Tourisme. La nouvelle feuille de route de Sajid
Dans son exposé devant le Conseil de gouvernement de ce jeudi 5 octobre, le ministre du Tourisme a fait un diagnostic du secteur avant de présenter sa vision pour dynamiser l'activité. Une double action sur l’offre et la demande, une révision du mode de gouvernance, un appui aux investissements notamment dans les régions et un renforcement du capital humain font partie de ses priorités.
Le tourisme a été le principal sujet du Conseil de gouvernement tenu jeudi 5 octobre. "Nous en avons discuté longuement. C’est un secteur transversal qui pèse 115 MMDH et interpelle tout le gouvernement. Il y va de l’image de notre pays, de l’emploi, de la création de valeur… ", a souligné Mustapaha Elkhalfi, porte-parole du gouvernement, lors de l’habituelle séance suivant le conseil.
>Le diagnostic.
Certes, le nombre d’arrivés des touristes entre 2010 et 2016 a augmenté de 1,8% en taux annuel moyen, mais ce taux demeure très modeste comparativement à des destinations concurrentes comme le Portugal (10,3%), les Iles Canaries (7,3%), la Croatie (7,2%) et la Grèce (10,6%), selon les chiffres exposés par M. Sajid.
Pire, si les arrivées ont évolué positivement durant cette période, le taux d’occupation a quant à lui baissé de 3%, toujours en taux annuel moyen. C’est pourtant, de l’avis du ministre du Tourisme, "un indicateur de taille pour drainer les investisseurs".
"Le tourisme a été le premier secteur à avoir sa propre stratégie. Mais jusqu’en 2017, les budgets nécessaires pour réaliser les objectifs de la vision 2020 n’ont pas été débloqués dans leur totalité. Seuls 26% des engagements pris ont été honorés. Ainsi, sur les 177 MMDH prévus, 46 MMDH ont été effectivement mobilisés", souligne le document.
Voici quelques détails:
-Le budget général de l’Etat devait contribuer à hauteur de 32 MMDH. Il n’en a versé que 5,2 MMDH
-Le Fonds Hassan II devait verser 5 MMDH notamment au Fonds de développement touristique. Enveloppe mobilisée: 800 MDH.
-Le secteur privé s’est engagé à investir 140 MMDH dont 90 MMDH en recourant aux banques. Montant effectivement mobilisé: 40 MMDH.
Les collectivités territoriales non plus n’ont pas été épargnées dans l’exposé de Sajid. "Le contrat-programme a prévu qu’elles signent 15 contrat-programmes régionaux. L'objectif était le lancement de 1.000 projets pour un investissement global de 160 MMDH, dont une contribution de 10 MMDH du secteur public. Jusqu’en 2016, le bilan fait état de 44 projets effectivement lancés", peut-on retenir de l’exposé de Sajid.
"Le défi aujourd'hui est d’intégrer les objectifs des contrat-programmes régionaux dans le programme de développement des régions", ajoute-t-il.
>Les raisons du faible rendement du secteur.
Le rapport en liste six dont :
-3 endogènes: mode de gouvernance qui n’est pas en adéquation avec les ambitions de la vision 2020, de faibles investissements, une dispersion des efforts et des moyens fournis.
-3 exogènes: crise européenne de 2008, printemps arabe et poussée du terrorisme dans la région, révolution numérique accentuant la concurrence inter-pays.
>Les défis.
-Agir sur la demande: Cela passe par le renforcement des liaisons aériennes, la promotion du tourisme intérieur, la relance du plan Azur, un effort marketing…
-Agir sur l’offre: accélération du rythme de réalisation de Taghazout, renforcement des liaisons Marrakech-Essaouira, amélioration l’offre destinée au tourisme intérieur, intégration du digital, amélioration de la qualité d’accueil…
-Redynamiser l’investissement: Mise en place du code d’investissement touristique, facilitation du crédit bancaire...
-Revoir le mode de gouvernance. Cela concerne les instances suivantes: Le conseil supérieur du Tourisme (toujours au stade de projet et dont le rôle est de coordonner la politique touristique nationale), la commission sectorielle public-privé, la commission ministérielle du tourisme qu'il faudra "réactiver en toute urgence", selon le ministre…
-Mobiliser les budgets et appuyer les régions.
-Promouvoir le capital humain.
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