img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Quoi de neuf

La directrice financière de Huawei soupçonnée de fraude par les Etats-Unis

La directrice financière de Huawei soupçonnée de fraude par les Etats-Unis
Par
Le 8 décembre 2018 à 2h38 | Modifié 8 décembre 2018 à 2h38

La directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei est soupçonnée par les Etats-Unis d'avoir fraudé pour contourner les sanctions américaines contre l'Iran, selon les informations révélées vendredi pendant une audience devant un tribunal canadien.

La justice américaine demande l'extradition de Meng Wanzhou, qui a été arrêtée au Canada à la demande des Etats-Unis samedi dernier.

Après plusieurs heures de débat, l'audience devant un juge de la Cour suprême de Vancouver a été ajournée et reprendra lundi. Le juge devrait alors se prononcer sur une éventuelle libération sous caution de Mme Meng, qui d'ici là restera en détention dans la banlieue de Vancouver.

Meng Wanzhou, 46 ans, est soupçonnée d'avoir menti à plusieurs banques sur les liens entre Huawei et l'une de ses filiales, SkyCom, ce qui a permis à cette société d'accéder au marché iranien en violation des sanctions américaines, a révélé l'avocat représentant le gouvernement canadien, John Gibb-Carsley, devant une salle d'audience comble.

Mme Meng aurait personnellement nié auprès de banquiers américains, en 2013, tout lien direct entre Huawei et la société SkyCom, alors qu'en fait "SkyCom c'est Huawei", selon les autorités américaines.

La dirigeante était membre du conseil d'administration de SkyCom il y a une dizaine d'années, mais la société a été vendue depuis, selon son avocat, David Martin. Mais, selon la justice américaine, le groupe chinois en a gardé le contrôle de fait, les employés de SkyCom ayant par exemple continué à utiliser les adresses électroniques huawei.com.

La dirigeante est accusée de "complot d'escroquerie au détriment de plusieurs institutions financières", des chefs d'accusation passibles de 30 ans de prison chacun aux Etats-Unis, a révélé M. Gibb-Carsley.

Le représentant du gouvernement s'est opposé à la remise en liberté conditionnelle de la fille de Ren Zhengfei, fondateur de Huawei en 1987 et ancien membre de l'armée chinoise. Il a estimé qu'elle avait de bonnes raisons pour être tentée de fuir le Canada et rentrer en Chine.

Mme Meng en a les moyens financiers, la Chine et les Etats-Unis n'ont signé aucun traité d'extradition et Mme Meng a "l'habitude d'éviter les Etats-Unis depuis qu'elle a pris conscience qu'une enquête criminelle la visait", a expliqué M. Gibb-Carsley.

L'avocat de Mme Meng a pour sa part assuré que sa cliente ne prendrait pas le risque de "faire honte" à son père, sa société et son pays en prenant la fuite.

Elle s'engagerait par ailleurs à rendre ses passeports, à porter un bracelet électronique et à financer sa propre surveillance pendant la procédure.

Huawei a réagi dans un communiqué vendredi soir en expliquant qu'il "continuerait à suivre les audiences" la semaine prochaine et en faisant part de sa "confiance que les systèmes judiciaires américain et canadien arriveront aux bonnes conclusions".

"Pas d'intervention politique"

Mme Meng avait été arrêtée le 1er décembre à l'aéroport de Vancouver, lors d'une escale entre Hong Kong et le Mexique.

Le processus d'extradition, dans le cadre d'un accord bilatéral entre les Etats-Unis et le Canada, peut prendre des mois voire des années avant d'aboutir, en raison des nombreuses possibilités d'appel.

L'annonce de l'arrestation de Mme Meng quelques jours après la trêve dans la guerre commerciale entre Pékin et Washington, a provoqué la colère des autorités chinoises qui ont exigé sa remise en liberté immédiate.

"Nous exigeons des deux parties (Canada et Etats-Unis) que des clarifications nous soient fournies au plus vite quant aux motifs de cette détention", a martelé jeudi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang.

