Ficth maintient la note du Maroc à BBB-
Fitch Ratings a confirmé jeudi 29 mars 2018 la note souveraine à long terme en devises étrangères pour le Maroc à «BBB-» avec une perspective stable.
L’agence de rating écrit que “les notations du Maroc sont soutenues par la stabilité macroéconomique continue, reflétant un historique de politiques économiques prudentes et un déficit des administrations publiques inférieur à la médiane de la catégorie «BBB». Ces facteurs sont contrebalancés par de faibles indicateurs de développement et de gouvernance, ainsi que par des ratios élevés d'administration publique et de dette extérieure et d'importants déficits du compte courant par rapport à la médiane dans la même catégorie“.
L’agence estime que les perspectives macroéconomiques à moyen terme sont stables. Elle prévoit que le PIB augmentera en moyenne de 3,8% par an en 2017-2019, ce qui correspond à la moyenne sur 10 ans de 3,9% et supérieure à la médiane de la catégorie «BBB» de 3,1%.
Malgré des niveaux de précipitations favorables, le PIB agricole ne progressera que légèrement en 2018 en raison d'effets de base défavorables après une récolte exceptionnelle au cours de la saison 2016/2017. Par conséquent, la croissance du PIB passera de 4,6% en 2017 à 3% en 2018 avant de remonter à 3,8% en 2019 [les estimations intérieures sont de 3,2%, NDLR].
Fitch relève que la croissance non agricole n’augmente pas de manière significative, malgré les IDE en particulier ceux de l’industrie automobile.
Elle impute cette situation “à des obstacles structurels persistants, notamment des pénuries de main-d'œuvre qualifiée, de longs retards de paiement dans les secteurs public et privé, la taille importante du secteur informel et les obstacles à la concurrence“.
Les finances publiques s'améliorent progressivement, rappelle Fitch. Ses prévisions sont en ligne avec les dernières annonces officielles: un déficit budgétaire de 3,2% en 2018 contre 3,5% en 2017, puis à 3% en 2019.
“Le déficit total des administrations publiques, qui comprend également la sécurité sociale, les administrations locales et les unités extrabudgétaires, se réduira à 1,4% du PIB en 2019 contre 2% en 2017, pour une médiane de catégorie «BBB» de 2%, tandis que le déficit primaire des administrations publiques passera à l'équilibre pour la première fois“.
Comme toujours dans un rating, Fitch évoque la dette publique. L’endettement du Trésor a atteint 64,7% du PIB en 2016 et diminuera légèrement pour s'établir à 63,1% en 2019.
Les garanties de l’Etat sur les dettes des entreprises publiques sont élevées à 14,3% du PIB à fin 2017, mais le risque de les voir se matérialiser est faible selon Fitch.
Fitch prévoit que plus de 70% des besoins de financement du gouvernement central seront couverts par le marché local au cours des deux prochaines années.
L’agence de notation “s’attend à ce que le gouvernement augmente progressivement la flexibilité du taux de change en élargissant graduellement les bandes flottantes du dirham au cours des prochaines années, mais la transition vers l'objectif déclaré des autorités d'un régime flottant demeure une perspective à long terme“.
Le déficit du compte courant restera élevé et se stabilisera selon la même source à 3,8% du PIB en 2018-2019 contre une médiane de catégorie «BBB» de 0,4%, reflétant un déficit commercial stable tandis que la hausse des recettes touristiques sera contrebalancée par la baisse des dons des pays du Conseil de coopération du Golfe CCG.
“La rentabilité des banques marocaines est stable et leur structure de financement basée sur les dépôts est une force. Cependant, Fitch estime que la qualité des actifs est faible en raison de la concentration très élevée des débiteurs et de la part des prêts non performants de 7,6% en 2017. Le ratio d'adéquation des fonds propres du secteur s'établit à 13,6% et le passage à la norme IFRS 9 entraînera une augmentation des besoins en capital réglementaire“.
À découvrir
à lire aussi
Article : Littoral nord : la flambée des tarifs hôteliers fait fuir les Marocains et pénalise les commerçants
Selon plusieurs opérateurs, l’explosion des prix des hôtels et des locations meublées en juillet et août, avec des chambres pouvant atteindre près de 5.000 dirhams la nuit, dissuade de nombreux touristes marocains de passer leurs vacances dans le Nord, certains préférant partir en Espagne. Une désaffection estivale surtout visible en semaine, qui frappe les restaurants, les cafés, les commerces et les activités de loisirs.
Article : Législatives : le PAM mise sur la continuité et les ralliements pour améliorer son score
La direction du PAM a dévoilé lors d’une réunion de son Conseil national, une liste de candidats combinant des ministres et élus sortants, deux ralliements de premier ordre qui ont rejoint son bureau politique avant de présenter les grandes orientations de son programme.
Article : TVA intérieure. Pourquoi le taux d’exécution net recule à 38,5% à fin juin
À fin juin 2026, la TVA intérieure affiche un taux d’exécution net de 38,5%, contre environ 45% un an auparavant. Cette baisse ne traduit pas un affaiblissement du recouvrement brut, qui continue de progresser. Elle s’explique essentiellement par l’accélération des remboursements de TVA, dont le montant avait déjà dépassé la prévision inscrite dans la loi de finances.
Article : Administration : pourquoi les réclamations des citoyens continuent d'exploser
Institution chargée de la médiation entre les usagers et l'administration, le Médiateur du Royaume a enregistré une hausse de 25% des saisines en 2025. Son rapport annuel met en évidence les dysfonctionnements qui continuent de compliquer les relations entre l'administration et les citoyens.
Article : Dépôts à terme : est-il encore intéressant de bloquer son argent pendant un an ?
La rémunération moyenne des dépôts à terme atteint 2,60% à douze mois, contre 2,16% à six mois en mai 2026. Alors que leurs encours reculent malgré la hausse globale des dépôts bancaires, le compte sur carnet et les OPCVM monétaires offrent des solutions plus liquides.
Article : Fouzi Lekjaa et Ynja Khattat rejoignent officiellement le PAM (vidéo)
La réunion du Conseil national du PAM, ce samedi matin 25 juillet 2026 à Salé, a vu la présence officielle et soulignée, de Fouzi Lekjaâ et de Yanja Khattat.