Dialogue social: Entre indexation du SMIG et grève générale

Prenant tout le monde de court, le gouvernement a décidé d’augmenter les allocations familiales de 100 DH à la veille du 1er mai – pour le secteur public, et ce sans pour autant tenir compte des autres revendications formulées par les syndicats lors du dialogue social. Une mesure jugée ‘’humiliante’’ par certains syndicalistes, qui appellent à une grève générale le 20 juin prochain. Tandis que d’autres planchent sur une demande d'indexation du SMIG sur l’inflation.

Dialogue social: Entre indexation du SMIG et grève générale

Le 2 mai 2018 à 17h20

Modifié 11 avril 2021 à 2h46

Prenant tout le monde de court, le gouvernement a décidé d’augmenter les allocations familiales de 100 DH à la veille du 1er mai – pour le secteur public, et ce sans pour autant tenir compte des autres revendications formulées par les syndicats lors du dialogue social. Une mesure jugée ‘’humiliante’’ par certains syndicalistes, qui appellent à une grève générale le 20 juin prochain. Tandis que d’autres planchent sur une demande d'indexation du SMIG sur l’inflation.

‘’Le 1er mai a un goût amer en 2018, les travailleurs vont connaître des mois difficiles’’ prévoit avec amertume Abdelkader Zaïr, SG adjoint de la CDT. ‘’Augmenter les allocations familiales de 100 DH est tout simplement humiliant, nous ne demandons pas l’aumône’’.

Pour ce syndicaliste endurci, la décision unilatérale annoncée par le gouvernement à la veille du 1er mai – portant sur la valorisation des allocations familiales au profit des fonctionnaires, dénote d’un manque flagrant de volonté politique. ‘’Cette décision n’est pas étonnante, car le gouvernement El Otmani ne souhaite tout simplement pas faire aboutir le dialogue social. Des dossiers cruciaux sont gérés sans concertation, le gouvernement préférant faire cavalier seul. Ce n’est pas avec eux qu’on construira un réel pacte social’’.

On peut entendre un son de cloche similaire – quoique légèrement tempéré, du côté de l’UGTM. Les cadors du parti affilié à l’Istiqlal jugent inacceptable que de petites décisions individuelles soient présentées comme de réelles avancées.

Il est vrai que des membres du gouvernement, et en premier lieu Saâdeddine El Otmani, n'ont pas hésité à 'markéter' cette décision sur les réseaux sociaux.

 

Pour autant, ‘’nous ne sommes pas spécifiquement contre le fait d’augmenter les allocations familiales de 100 DH. En tant que centrales syndicales, nous demandons un accord global et non des mesurettes. La balle est maintenant dans le camp d’ El Otmani’’ estime Enaam Mayara, SG de l’UGTM.

Les syndicalistes contactés par Médias24 comptent maintenir la pression sur le gouvernement, avec des propositions quasi-similaires.

La CDT revendique une augmentation de 600 DH dans le public, et une valorisation des salaires de 10% dans le privé. L’UGTM demande pour sa part une augmentation minimale de 400 DH pour les fonctionnaires – étalée sur 2 ans, ainsi qu’une valorisation du SMIG de l’ordre de 7 à 8% dans le privé.

Mais il semble qu’une autre piste soit aussi privilégiée: l’indexation du SMIG en tenant compte de l’inflation. Formulée par le gouvernement, cette proposition retient toute l’attention de l’UGTM.

‘’Nous sommes d’accord sur le principe d’indexation du SMIG à l’inflation, à condition de verrouiller l’aspect règlementaire. Nous travaillons actuellement sur une mouture permettant de mieux tirer parti de cette proposition, afin surtout qu’elle ne soit pas interprétée en faveur du patronat’’ confie Enaam Mayara.

De son côté, la CDT préfère se cantonner à une approche plus ‘radicale’, rejetant en bloc aussi bien les propositions que la méthodologie adoptée lors des réunions du dialogue social. Pour le SG adjoint de la Centrale – Abdelkader Zaïr, le combat sera mené dans la rue: ‘’Nous allons organiser, dès le 26 mai, des marches nocturnes de protestation dans l’ensemble des provinces. Ces manifestations seront couronnées par une grève générale, le 20 juin prochain’’.

Cette grève générale sera-t-elle suivie par d’autres centrales, au point de paralyser tout le pays ? Interrogé sur le degré de coordination avec les syndicats ayant pris part au dialogue social, Zaïr répond par la négative… ‘’Nous n’avons contacté aucune autre centrale, la rue appartient à tout le monde après tout’’.

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