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ECONOMIE

Boycott. Hausse des prix: Ce que disent les chiffres des 5 dernières années

Si l'inflation demeure faible en moyenne au Maroc, elle cache des variations plus ou moins importantes dont l'impact change en fonction de la catégorie sociale du ménage. Voici les produits et services dont les prix ont fortement augmenté au cours des cinq dernières années.

Boycott. Hausse des prix: Ce que disent les chiffres des 5 dernières années
Souhail Nhaili
Le 9 mai 2018 à 17h14 | Modifié 11 avril 2021 à 2h46

L’actuel mouvement de boycott est récent et ne vise que trois produits. Il traduit toutefois une gronde de la population contre des inégalités sociales que le Maroc peine à réduire au fil des années. Il reflète aussi une colère populaire contre l’augmentation des prix de plusieurs produits et services de ces dernières années, et non pas uniquement des produits boycottés.

>>Lire aussi: Le mouvement de boycott, un message d'alerte sur les inégalités sociales...

L’inflation (hausse des prix) au Maroc est certes faible. Elle est même parmi les plus faibles au monde. Sur une période de cinq ans (de 2013 à 2017), elle s’est établie en cumul à 6,4% selon l’évolution de l’indice des prix à la consommation (IPC) du Haut-Commissariat au plan (HCP). Autrement dit, une moyenne inférieure à 1,3% par an. Un niveau bas pour un pays en développement.

Toutefois, il s’agit là d’une moyenne. Autrement dit, elle cache des variations plus ou moins importantes en fonction des produits et services. Un ménage dont le panier de dépenses est constitué essentiellement de l’alimentation, de l’enseignement et de l’eau-électricité-gaz subit une hausse des prix plus importante que celle qui frappe un ménage dont les dépenses vont davantage à la santé, aux loisirs et à la communication.

Notons qu’au Maroc, l’alimentation pèse près de 40% du panier de la ménagère, contre un peu plus de 10% dans des pays développés comme la France. Et cette proportion évolue inversement par rapport au revenu des ménages.

Aussi, un ménage résidant à Tanger ne subit pas la même inflation qu’un autre de Settat. Les villes où l’inflation a été la plus importante au cours des cinq dernières années sont: Tanger (+7,61%), Dakhla (+7,16%), Fès (+7,06%), Casablanca (+6,82%) et Rabat (+6,73%).

A l’inverse, les villes où l’inflation est la plus faible sont Settat (+5,03%), Beni-Mellal (+5,13%), Agadir (+5,18%), Tétouan (+5,27%) et Al-Hoceima (+5,53%).

Baisse du pouvoir d'achat des ménages en 2014 et 2016

Par ailleurs, l’impact de la hausse des prix diffère en fonction du niveau et de l’évolution des revenus des ménages.

Globalement, et selon les derniers chiffres du HCP, le revenu disponible brut par habitant s’est établi à 19.286 DH en moyenne en 2016. Quand ce revenu augmente moins vite que les prix, cela engendre une perte de pouvoir d’achat.

Le fait est qu’au Maroc, même si l’inflation est faible en moyenne, les revenus évoluent tout aussi faiblement, ce qui pénalise le pouvoir d’achat des ménages.

En 2014 et 2016, ce dernier a carrément baissé (-1,5% et -0,60%), sachant qu’il est en ralentissement depuis 2009.

Conscient du fait que chaque ménage a ses spécificités en termes de capacité et de mode de consommation, le HCP a mis en place depuis des années sur son site web un calculateur personnalisable de l’inflation.

Mais globalement, l’analyse des composantes de l’indice des prix à la consommation sur les cinq dernières années permet de constater que les prix de plusieurs produits et services ont augmenté, parfois de manière significative.

L'enseignement, champion de la hausse des prix

Déjà, de 2013 à 2017 (cinq ans), notons que les prix des produits alimentaires ont évolué un peu plus vite que ceux des produits non alimentaires (+6,8% pour les premiers contre 6% pour les seconds).

Les prix des produits alimentaires (hors boissons alcoolisées et tabac) ont augmenté de 6,5%, mais cette moyenne cache des variations plus importantes.

En effet, si les viandes fraiches (+2,9%) et la volaille (+1,8%) ont évolué faiblement, les poissons ont pris 12%, les légumes 8,7%, les légumineuses 19,6%. Les produits à base de céréales et les œufs ont vu leurs prix augmenter de 6% environ contre 6,7% pour les huiles.

De leur côté, les boissons affichent les variations suivantes: Thé +6,5%, Lait +6,2%, Eau et limonade (+7,8%).

La rubrique logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles a enregistré, elle, une progression plus importante que celle de l’alimentation : +9,5%.
A l’origine de cette hausse, la forte augmentation des prix de l’électricité (+15,5%) et de l’eau et assainissement (+15,9%). Les loyers, eux, ont évolué de 6,7%.

Concernant l’habillement (+6,9%), notons la forte hausse des vêtements pour enfants (+10,2%) et pour femmes (+8,6%).

Pour ce qui des transports, si l’augmentation générale des prix est modérée (+4%), il faut préciser que le transport par train a vu son indice des prix évoluer de 6,2%, le transport routier de passagers de 9,4% et le transport aérien de 16,3%.

Le coût de la réparation automobile a, lui, augmenté de 14,7%.

Quant au carburant, il affiche une hausse de prix de 3,7% sur la période étudiée (2013-2017). En remontant tout juste d’une année (2012-2017), cette variation s’élève à 14%.

Passons à la santé. Si l’indice global des prix a évolué faiblement (+1,3%), notamment en raison de la baisse des prix de certains médicaments, les services médicaux coûtent 11,5% plus cher, les services dentaires 6,9% et les services hospitaliers 4,8%.

Mais le champion des hausses de prix demeure le secteur de l’enseignement. Les augmentations successives des prix par les établissements privés ont fait que l’indice de cette rubrique a évolué de 17,8% en cinq ans.

L’enseignement préscolaire et primaire a vu ses prix augmenter de 20,8% et celui secondaire de 21,5%. Pour sa part, le prix de l’enseignement supérieur a limité sa hausse à 6,5%.

Signalons enfin la faible augmentation des prix de la rubrique articles de ménage et entretien du foyer (+2,4%), qui cache toutefois une hausse de plus de 10% du coût des services domestiques (personnel de maison).

 

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Souhail Nhaili
Le 9 mai 2018 à 17h14

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