Crise sociale: pourquoi le gouvernement Elotmani tarde-t-il à agir?
Les Marocains attendent des prises de décision et des actions concrètes. Or, à ce jour, le gouvernement et son chef semblent être aux abonnés absents. Pourquoi l’équipe dirigée par Saad Dine El Otmani tarde-t-elle à passer à l’acte?
Grèves, boycott, crise des éleveurs, blocage du dialogue social, paralysie du conseil de la concurrence, hausse des prix, défaillances des chaînes de distribution…
Ces derniers mois ont été intenses et chargés en événements, ou plutôt en crises. S’ils doivent renseigner sur une seule chose, c’est bien qu’il y a un profond malaise social, politique et économique dans le pays auquel il faut apporter des réponses urgentes, précises et claires.
Les citoyens espèrent une hausse du pouvoir d’achat, plus d’organisation dans les chaînes de distribution et une véritable concurrence pour contrebalancer le poids des monopoles et oligopoles sur les prix et in fine sur leurs bourses. Ils veulent une justice sociale et une égalité des chances.
Les entreprises espèrent une amélioration du climat des affaires qui leur permettrait de souffler et de créer de la richesse et de l’emploi.
Bref, tout le monde attend avec impatience du changement. Des actions concrètes, des réponses claires aux différents maux du pays, ou au moins aux récentes crises qui ont montré que la stabilité tant clamée comme un grand atout du Maroc est peut-être fragile.
Mais face à toute cette détresse sociale, point d’actions. Où sont donc passés El Otmani et ses équipes ? Que font-ils ?
Sur Facebook, Elotmani affirme que son gouvernement agit efficacement sur les fronts économique et social, que les premiers résultats sont là, et que le gouvernement ne communique pas "par devoir de réserve" (ci-dessous).
"Les attentes sont claires et bien identifiées, malheureusement la réponse nécessite un peu de travail et le chef du gouvernement s’interdit de faire des annonces tant qu’il n’a pas la garantie que c’est ficelé et que cela va aboutir à ce que l’on veut, à savoir l’amélioration du pouvoir d’achat", nous répond une source proche du chef du gouvernement.
Et d’ajouter, "la devise du gouvernement est l’écoute et la réalisation. Nous avons écouté, et le chef du gouvernement a donné son avis sur le boycott à maintes reprises. L’action attendue doit être préparée. Il faut venir avec des propositions concrètes et pas uniquement des déclarations". "Il y a un travail qui est en train d’être fait au niveau des prix et du pouvoir d’achat", assure notre source sans trop donner de détail.
Sur le dossier des hydrocarbures, les enquêtes de médias, de parlementaires et d’institutions nationales comme le HCP convergent toutes vers la hausse des prix dénoncée par les citoyens plus d’un an et demi plus tôt, notre source à la primature affirme que le processus est en cours. "Il y a un travail qui se fait en profondeur, il y a des discussions et des échanges entamés entre les départements concernés et les intéressés", explique-t-elle.
"Si on veut revoir la situation pour contrebalancer les effets de la libéralisation, il faut des études, un benchmark,… Egalement, il ne faut pas oublier qu’on parle d’un produit libéré, pour réintroduire une quelconque intervention, il y a un processus qui doit être mené, aussi bien des discussions avec les intéressés qu’un processus éventuellement juridique…. Nous sommes conscients qu’au vu des attentes, les gens voudraient bien qu’on fasse des annonces immédiates, mais ce n’est pas comme cela que les choses doivent se faire", plaide ce proche de Saâdeddine Elotmani.
Pour lui, quelle que soit la décision, il y a un travail qui prendra du temps pour aboutir à une modification. Et "même un retour à une phase transitoire n’est pas une décision d’ordre exécutif uniquement".
"Et il ne faut pas oublier que nous avons une autre préoccupation qui est le tissu économique. Le pouvoir d’achat passera aussi par l’amélioration du climat des affaires, l’accompagnement des PME/PMI et par la création des richesses", insiste notre source.
Par ailleurs, notre source affirme que le dialogue social interrompu à la demande des syndicats en avril dernier reprendra au début de cette semaine.
"La première phase a débouché sur des allers-retours entre les trois parties, malheureusement les syndicats ont préféré surseoir à la signature. Dès lors le chef du gouvernement avait déclaré sa disponibilité à reprendre le dialogue. Ça se fera le début de cette semaine".
Et à notre source de rassurer: "les attentes sont élevées, la réponse doit être à la hauteur. Les questions posées aujourd’hui ne vont pas se résorber en peu de temps ou avec une annonce. Nous travaillons sur des propositions concrètes".
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