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ECONOMIE

Plus des trois quarts des salariés du privé perçoivent moins de 4.000 DH par mois

L'emploi salarié dans le secteur privé est toujours marqué par la précarité. Le revenu médian des employés déclarés à la CNSS dépasse à peine le SMIG mensuel et seulement 23% des salariés sont déclarés pendant toute l'année.

Plus des trois quarts des salariés du privé perçoivent moins de 4.000 DH par mois
Souhail Nhaili
Le 17 juillet 2018 à 15h18 | Modifié 11 avril 2021 à 2h47

Le conseil d’administration de la CNSS s’est tenu lundi 16 juillet. Pendant la réunion présidée par le ministre du Travail Mohamed Yatim, des données intéressantes sur l’emploi salarié dans le secteur privé ont été présentées. Médias24 a pu les consulter.

La principale conclusion que l’on peut en tirer est que le taux de couverture par la CNSS de la population active du secteur privé a atteint un niveau élevé, mais que l’emploi salarié y demeure marqué par la précarité, eu égard au niveau des revenus, au nombre de jours déclarés ou à d’autres indicateurs révélés par la Caisse.

3,38 millions de salariés déclarés à fin 2017

Le nombre de salariés déclarés à la CNSS a atteint 3,38 millions en 2017, en hausse de 3% par rapport à 2016. Pendant cette dernière année, la Caisse dit avoir atteint un taux de couverture de la population active du secteur privé de l’ordre de 82% (d’après le HCP, la population active du secteur privé est de 4 millions).

Notons la faible participation des femmes: 32% de la population déclarée. Cette part était toutefois limitée à 22% en 1990.

Sur les 3,38 millions de salariés, 21% relèvent du secteur des services, 18% de l’industrie, 15% (chacun) du commerce et de la construction, et 11% du secteur primaire (agriculture, sylviculture, pêche).

L’emploi dans ce dernier secteur et dans une bonne partie des secteurs du commerce, de la construction et des services est caractérisé par la précarité. Les emplois qualifiés se trouvent surtout dans l’industrie et une partie des services (financiers, TIC…).

Concernant la répartition régionale, Casablanca concentre 40% des salariés déclarés, suivie de Rabat-Salé (11%), Tanger-Tétouan (11%) et Agadir (10).

La tranche d’âge 25-39 ans domine avec 50% de la population déclarée. L’âge moyen est de 37,6 ans, dont 38,1 ans pour les hommes et 36,5 ans pour les femmes.

Seuls 6,8% des salariés touchent plus de 10.000 DH par mois

Les statistiques sur les salaires sont édifiantes. 39% des salaires déclarés en 2017 sont inférieurs au SMIG mensuel (2.566 DH) et 75,4% ne dépassent pas 4.000 DH.

Seuls 14% des salariés perçoivent plus de 6.000 DH par mois, et uniquement 6,8% plus de 10.000 DH.

Les femmes sont généralement moins bien payées que les hommes: 47% perçoivent moins que le SMIG contre 35% pour les hommes.

>> Lire aussi : La retraite moyenne à la CNSS est de 1.900 DH, la plus faible de tous les régimes de retraite au Maroc

Le salaire moyen déclaré s’élève à 5.120 DH par mois, en légère amélioration de 1,7% par rapport à 2016.

Le salaire médian, niveau qui divise en deux la population déclarée, s’établit, lui, 2.712 DH.

La masse salariale déclarée a, quant à elle, augmenté de 5% par rapport à 2016, à 137,5 milliards de DH.

La discontinuité de l’activité renseigne également sur la précarité de l’emploi salarié dans le privé. Seulement 23% des salariés sont déclarés tout au long de l’année 2017, cumulant ainsi 312 jours. Presque le tiers des salariés (31%) sont déclarés pour moins de 6 mois de travail.

Les deux tiers des nouveaux salariés déclarés perçoivent moins que le SMIG

Ceci pour ce qui est du nombre global des salariés déclarés à fin 2017: Concernant les entrées nettes dans le régime général de la CNSS au cours de l’année dernière, elles s’établissent à 95.321 personnes.

C’est le résultat de l’entrée de 487.328 salariés et la sortie de 392.007 autres.

L’entrée dans le régime ne signifie pas uniquement l'accès au marché du travail pour la première fois. Elle peut aussi concerner, entre autres, des personnes qui travaillaient dans l’informel ou dans le secteur public et des personnes déjà actives par le passé et qui étaient au chômage.

Idem pour les sorties: hormis le départ à la retraite, il y a l’exercice d’activités en tant qu’indépendants, le départ vers le secteur public, les licenciements…

D’ailleurs, seulement 52% des nouveaux entrants ont un âge inférieur à 30 ans et seulement 16% des sortants ont plus de 50 ans.

Les secteurs d’activités qui concentrent le plus d’entrées/sorties sont, entre autres, les services, la construction, l’agriculture et le commerce.

Cette structure renseigne également sur le degré de précarité en termes de salaires: 63% des nouveaux entrants perçoivent moins que le SMIG et seulement 19% sont déclarés avec un salaire supérieur à 3.000 DH. La même structure est observée chez les sortants du régime.

221.000 entreprises déclarées à fin 2017

Les salariés déclarés à fin 2017 travaillent dans 221.271 entreprises, chiffre en hausse de 6% par rapport à 2016.

39.402 nouvelles entreprises ont été affiliées en 2017, parmi lesquelles 20.699 ont déclaré des salariés, soit un taux de déclaration de 53%. Le taux moyen depuis 2012 se stabilise à 60%.

Parmi ces entreprises nouvellement affiliées, 62% emploient moins de 4 salariés et 86% moins de 11, ce qui signifie que ce sont les TPE/PME qui sont dynamiques en termes de création d’emplois.

Malheureusement, les emplois créés demeurent faiblement qualifiés et insuffisants en nombre pour permettre une insertion professionnelle des diplômés dans des conditions convenables.

Les résultats des programmes mis en place par l’Etat pour encourager l’embauche, malgré leurs apports (premier accès au marché du travail, acquisition d’une expérience professionnelle…), sont critiqués (faible adhésion des entreprises, faible création d’emplois pérennes…).

Résultats mitigés des dispositifs étatiques d'encouragement à l'embauche

A titre d’exemple, à fin 2017, le dispositif Tahfiz (exonération de l’impôt sur le revenu pour un salaire mensuel plafonné à 10.000 DH, et prise en charge par l’Etat de la part patronale au titre de la cotisation sociale due à la CNSS et de la taxe de la formation professionnelle) mis en place pour les entreprises nouvellement créées entre 2015 et 2019 n’a séduit que 2.000 entreprises pour un peu moins de 5.000 emplois créés.

Pour sa part, le contrat d’insertion amélioré (Idmaj revisité) a attiré près de 8.000 entreprises qui ont déclaré un peu plus de 75.000 stagiaires (en formation-insertion) percevant un maximum de 6.000 DH par mois (le minimum est de 1.600 DH). Mais tous ces emplois ne vont pas forcément se transformer en CDI.

La preuve, le dispositif PCS (avantages pour l’entreprise en cas de recrutement des bénéficiaires des contrats d’insertion dans le cadre d’un contrat de droit commun) n’a attiré que 400 entreprises pour 4.500 salariés déclarés.

 

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Souhail Nhaili
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