World Policy Conference: l’Afrique a-t-elle un avenir?
La gouvernance mondiale était au cœur des débats de la 10e édition du "World Policy Conference" (WPC), qui s'est tenue à Marrakech du 3 au 5 novembre. Réunissant un panel éclectique de politiques, diplomates et acteurs économiques, cette édition a notamment abordé la question des opportunités d’investissement en Afrique.
Le continent a occupé une place centrale dans le message royal adressé aux participants: "Les grandes aspirations des citoyens, notamment africains, ne peuvent se concrétiser qu’à travers des programmes inclusifs de développement humain et économique, qui s’inscrivent dans une dimension régionale ou continentale".
Avec 1,2 MM d’habitants, un PIB de 250 MM de dollars et un énorme potentiel de croissance, l’Afrique est à bien des égards le continent de l’avenir. "C’est la terre des superlatifs", une formule de Thierry de Montbrial – fondateur du WPC, qui décrit avec justesse les opportunités que présente le continent. A condition de surpasser certains obstacles règlementaires et logistiques, tout en prêtant attention au maintien des équilibres macroéconomiques.
"Plusieurs pays africains entament des réformes courageuses, mais on constate un repli des investissements étrangers et un accroissement de la dette publique des Etats. Les déséquilibres macroéconomiques structurels démontrent que de nombreux pays africains n’ont pas retenu les leçons à tirer des programmes d’ajustement structurel" constate Jean-Michel Severino, président d’Investisseurs & Partenaires.
Si les Etats africains connaissent une certaine disparité aussi bien dans leur croissance qu’en termes de modèle économique, plusieurs intervenants considèrent le secteur privé comme la véritable locomotive du développement en Afrique.
"Il faut rompre avec la politique des investissements étatiques, qui ne font qu’aggraver la dette publique sans avoir de résultats probant en termes de création de richesse et d’emplois. La tendance peut être inversée en renforçant le rôle du privé, dont la dette est encore faible et ne représente que le tiers du PIB africain" souligne Rémy Rioux, DG de l’Agence française de développement.
Le privé à la rescousse?
Renforcer le rôle du privé semble, en théorie, une piste prometteuse pour relancer la croissance africaine. Encore faut-il mettre en place un cadre propice à l’épanouissement de ces entreprises. Forte de son expérience en Afrique, Miriem Bensalah - présidente de la CGEM, estime que plusieurs carences structurelles nécessitent une intervention volontaire des Etats africains:
- Le cadre légal et règlementaire est souvent flou, voire inexistant. Les procédures sont opaques, ce qui compromet la viabilité des investissements.
- Education: le manque de ressources humaines qualifiées oblige souvent les investisseurs - notamment marocains, à supporter des coûts élevés de formation.
- Energie: le coût est non-compétitif en Afrique, plus cher de deux à trois fois comparé au sud de l’Europe.
- Connectivité et logistique: seulement 20% des routes africaines sont goudronnées. De plus, les coûts logistiques sont exorbitants, atteignant jusqu’à 20% du PIB dans certains pays africains
- Absence de plateformes intégrées Plug & Play.
Autant de réformes à mener si l’on veut assurer un avenir aux millions de jeunes africains au chômage. En 2050, ils seront plus de 450 millions de demandeurs d’emploi. Or, les prévisions de croissance indiquent que seuls 250 millions de postes pourront être créés à cet horizon. Un gap conséquent qui entraînera certainement des flux migratoires, avec les problèmes qui vont avec…
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