img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Transformation numérique au Maroc. Les principales recommandations de l'IRES

L’Institut royal des études stratégiques vient de publier un rapport de plus de 180 pages sur la transformation numérique et la maturité des entreprises et administrations marocaines. Il y traite des ruptures qu’il convient de considérer, mais également des risques à prévenir et des opportunités à saisir. 

Transformation numérique au Maroc. Les principales recommandations de l'IRES
Par
Le 16 novembre 2017 à 11h37 | Modifié 11 avril 2021 à 2h43

A un horizon estimé raisonnable (2030-2035), du point de vue stratégique, le numérique comporte quatre ruptures majeures, telles que détaillées dans le rapport de l’IRES.  

Les ruptures à considérer

-L’ubiquité numérique et l’ouverture généralisée. L’omniprésence du numérique est déjà un fait, mais sa généralisation, en particulier à travers les systèmes et objets connectés, introduit une rupture majeure dans la façon de produire, de s’organiser et de socialiser.

Une dimension fondamentale à intégrer dans la stratégie globale à définir pour le Maroc, conseillent les rédacteurs du rapport.

- La robotisation. L’émergence de systèmes autonomes de production (les robots), de transport (les voitures autonomes) traduit des ruptures majeures dans la façon de produire, d’échanger et d’interagir. Pour le Maroc, ceci n’est naturellement pas neutre du point de vue de son système de production et de sa compétitivité. Le développement de nouvelles compétences et la recherche de solutions innovantes, en particulier à destination de pays émergents, pour lesquels le Maroc peut servir de plate-forme de conception et de production est une piste à étudier.

- Les géants du web. Les plates-formes numériques maîtrisent la source fondamentale de création de valeur: les données. Pour les grandes plates-formes (Google, Facebook, Amazon…), les enjeux pour le Maroc sont ceux relatifs aux emplois, à la croissance, aux ressources fiscales et à la souveraineté numérique. Une stratégie plateformique est donc à définir non seulement pour les entreprises marocaines, mais également pour l’Etat marocain, ses administrations centrales et territoriales.

Les générations Y et C. Les nouvelles générations (Y, C), en particulier, ont des attentes et des habitudes numériques spécifiques. Ce sont des digital natives – avec lesquelles les administrations, les entreprises et la société marocaine doivent développer des offres de services et des usages en ligne. 

Les opportunités à saisir

- Le développement d’offres innovantes. L’innovation peut porter sur des modèles d’affaires développés notamment par la technologie blockchain (permettant le stockage et la transmission d’informations sans organe central de contrôle. C’est elle qui a permis par exemple l’apparition de la monnaie numérique bitcoin)...

Le développement de capacités entrepreneuriales. La taille n’est pas (plus) un facteur déterminant de la réussite : ce sont les solutions innovantes qui le sont. Des micromultinationales peuvent émerger du Maroc et se déployer à l’échelle nationale et internationale.

- Le développement de nouvelles compétences. Par exemple dans l’analyse de données massives, du cloud, de l’intelligence artificielle ou de la cybersécurité...

Le développement de capacités d’agilité institutionnelle et de transformation du secteur public. La dématérialisation généralisée de processus administratifs est source d’efficacité. Elle permet également de réduire le poids de la corruption. Une oppoprtunité pour les administrations marocaines, aussi bien centrales que territoriales.

- L’adaptation aux attentes des nouvelles générations. Via la généralisation de processus dématérialisés.

Le renforcement des capacités industrielles et de recherche. Par une politique industrielle adaptée (inexistante à ce jour), le Maroc est susceptible non seulement de renforcer ses capacités scientifiques et industrielles dans des domaines majeurs, mais également de renforcer son softpower numérique au plan régional (africain) et international de manière plus large.

Les risques à éviter

- La désadaptation des systèmes de production. L’action publique demeure importante pour les grands choix technologiques et de ressources numériques du Maroc. En l’absence de tels choix, les systèmes de production marocains, considérés globalement, risquent une désadaptation.

La dépréciation des ressources. Qui peut être provoquée par une éventuelle désadaptation : les capacités physiques de production (face par exemple à une généralisation de la robotique), les compétences des collaborateurs, les capacités scientifiques...

- Les cyberatttaques. L’émergence de plates-formes et l’ouverture généralisée des systèmes de production, d’échange et de décision, renforce considérablement le risque numérique, en particulier dans le contexte de cyberattaques. Les risques associés sont naturellement à considérer avec attention.

- La rigidité décisionnelle. Notamment dans le cas où les processus administratifs et managériaux ne seraient pas alignés sur les exigences du numérique, en particulier s’agissant de la dimension "dématérialisation".

La fracture numérique. Elle existe entre deux pans de la société : les utilisateurs, réguliers inclus, et les autres. Cette fracture existe également au niveau territorial, en particulier du point de vue de l’accès au haut débit, voire à un simple réseau GSM.

L’inadéquation du "système public". L’alignement des processus publics au Maroc sur les exigences du numérique (dématérialisation, agilité, compétences) est une exigence, qu’il convient de considérer dans le cadre de la stratégie globale numérique qui reste à définir.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 16 novembre 2017 à 11h37

à lire aussi

Crédit du Maroc améliore son bénéfice de 19,4% au premier semestre 2026
Résultats semestriels

Article : Crédit du Maroc améliore son bénéfice de 19,4% au premier semestre 2026

Crédit du Maroc confirme l'accélération de sa trajectoire de croissance. Au premier semestre 2026, la banque améliore l'ensemble de ses principaux indicateurs, avec un bénéfice en hausse de 19,4%, une progression des crédits et des dépôts, ainsi qu'une nette baisse du coût du risque.

L’ambassadeur américain Duke Buchan III en visite à Laâyoune
DIPLOMATIE

Article : L’ambassadeur américain Duke Buchan III en visite à Laâyoune

L’ambassadeur américain Duke Buchan III se rendra ce mardi 28 juillet à Laâyoune, apprend Médias24 de source sûre.

Mondial 2026 : les chiffres d’une organisation sans précédent
Football

Article : Mondial 2026 : les chiffres d’une organisation sans précédent

La FIFA a publié lundi 27 juillet un vaste bilan chiffré du Mondial 2026 : 6,8 millions de spectateurs, près de 300.000 accrédités, 43.000 volontaires et une logistique déployée sur 645 sites dans trois pays.

Malgré la dette et la crise des retraites, le système financier marocain résiste
Actus

Article : Malgré la dette et la crise des retraites, le système financier marocain résiste

La première conférence de presse consacrée au Rapport sur la stabilité financière a mis en avant la résilience du système financier marocain en 2025. Soutenue par une croissance économique plus forte, la solidité des banques, la bonne tenue des assurances et le dynamisme des marchés de capitaux, cette résilience n'efface toutefois pas plusieurs facteurs de vigilance, notamment la hausse de l'endettement des ménages et des entreprises, les déséquilibres des régimes de retraite et un environnement international toujours marqué par de fortes incertitudes.

Plus de 30.000 touristes brésiliens au Maroc au premier semestre 2026
Quoi de neuf

Article : Plus de 30.000 touristes brésiliens au Maroc au premier semestre 2026

Le Maroc a accueilli 30.132 touristes brésiliens au premier semestre 2026, en hausse de 14% sur un an, porté par la reprise des vols directs Casablanca-Sao Paulo et le renforcement des actions de promotion sur le marché brésilien.

Regragui raconte son parcours et les limites du Maroc au Mondial 2022
Football

Article : Regragui raconte son parcours et les limites du Maroc au Mondial 2022

Quatre mois après son départ des Lions de l’Atlas, Walid Regragui revient sur sa formation, l’épopée de 2022 et les manques qui ont empêché le Maroc d’aller plus loin, dans une tribune publiée par Coaches’ Voice.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité