Crédit bancaire. Les raisons de la reprise (+6,2%)
Poursuivant une tendance haussière entamée en 2016, l'encours du crédit bancaire a progressé de 6,2% sur une année glissante, et ce rien qu'au premier semestre de 2017. Rachid Marrakchi, DG de la BMCI, nous livre son analyse de cette évolution.
Après plusieurs années de décélération, le crédit bancaire renoue avec la croissance. Les statistiques du crédit bancaire sont au vert en ce premier semestre 2017, où son encours global a progressé de 6,2%, pour atteindre 841,8 MMDH.
Selon Rachid Marrakchi, directeur général de la BMCI, les raisons de cette reprise généralisée faisant suite à des années de décélération, sont multiples: "Il y a, tout d’abord, la croissance de l’économie favorisée par l’amélioration de la croissance économique à l’international", nous indique-t-il.
La croissance économique présente selon le HCP des perspectives à la hausse, avec un taux de croissance attendu de 4%.
Dès l'année 2016 déjà, l'encours global du crédit bancaire avait progressé de 4.2% à fin décembre 2016 en glissement sur 12 mois: "Le premier semestre 2017 ne fait que confirmer cette reprise qui semble s'accélérer", ajoute M. Marrakchi.

C’est donc à la croissance économique, en premier lieu, qu’il faudra imputer cette progression, insiste notre interlocuteur: "C’est ce qui a permis de favoriser la consommation des ménages mais également l’investissement".
A propos de celui-ci, il faut dire que le crédit à l’équipement a vu son encours grimper à 157,5 MMDH, soit une progression de 9,4% rien qu’au premier semestre de l’année en cours. Cette dynamique a touché aussi bien le secteur public que le secteur privé.
L’encours des crédits à l’équipement octroyés aux sociétés non financières publiques a atteint 33,9 MMDH, soit une progression de 12,3%. Au niveau du secteur privé, la progression a été de l’ordre de 8,5%, l’encours global du crédit bancaire octroyé aux sociétés non financières privées se situant ainsi à 95,1 MMDH.
Par secteurs, ce sont les services qui s’accaparent la hausse la plus significative en matière de crédit bancaire, avec +12,9%, et donc un encours qui se situe à 69,7 MMDH.
Par ailleurs, l’encours des crédits bancaires alloués au secteur primaire a progressé de 7,9% à 12,9 MMDH, et celui du secteur secondaire de 5,9% à 69,7 MMDH.
D’une autre part, l’encours des crédits à la consommation a également augmenté, enregistrant un taux de progression de 4,4% pour atteindre 50,2 MMDH.
"Cela s’explique surtout par la baisse des taux. La dynamique est particulièrement visible dans le secteur automobile où les offres de crédit à la consommation sont de plus en plus compétitives, et ont permis de faire progresser les ventes de véhicules neufs et de rendre l’achat d’une voiture accessible à de plus larges franges de la population", nous explique M. Marrakchi.
Il ajoute: "Le recours au crédit sous toutes ses formes est donc un moyen de soutenir la consommation des ménages. La capacité d'épargne de ceux-ci est de plus en plus faible comme l'atteste une étude récente réalisée par le HCP. Il est donc cohérent que ces derniers s'orientent vers les crédits à la consommation pour financer leurs dépenses".
Pour notre interlocuteur, le maintien d'un niveau fort en matière de dépenses des ménages est un pré-requis à la croissance économique. "Il est important de permettre aux ménages d'avoir accès à cette forme de financement pour tous leurs projets de consommation", indique-t-il.
In fine, les progressions enregistrées par tous les types de crédit bancaire semblent donc positives pour l'économie, "à condition que l'octroi se fasse dans le respect des règles prudentielles et éthiques", conclut M. Marrakchi.
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