Tourisme. La crise au sein de la CNT est loin d'être finie...
Le binôme sortant Kabbaj-Zemrani a été reconduit mardi 19 juin à la tête de la Confédération nationale du tourisme. Le collectif des cinq fédérations a essayé d’empêcher par voie judiciaire la tenue de cette élection, mais le juge des référés a rejeté sa demande. Interrogées par Médias24, les deux parties semblent irréconciliables.
Sur les 165 votants présents à l’assemblée générale élective, 163 ont voté pour le président sortant. Seulement 2 voix se sont abstenues. Abdellatif Kabbaj qui a été désigné pour un 2ème mandat à la tête de la CNT sera assisté de Fouzi Zemrani qui rempile aussi en tant que vice-président.
>>Lire aussi: Tourisme. Abdellatif Kabbaj et Fouzi Zemrani reconduits à la tête de la CNT
Si au départ, c’était Hamid Bentahar, président du CRT de Marrakech, qui devait être le colistier de Kabbaj, il s’est, selon le nouveau président, désisté pour que la profession hôtelière ne monopolise pas le pouvoir à la CNT. Nous n’avons pas pu avoir la version de Bentahar qui n’a pas répondu à nos appels.
Pour rappel, Kabbaj et Bentahar font partie de la fédération hôtelière et président chacun des chaînes d’hôtels, l’un est président du groupe hôtelier Kenzi et l’autre vice-président du groupe Sofitel Maroc.
Interrogés tour à tour, le président de la CNT et celui de la fédération des transporteurs touristiques livrent chacun, comme il se doit, une version différente de l’élection et de l’avenir de la confédération.
Place à la justice ou attendre la fin du mandat de Kabbaj pour revenir à la CNT
Pour Othman Cherif Alami, le résultat du scrutin aurait été différent si les membres suspendus de la CNT avait été autorisés à voter.
«Ce n’est pas 163 personnes qui ont voté pour élire Kabbaj mais juste 24 membres, en majorité de la fédération hôtelière, qui disposaient de procurations. 120 voix de notre collectif manquaient à l’appel.
Sachant que nous étions majoritaires au Conseil d’administration du 16 mars, Kabbaj nous a exclus pour éviter que nos voix ne fassent la différence. De plus, il a coopté les membres des CRT (conseils régionaux du tourisme) pour les faire voter alors que ce n’est pas prévu par les statuts de la CNT.
Face à cette mascarade, nous allons essayer d’annuler les décisions prises lors de cette assemblée par un jugement ou un arbitrage sur les incohérences juridiques et les caractères illégaux de ce binôme», promet celui qui préside le groupe Atlas Voyages.
Sur le recours en référé déposé par le collectif des 5 fédérations pour bloquer la tenue de l’élection d’hier, Alami affirme qu’il n’a pas été rejeté mais que le juge s’est simplement déclaré incompétent.
«Il n’a pas eu le temps juridique d’étudier tous les documents. Si Kabbaj était aussi sûr de son bon droit, pourquoi s’est-il fait représenter par 4 avocats. D’après moi, il fonce droit dans le mur car il n’a pas la volonté de rassembler. Nous n’avons rien contre sa personne mais c’est bien lui qui a fait de la CNT une instance faible et qui n’est plus représentative de la profession.
Nous allons donc passer à l’offensive judiciaire afin de marquer officiellement notre désapprobation avec ses méthodes. Nous avons été malmenés et insultés sans parler du fait que les statuts ont été réinterprétés pour éviter notre retour à la CGEM qui aurait pu redonner de la vitalité à la CNT.
D’après mes sources dans les couloirs de la CNT, le désistement de Bentahar n’est pas dû à une volonté d’éviter que les hôteliers soient majoritaires à la tête de la CNT mais à un clash concernant le programme.
Aujourd’hui, notre collectif s’en remet à la justice qui a refusé dans un premier temps de se prononcer sur le fond. Si en appel, elle leur donne raison, je leur souhaite bonne chance mais ce sera sans nous», conclut Alami qui ajoute que son collectif attendra la fin du mandat de Kabbaj pour revenir à la CNT.
Selon lui, l’heure du bilan arrivera car les 3 années écoulées ont été «catastrophiques de l’aveu même du binôme» qui a repris du service. Concernant les cotisations impayées, qui avaient entrainé l'exclusion des 5 fédérations, Alami affirme qu’à titre personnel, il ne régularisera pas sa situation tant que Kabbaj et Zemrani présideront la confédération.
Le collectif est toujours le bienvenu sinon nous ferons sans eux
Plus optimiste, le président Kabbaj préfère minimiser la contestation et se concentrer sur l’avenir de la CNT.
«Si les 5 fédérations veulent faire appel pour invalider mon élection, cela ne nous dérange pas car nous sommes dans notre droit. Aujourd’hui, le plus important est de travailler pour donner un nouveau souffle à la CNT et ne plus perdre de temps avec des problèmes juridiques qui n’ont pas lieu d’être.
Pourquoi le juge a rejeté leur recours en référé ? Il ne s’est pas déclaré incompétent car une fois que nous lui avons présenté nos documents, il a tout simplement rejeté leur demande d’annuler l’AG d’hier. Afin de le prouver, je vous enverrai le jugement dès que j’obtiendrai une copie au tribunal.
Nous allons dépasser ces querelles intestines qui dois-je le rappeler sont dues aux impayés du collectif car les statuts sont clairs à ce propos. Notre feuille de route pour les 3 ans de mon mandat sera d’ailleurs prête dans quelques jours», révèle Kabbaj qui refuse de parler de rupture irrémédiable.
«Il leur suffit de régler leurs impayés pour rentrer au bercail et faire des propositions y compris convaincre la majorité pour que la CNT revienne dans le giron de la CGEM. Venir critiquer sans mettre la main à la poche n’est ni logique ni constructif.
De plus, s’ils avaient la majorité comme ils le prétendent, pourquoi n’ont-ils pas présenté leur binôme ?
Arrêtons de perdre du temps car l’AG a bien eu lieu et le nouveau bureau et conseil d’administration sont prêts à travailler. Encore une fois, ils sont les bienvenus mais quoiqu’il arrive, le débat est clos», conclut Kabbaj qui compte faire de la CNT un interlocuteur privilégié du gouvernement d’ici 2021.
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