L’Afrique peut-elle transformer ses carences en opportunités ?
Coopération internationale, démographie et enjeux de développement, sécurité… Les panélistes de la 6ème édition des Atlantic Dialogues, ouverte le 13 décembre à Marrakech, ont dressé une radioscopie des maux qui accablent l’Afrique, et des leviers qui permettraient de transformer ces carences en opportunités.
La jeunesse est l’avenir entend-on souvent. Encore faut-il qu’elle soit outillée pour s’inscrire dans une véritable dynamique de développement.
L’Afrique est extrêmement jeune, 20% de la population du continent - environ 200 millions de personnes, sont âgés de 14 à 25 ans. Les jeunes africains seront 750 millions sur le continent à l’horizon 2030. Cela représente à la fois un formidable potentiel, mais aussi un sérieux enjeu de développement, quand on sait que le taux d’alphabétisation de ces jeunes atteint 70%, avec un taux de chômage qui dépasse les 50%.
La pénurie de ressources humaines qualifiées entrave la croissance des entreprises – situation aggravée par la gap entre les formations dispensées et les besoins des entreprises. "Même en créant des emplois, encore faut-il qu’il y ait des Africains capables de les occuper !" s’alarme Silas Lwakabamba, ancien ministre rwandais de l’éducation.
Le rapprochement atlantique, une utopie ?
Renforcer les flux commerciaux et financiers entre les deux rives de l'Atlantique permettrait de mieux réguler les marchés internationaux et d’endiguer certains fléaux – à leur tête l’insécurité alimentaire ou encore la pauvreté.
Durant son mandat, Barack Obama avait tenté un début de rapprochement avec l’Afrique, initiative en mort clinique depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir.
"Je crains que la militarisation croissante de la politique américaine n’empêche désormais toute possibilité de rapprochement réellement constructif entre les Etats Unis et l’Afrique", explique Daniel Hamilton, directeur exécutif du Centre des relations transatlantiques, relevant de la Hopkins University.
Pourtant, l’Afrique a moins besoin d’aides financières directes que d’investissements à même de dynamiser son modèle économique, de former ses jeunes et de favoriser une meilleure gouvernance.
Vulnérabilité socio-économique
Pendant des décennies, le continent a subi une véritable captation de ses ressources naturelles et énergétiques, orchestrée par des multinationales étrangères. Ce qui mène aujourd’hui à l’aggravation de son déficit énergétique - avec notamment 600 millions d’Africains qui n’ont toujours pas d’accès à l’électricité, et une demande en énergie qui augmente de 9% par an.
Face à autant de dysfonctionnements, il devient difficile d’assurer une redistribution équitable des richesses, sur fond d’urgences sociales et de dégradation de la situation sécuritaire. Encore plus lorsque l’on sait qu’en 2050, le continent abritera 2,5 milliards d’habitants.
La vulnérabilité socio-économique de sa population risque de provoquer, à l’avenir, des flux migratoires encore plus importants, avec leurs corollaires en termes d’enjeux sécuritaires… "La sécurité n’est pas seulement militaire, elle est également sociale, identitaire, économique, alimentaire… ", souligne le Général Major Barre Seguin, de l’U.S Africa Command.
Pour autant, l’espoir est permis pour le continent, à condition que les leaders africains prennent leur destin en main. "L’avenir de l’Afrique reste entre les mains de l’Afrique seule, et personne ne doit ni ne peut décider de son sort. Le continent est jeune, tandis que le reste du monde est vieillissant. C’est à la fois une bénédiction et un privilège pour ce continent très prometteur", estime Ana Palacio, conseillère d’Etat espagnole.
En espérant que cette bénédiction ne se transforme pas en malédiction par défaut de leadership, comme c’est le cas dans de nombreux pays africains riches en ressources naturelles, et pourtant enlisés dans un marasme économique dont les premières victimes sont les jeunes et les populations les plus vulnérables.
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