richesse reste concentrée dans quelques pôles
ECONOMIE

Article : Territoires : pourquoi la richesse reste concentrée dans quelques pôles

ENTRETIEN. Entre 2014 et 2024, les disparités entre les régions se sont accentuées : Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma concentrent désormais 58,4% du PIB national. Dans cette interview, le géographe David Goeury explique pourquoi les investissements publics ne suffisent pas à combler ces écarts, et ce qui manque aux territoires en retard pour créer durablement des emplois et de la valeur.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité