Dialogue social: Entre indexation du SMIG et grève générale
Prenant tout le monde de court, le gouvernement a décidé d’augmenter les allocations familiales de 100 DH à la veille du 1er mai – pour le secteur public, et ce sans pour autant tenir compte des autres revendications formulées par les syndicats lors du dialogue social. Une mesure jugée ‘’humiliante’’ par certains syndicalistes, qui appellent à une grève générale le 20 juin prochain. Tandis que d’autres planchent sur une demande d'indexation du SMIG sur l’inflation.
‘’Le 1er mai a un goût amer en 2018, les travailleurs vont connaître des mois difficiles’’ prévoit avec amertume Abdelkader Zaïr, SG adjoint de la CDT. ‘’Augmenter les allocations familiales de 100 DH est tout simplement humiliant, nous ne demandons pas l’aumône’’.
Pour ce syndicaliste endurci, la décision unilatérale annoncée par le gouvernement à la veille du 1er mai – portant sur la valorisation des allocations familiales au profit des fonctionnaires, dénote d’un manque flagrant de volonté politique. ‘’Cette décision n’est pas étonnante, car le gouvernement El Otmani ne souhaite tout simplement pas faire aboutir le dialogue social. Des dossiers cruciaux sont gérés sans concertation, le gouvernement préférant faire cavalier seul. Ce n’est pas avec eux qu’on construira un réel pacte social’’.
On peut entendre un son de cloche similaire – quoique légèrement tempéré, du côté de l’UGTM. Les cadors du parti affilié à l’Istiqlal jugent inacceptable que de petites décisions individuelles soient présentées comme de réelles avancées.
Il est vrai que des membres du gouvernement, et en premier lieu Saâdeddine El Otmani, n'ont pas hésité à 'markéter' cette décision sur les réseaux sociaux.
Pour autant, ‘’nous ne sommes pas spécifiquement contre le fait d’augmenter les allocations familiales de 100 DH. En tant que centrales syndicales, nous demandons un accord global et non des mesurettes. La balle est maintenant dans le camp d’ El Otmani’’ estime Enaam Mayara, SG de l’UGTM.
Les syndicalistes contactés par Médias24 comptent maintenir la pression sur le gouvernement, avec des propositions quasi-similaires.
La CDT revendique une augmentation de 600 DH dans le public, et une valorisation des salaires de 10% dans le privé. L’UGTM demande pour sa part une augmentation minimale de 400 DH pour les fonctionnaires – étalée sur 2 ans, ainsi qu’une valorisation du SMIG de l’ordre de 7 à 8% dans le privé.
Mais il semble qu’une autre piste soit aussi privilégiée: l’indexation du SMIG en tenant compte de l’inflation. Formulée par le gouvernement, cette proposition retient toute l’attention de l’UGTM.
‘’Nous sommes d’accord sur le principe d’indexation du SMIG à l’inflation, à condition de verrouiller l’aspect règlementaire. Nous travaillons actuellement sur une mouture permettant de mieux tirer parti de cette proposition, afin surtout qu’elle ne soit pas interprétée en faveur du patronat’’ confie Enaam Mayara.
De son côté, la CDT préfère se cantonner à une approche plus ‘radicale’, rejetant en bloc aussi bien les propositions que la méthodologie adoptée lors des réunions du dialogue social. Pour le SG adjoint de la Centrale – Abdelkader Zaïr, le combat sera mené dans la rue: ‘’Nous allons organiser, dès le 26 mai, des marches nocturnes de protestation dans l’ensemble des provinces. Ces manifestations seront couronnées par une grève générale, le 20 juin prochain’’.
Cette grève générale sera-t-elle suivie par d’autres centrales, au point de paralyser tout le pays ? Interrogé sur le degré de coordination avec les syndicats ayant pris part au dialogue social, Zaïr répond par la négative… ‘’Nous n’avons contacté aucune autre centrale, la rue appartient à tout le monde après tout’’.
À découvrir
à lire aussi

Article : Le binôme Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri officiellement à la tête de la CGEM
À l’issue d’une assemblée générale élective tenue ce jeudi 14 mai, Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri, candidats uniques, ont été officiellement élus président et vice-président général de la CGEM.

Article : Sahara marocain. La carte des investissements étrangers
Portée par une diplomatie marocaine pragmatique et offensive, la reconnaissance américaine a marqué un tournant dans le dossier du Sahara marocain. Elle a contribué à élargir les soutiens internationaux au Maroc et à changer progressivement la perception du territoire. Ce basculement a ouvert la voie à de nouveaux projets d’investissement dans les provinces du Sud.

Article : Raja SA : Nawal El Aidaoui détaille la feuille de route vers la rentabilité
De passage ce jeudi 14 mai 2026 sur le plateau du "12/13" de Médias24, Nawal El Aidaoui, directrice générale de Raja SA, a livré une mise à jour technique sur la transformation du club. Loin de l’effervescence des résultats sportifs, c’est le volet structurel qui a dominé l’échange : valorisation réelle des actifs, gestion de la dette et montée en puissance du marketing. Décryptage d'un business plan qui tente de solder le passé pour financer l'avenir.

Article : Santé : Akhannouch préside le premier conseil d’administration du GST Rabat-Salé-Kénitra
Le nouvel organisme régional a validé son organigramme, son budget 2026, son plan d’action et le statut-type de ses professionnels. Il doit coordonner l’offre de soins dans une région de près de 5 millions d’habitants et améliorer le parcours des patients entre les établissements.

Article : Derb Ghallef : la Joutia ne sera pas déplacée, rassure la commune
Le vote sur les conventions d’expropriation a été reporté à une session ultérieure, dans l’attente du décret d’utilité publique. La procédure foncière doit permettre de régulariser le terrain avant une restructuration du marché sur son site actuel.

Article : T1-2026 : Aya Gold & Silver signe des revenus record de 117 M$, portés par l'envolée de l'argent
Le premier trimestre 2026 s’est ouvert sous les meilleurs auspices pour Aya. Une production soutenue à Zgounder et la vente des stocks historiques de pyrites de Boumadine ont permis d'écouler 44,4 tonnes d'argent. Mais c'est surtout la bonne tenue des cours de l’argent sur la période qui a porté les revenus à un plus haut historique, dans un contexte de flambée persistante du métal, désormais maintenu au-dessus du seuil de 80 dollars l’once, un niveau qui dépasse même, en valeur nominale, les sommets atteints lors de la spéculation historique des frères Hunt en 1980.