Face aux critiques de la Chine, avec laquelle le Canada tente de renforcer les liens commerciaux, le Premier ministre Justin Trudeau a assuré que la décision d'arrêter la dirigeante chinoise avait été prise par la justice canadienne, à la demande de la justice américaine, sans aucune intervention politique d'Ottawa.

"On a été avisé du processus judiciaire quelques jours avant que l'arrestation soit faite", a reconnu jeudi M. Trudeau. Toutefois, "il n'y a pas eu d'intervention politique dans cette décision car nous respectons l'indépendance du système judiciaire", a-t-il insisté. "Je n'ai pas eu de discussions avec mes homologues chinois à ce sujet".

Les produits Huawei sont utilisés par des opérateurs téléphoniques dans le monde entier, notamment en Europe, en Afrique et au Canada. Mais le groupe connaît des déboires aux Etats-Unis, où il a été banni des projets d'infrastructures pour des raisons invoquées de sécurité nationale et de craintes d'espionnage au profit de Pékin.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 8 décembre 2018 à 2h38

à lire aussi

Bilan de fin de saison. Fortunes diverses, mais dynamique positive pour les internationaux marocains
Football

Article : Bilan de fin de saison. Fortunes diverses, mais dynamique positive pour les internationaux marocains

Alors que la majorité des championnats touchent à leur fin, les internationaux marocains ont pour la plupart signé des saisons de haute volée. Un constat qui s’applique également à ceux qui n’ont rien gagné, mais dont les prestations ont été unanimement saluées. De bon augure en perspective du Mondial 2026.

Criquets pèlerins aux portes du Souss : quel risque pour l'agriculture ?
SOCIETE

Article : Criquets pèlerins aux portes du Souss : quel risque pour l'agriculture ?

Ils sont jaunes, parfois rosâtres, et inquiètent les agriculteurs du Souss. Des criquets pèlerins ont été observés à proximité des champs agricoles de Chtouka Aït Baha. Voici ce qu'il faut savoir sur la situation.

En 2025, l’aggravation du déficit extérieur en biens et services retire 3,8 points à la croissance
ECONOMIE

Article : En 2025, l’aggravation du déficit extérieur en biens et services retire 3,8 points à la croissance

Au-delà de la sécheresse, la croissance au Maroc est aussi affaiblie par une fuite importante de la demande vers les importations. En 2024, le solde extérieur a retiré 2,5 points à la croissance. En 2025, selon nos calculs, cette perte atteint 3,8 points. Une partie de l’effort d’investissement et de consommation se transforme ainsi en production étrangère, plutôt qu’en valeur ajoutée locale.

Et si on regardait la Bourse de Casablanca hors minières ? Ce que les minières changent dans la lecture du marché
Actus

Article : Et si on regardait la Bourse de Casablanca hors minières ? Ce que les minières changent dans la lecture du marché

Avec plus de 11% du MASI et une contribution de +656 points de base depuis le début de l’année, les minières prennent une place centrale dans les mouvements de la Bourse de Casablanca.

SkyStriker : le drone “précis, silencieux et mortel” rejoint l’arsenal des FAR
Defense

Article : SkyStriker : le drone “précis, silencieux et mortel” rejoint l’arsenal des FAR

Précis, silencieux et dopé à l'intelligence artificielle, ce nouveau vecteur de frappe à bas coût renforce considérablement la résilience et la réactivité du dispositif de défense marocain.

GST Rabat-Salé-Kénitra : un budget de 1,8 milliard de DH en 2026, le CHU Ibn Sina au cœur des investissements
Santé

Article : GST Rabat-Salé-Kénitra : un budget de 1,8 milliard de DH en 2026, le CHU Ibn Sina au cœur des investissements

Un budget 2026 estimé à plus de 1,8 milliard de DH traduisant l’ampleur des investissements engagés dans la région Rabat-Salé-Kénitra, un démarrage progressif du CHU Ibn Sina prévu en deux phases avec une montée en charge, et une feuille de route sanitaire qui vise à réduire les disparités territoriales et à renforcer l’offre de soins.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité