Le marché des voitures d'occasion pèse trois fois celui du neuf
Le marché des voitures d'occasion se développe au Maroc et il suit la même tendance que celle du marché du neuf qui est son principal pourvoyeur. Actuellement, les acheteurs et vendeurs ne sont pas conquis par l’idée de passer par un concessionnaire ou un garage spécialisé et préfèrent acheter auprès d’un particulier.
Le marché des voitures d’occasion est trois fois plus grand que le marché du neuf qui est son principal fournisseur. C’est l’une des principales conclusions qui ressortent de la dernière étude réalisée par L’Observatoire de la consommation de Wafasalaf et confiée à LMS-CSA à propos du marché de la voiture d’occasion au Maroc.
Les garagistes et les concessionnaires ne sont pas les canaux préférés des Marocains qui font principalement confiance aux particuliers lors d’une acquisition. L’échantillon choisi par le cabinet est composé de 1.212 foyers répartis sur les principales villes du royaume et issu des différentes catégories socioprofessionnelles.
Plus de 500.000 véhicules vendus en 2016
Autre élément significatif de cette enquête, c’est que 10% des ménages sondés envisagent d’acheter une voiture durant l’année 2017. Un chiffre inférieur à celui de l’année dernière de deux points. Parmi cette tranche de la population, 53% opteraient pour une voiture d’occasion.

Si l’année 2016 a été une année record pour les nouvelles immatriculations, le marché de l’occasion a suivi la même tendance. "Le dernier exercice a été marqué par le salon de l’automobile et plus de 165.000 véhicules ont été vendus cette année-là", explique Adil Bennani, président de l’Association des importateurs de Véhicules Automobiles Montés (AIVAM).
Une statistique qui informe sur l’état du marché de l’occasion et qui devrait, selon l’étude, avoisiner les 500.000 unités vendues en 2016. Cela dit, selon le président de l’AIVAM, en 2016 il y a eu 547.000 mutations de cartes grises, ce qui veut dire en d’autres termes une vente sur le marché de l’occasion.
"Seulement, ce chiffre contient des voitures qui ont été enregistrées deux fois mais pour la même vente. Il s’agit principalement des particuliers qui cèdent leur véhicule à un garage, ou un concessionnaire, qui doit lui trouver un acheteur. Le rythme cette année est moins important et sur les 9 premiers mois les ventes ne dépassent pas 420.000 voitures d’occasion", nous explique Adil Bennani.
Un fléchissement qui rejoint celui du marché du neuf car la corrélation est directe. Selon Adil Bennani, 35% des acquéreurs d’une voiture neuve sont déjà propriétaires d’un ancien véhicule qu’ils aimeraient vendre.
Les Marocains font confiance aux particuliers
Pour ce type d’acquisition, les Marocains se font confiance. Le canal le plus utilisé demeure la vente de particulier à particulier. Selon l’étude de L’Observatoire de la consommation de Wafasalaf, 52% de l’achat d’un véhicule d’occasion est envisagé essentiellement via le canal particulier.

Ce choix s’explique particulièrement par la peur de se faire escroquer par les garagistes, notamment. «On est encore plus rassurés lorsqu’on achète le véhicule chez une connaissance ou quelqu’un recommandé par un proche», précise l’étude. En plus de cela, les vendeurs estiment qu’ils vont avoir un meilleur prix s’ils vendent à un particulier au lieu de céder à un garage ou un concessionnaire.
En deuxième lieu, 29% des personnes sondées expliquent qu’elles préfèrent passer par internet. Un canal qui permet à l’acheteur et au vendeur d’avoir une idée précise sur le prix du marché, selon des critères divers. L’autre avantage peu banal c’est celui qui permet à l’acheteur ou au vendeur de voir des véhicules d’occasion des différentes villes du Maroc. Les garagistes et les concessionnaires sont en 4ème position, devancés par les courtiers.
Besoin de restructurer le marché
De son côté, l’AIVAM essaie de prendre les devants pour structurer ce marché et essayer de faciliter les démarches qui sont assez complexes et qui prennent beaucoup de temps. Dans ce sens, Adil Bennani explique que son association milite pour la dématérialisation du processus de cession des véhicules d’occasions dans un premier temps.
Pour écourter encore plus cette période et simplifier davantage la procédure, il faut revoir le texte de la double mutation de la carte grise. "C’est un texte de loi que nous avons rédigé et que nous avons soumis au ministère de transport. Si le département de tutelle le fait passer, les garagistes et les concessionnaires ne seront plus dans l’obligation de changer deux fois la carte grise à l’achat et à la vente. La seule transaction sera entre l’acheteur et le vendeur", ajoute Adil Bennani.
La corporation du secteur de l’automobile veut aussi réglementer le métier des garagistes. Un cahier des charges sera établi avec les critères les plus essentiels pour les professionnels du secteur de l’automobile. "Nous voulons renforcer les conditions d’accès à ce secteur pour éviter que quiconque puisse s’improviser garagiste ou intermédiaire. Nous avons lancé un audit dans ce sens avec le ministère du transport", ajoute Adil Bennani.
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