L’inflexion vers le privé, idée centrale du discours de Mezouar dans sa tournée électorale
[Marrakech].- Mezouar et Mekouar à Marrakech. Depuis le mercredi 18 avril, le binôme a entamé une tournée des 12 régions du Maroc. Cette campagne électorale a commencé par Ifrane. Jeudi, le tandem était à Meknès et à Fès. Vendredi 20 avril, à Marakech. Le vote aura lieu le 22 mai.
Que dit cette rencontre marrakchie? Que Mezouar montre une grande assurance. C’est un candidat sûr de lui, à l’aise en arabe et en français, devant une assistance conquise.
Environ 80 chefs d’entreprises adhérentes à la CGEM, venus de Marrakech et de Safi, avaient répondu à l’invitation. Apparemment, tous ceux qui avaient été invités sont venus. La rencontre s’est passée dans le cadre agréable du Musée Mohammed VI de la civilisation de l’eau, dont la salle a été louée pour l’occasion.
Lorsque Mekouar et Mezouar évoquent la présidente sortante, ils disent “Miriem“. Leur mandat, s’il est confirmé, aura lieu dans la continuité. Au micro, à deux ou trois reprises, on appelle Mezouar “le président“.
Le candidat n’est pas dans l’emphase. Ni dans le triomphe prématuré. Il ira jusqu’au bout de sa tournée, “quelles que soient les remontées du terrain“.
Comme toujours, surtout loin des capitales Casa Rabat, Mezouar et Mekouar posent pour des selfies. L’ambiance est presque cosy dans ce magnifique musée de l’eau.
Mezouar ne fait pas de vagues. Mais son discours n’est pas lisse. Il essaie de convaincre, déroule ses arguments. C’est un peu son style.
Son positionnement pourrait tenir en quelques mots: “Le Maroc a besoin d’un nouveau modèle de développement. Pour que ce modèle soit efficace, la place du secteur privé doit être centrale. Le secteur privé, c’est la CGEM. Je suis ici pour défendre cette inflexion“.

Ci-dessous, déclinés par Mezouar, les principaux axes de la vision du tandem:
-L’opportunité de concevoir un nouveau modèle de développement ne se présente que tous les 15 ou 20 ans.
-Actuellement, les investisseurs reparlent de “parcours du combattant“. Ce concept qu’on croyait oublié est de retour. D’autres mots reviennent dans le vocabulaire: l’incertitude, l’absence de confiance.
-Le grand défi sera de restaurer la confiance.
-La sinistralité des entreprises a eu un effet terrible au Maroc et à l’étranger. Le taux de mortalité des entreprises est alarmant.
-Le nouveau modèle de développement ne peut plus être conçu sans le privé comme pilier principal. C’est le privé qui va créer l’investissement et l’emploi.
-L’initiative privée, l’entreprise, doivent être placées au centre du nouveau modèle pour les 15 ou 20 prochaines années.
-On ne peut pas placer l’entreprise au cœur du nouveau modèle sans sans restaurer la confiance. Ce sera notre objectif.
-J’aurais pu présenter un programme bien ficelé avec de beaux slides et repartir. Dans l’intérêt de la CGEM, j’ai préféré le débat et l’échange.
-Pour répondre au pessimisme ambiant, il faut définir deux ou trois priorités.
-A la CGEM, nous [le tandem] voulons agir selon un management participatif inclusif.
-Le secteur privé doit assumer ses responsabilités dans le développement sectoriel et également dans le développement territorial et régional. Fédérations, CGEM régionales et une CGEM forte, avec un programme et des priorités claires, une organisation efficace.
-Les dossiers de fond seront portés par le vice-présidents.
-La CGEM, c’est une doctrine économique et des valeurs: le moteur du développement est le secteur privé, responsable, citoyen.
-Il faut dé-diaboliser le gain. Une entreprise qui ne gagne pas, c’est un problème pour elle et tout son environnement. Si elle ne gagne pas, pas d’investissement. Le gain crée un cercle vertueux de croissance, d’investissement, d’emploi.
-La CGEM défend la liberté d’entreprendre.
-Elle doit avoir une vision économique du pays, se positionner sur le développement économique.
-Une CGEM pragmatique, qui a de l’ambition.
-En économie, les relais de croissance, ce seront l’économie verte, bleue, régionale, numérique…
-Nous avions levé des verrous avec le gouvernement Jettou, il y avait création de 175.000 emplois par an (pour 130.000 nouveaux entrants sur le marché du travail), pendant dix ans, la croissance annuelle moyenne avait été de 5%. Il y avait une certaine euphorie.
-Là, nous sommes en train de traverser une décennie avec une croissance moyenne de 4% et seulement 40.000 emplois créés par an, pour 200.000 nouveaux entrants ceci sans compter le stock. Cette situation est une bombe sociale.
Créer la richesse et l’emploi, seul le privé sait le faire.
-Il fait multiplier les programmes de partenariat public privé.
Dans la salle, Abdellatf Kabbaj, président de la CNT (Confédération Nationale du tourisme), plaide la cause du tourisme: “550.000 emplois directs, 2,5 millions d’emplois indirects, 6.000 entreprises. Svp prenez le flambeau, essayez de vous pencher sur le tourisme“. Kabbaj qui profite de l’occasion pour affirmer que la CNT doit rester à l’extérieur de la CGEM.
On est ici devant une évidence. L’indifférence totale du gouvernement Benkirane à l’égard du Tourisme. Mezouar rebondit aussi facilement qu’un ballon de basket. “Le tourisme a mangé son pain noir. Il faut inverser la tendance. Il aurait dû être aujourd’hui pas loin des 800.000 emplois directs. Ce qui nous aurait fait gagner deux points de chômage. La relance du secteur est irrémédiable et doit être irréversible. Le tourisme est une réponse au chômage des jeunes“.
-Les entreprises souffrent. Beaucoup glissent vers l’informel. Il faut un Fonds de garantie de l’Etat pour sauver le fonds de roulement. Ce sont des mesures qui se négocient. Il faut taper sur la table s’il le faut.
Structurellement, on ne peut pas travailler uniquement sur le crédit bancaire. Il faut des financements alternatifs des PME. On a des équipes qui ne travaillent que sur ça. La résolution des problèmes des PME doit aller vers le privé.
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