La chambre britannique débat de l’économie verte
L’ex-ministre et ex-président de la COP22 (et futur président de la CGEM?) Salaheddine Mezouar et Said Mouline (DG de l’agence nationale pour l’efficacité énergétique) étaient les invités de marque d’une rencontre organisée ce jeudi 29 mars 2018 par la Chambre de commerce britannique au Maroc. C’était dans le cadre d’un débat sur les engagements du Maroc envers le développement durable et la dimension de l’environnement dans l’entreprise marocaine.
L’économie durable? Nous y sommes déjà, assène Mezouar. Il enchaîne en avertissant que désormais, la question n’est plus de savoir si nous devons y aller ou pas! La question à poser est de savoir si nous voulons être des pionniers dans le processus déjà enclenché, ou si nous voulons en subir les conséquencesSelon l’ex-président de la COP22, l’économie durable, ce sont de nouveaux modes de consommation et de production. L’état peut l’encadrer mais l’opérateur privé demeure l’acteur-clé de la migration vers la nouvelle économie.
Interrogé sur l’expérience COP22, Mezouar n’a pas hésité à faire part de sa "déception", sur la faible exploitation, par le Maroc, de la dynamique enclenchée par son accueil de cette manifestation internationale. Il insistera sur une et une seule cause: le manque d’articulation.
Mezouar explique en effet, que l’économie durable nécessite une transformation transversale. Elle doit mobiliser toutes les parties prenantes de la vie socio-économique du pays. Créer un département au sein du gouvernement pour s’en occuper, n’est pas la solution idoine. Etat, entreprises, société civile, régions et communes doivent articuler leurs actions pour une meilleure efficience.
La condamnation à peine voilée, de la disharmonie des actions entreprises par les différents acteurs de la stratégie nationale pour le développement durable, est lourde de sens quand elle émane d’un homme public, ayant occupé diverses charges publiques: ministérielles, partisanes et dans l'entreprise.
A l’issue de la rencontre, Mezouar fut interrogé par l’auditoire, sur le décalage entre l’arsenal juridique du Maroc dans le cadre de l’économie durable, et les faibles changements sur le terrain, concernant la gestion des ressources nationales. Il a rétorqué qu’en l’absence d’une vigilance citoyenne (de la société civile et des élus) il sera toujours difficile de concrétiser sur le terrain, les résolutions prises au niveau législatif.
Il fut également interpellé sur l’adoption de cultures, inappropriées pour les ressources hydriques du pays. La question posée par la salle évoquera l’exemple de l’exploitation des systèmes d’irrigation subventionnés, pour la culture intensive de la pastèque dans les régions arides du sud.
Mezouar répondra que les seules nécessités sont celles de répondre aux besoins du marché et de protéger les maigres ressources économiques des populations déshéritées.
Le deuxième invité à prendre la parole fut Said Mouline, l’actuel directeur de l’Agence nationale pour l’efficacité énergétique.
Didactique, Mouline rappelle aux personnes présentes, que les deux principales ressources à ménager dans un pays sont l’eau et l’énergie. L’eau devient une ressource rare et le Maroc fait partie des 25 pays au monde, concernés par le stress hydrique.
Concernant l’énergie, Mouline a rappelé qu’il est vital pour le Maroc, de produire de l’énergie en utilisant des sources naturelles et renouvelables (le vent pour l’éolien, le soleil pour le photovoltaïque,…) au lieu des combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon).
L’action de produire de l’énergie propre, n’est cependant pas suffisante, si les agents économiques du pays, sont incapables de réduire leurs dépenses énergétiques.
L’action de l’AMEE (agence marocaine de l’efficacité énergétique), selon son directeur est transversale et concerne les cinq principaux secteurs de la vie économique: l’industrie, les transports, le bâtiment, l’éclairage public et l’agriculture.
Pour chacun de ces secteurs, l’agence agit simultanément sur trois niveaux distincts:
>La réglementation (propositions de lois, nouvelles réglementations…).
>L’accompagnement technique et financier.
>La formation et la sensibilisation.
C’est ainsi que pour le secteur du bâtiment, de nouvelles règles de construction furent adoptées, pour une meilleure efficacité énergétique. La nouvelle réglementation a été accompagnée par un programme de formation destiné aux architectes et une concertation et un encouragement financier des professionnels de matériaux de construction, pour qu’ils produisent des produits isolants et peu consommateurs d’énergie.
Un autre exemple, celui de l’agriculture irriguée et l’ambitieux programme encadré par l’agence, au profit des agriculteurs. Il s’agit du pompage solaire. Là encore, un mécanisme de subventions fut mis en place, doublé d’un plan de formation pour des micro-entrepreneurs, responsables de l’installation de ces nouveaux dispositifs, dans les champs de culture.
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