Cité Mohammed VI Tanger Tech: ce qu'en disent Othmane Benjelloun et les autres
Il y a eu peu de révélations et beaucoup d’explications. Othmane Benjelloun, accompagné d’Ilyas El Omari, de Moulay Hafid Elalamy et de dirigeants du groupe chinois Haite, ont reçu la presse pour exposer une nouvelle fois le projet de la cité chinoise de Tanger. Cela se passait ce jeudi 27 juillet au siège de la BMCE à Casablanca.
La région TTAH (Tanger-Tétouan-Al Hoceima), fournit le terrain de 2.000 hectares et en contrepartie sera actionnaire à hauteur de 5%, sur la base d’un capital de 1 milliard de dollars. C’est ce qu’a révélé Ilyas El Omari, président de la région TTAH.
En d’autres termes, le terrain est valorisé à 50 millions de dollars. El Omari n’a pas précisé si la viabilisation est prise en charge par la région ou pas.
Othmane Benjelloune, qui est le vrai pilote du projet, a par contre refusé toute précision concernant la composition du tour de table. "Dans tous les projets, je ne dévoile jamais les chiffres à l’avance. Les négociations sont en cours, attendons qu’elles aboutissent". Tout ce que l’on saura de sa bouche, c’est qu’une société d’aménagement de la cité Mohammed VI Tanger Tech a été créée.
"Nous sommes en cours de négociation du capital. Je reçois tous les jours des propositions de sociétés chinoises dans le monde, dans l’aéronautique, les télécoms, la construction. Je n’aime pas trop parler au départ. Tout ce que je peux dire, c’est que c’est en bonne voie."
O.B. ajoutera qu’un plan d’action, un plan d’urbanisation et un travail de sélection des industries candidates est actuellement en cours.
Au cours de cette présentation, tout le monde a pris la parole: le président de Haite, à travers une vidéo de 2 mn, MHE, Ilyas El Omari, Othmane Benjelloun et enfin un administrateur de Haite physiquement présent dans la salle.
O. B. a été … volontariste, optimiste, allant jusqu’à convoquer la philosophie selon ses propres termes. "Le monde change, il faut garder l’intelligence des situations et le sens de l’essentiel", conclut-il. En privé, il nous dira combien ce projet compte pour lui, est essentiel dans sa vie.
Les confidences et petites phrases.
-Othmane Benjelloun: "Je suis allé pour la première fois en Chine en 1971, à l’invitation de Mao". "Il n’y avait que des vélos dans les rues et il fallait faire partie de la nomenklatura pour avoir une voiture. Tout le monde était habillé en veste Mao, même moi. Je suis resté 29 jours, j’ai visité le pays et depuis, je suis revenu tous les deux ou trois ans. J’ai assisté à la montée d’une puissance planétaire".
-MHE: "Je suis allé en Chine (moi aussi) et j’ai été présent à une rencontre entre Sa Majesté et le Chef de l’Etat chinois. Le Président chinois nous a dit qu’il voulait améliorer le niveau de vie des Chinois. Nous avions alors compris que le Smig des chinois allait être multiplié par 15 et que 85 millions d’emplois allaient être délocalisés de Chine, une opportunité pour le Maroc."
-Ilyas El Omari: "Je n’ai pas rencontré le président Mao mais j’ai vu ses photos et ses affiches".
-MHE: "Le président Benjelloun, nous aurions voulu le cloner, vu le dynamisme qu’il nous transmet".
-Ilyas: "Il est difficile de parler après le président Benjelloun et avant Moulay Hafid". Vrai: vous pouvez le constater sur la vidéo ci-dessous.
-O.B.: "Ce n’est pas une utopie. C’est possible grâce à vous tous. Et au-delà, grâce à la confiance dont ce projet a besoin et au leadership de Sa Majesté".
MHE, didactique
"Nous avions réalisé une zone industrielle à Kénitra, sur 400 hectares. Elle est restée longtemps vide, en raison de la difficulté des transports et de leur coût. Aujourd’hui, nous sommes à 900 hectares de zone industrielle en deux tranches. On peut en tirer un enseignement: soit construire des micro-zones industrielles à la sortie des villes, soit une ville industrielle, endroit où les gens travaillent et habitent en même temps. C’est le modèle nouveau promu par la Chine".
"Ce n’est pas un projet immobilier. Il démarrera par le plus difficile et le moins rentable, l’industrie. Le résidentiel aurait été évidemment plus rentable. Mais il ne viendra pas en premier".
"Les 56 ALE (Accords de libre échange) font du Maroc une plate-forme internationale de production et d’exportation. La mondialisation est impitoyable".
"Le Maroc a besoin de 1,3 million d’emplois dans les prochaines années. L’industrie apportera une contribution majeure".
"Les dix secteurs d’activité qu’accueillera la cité ont été choisis en fonction des besoins internationaux et des métiers mondiaux du Maroc."
Dans une déclaration à Médias24, Moulay Hafid Elalamy a affirmé s’inspirer du modèle industriel chinois pour faire du Maroc une destination mondiale incontournable à l’instar de la Chine surnommée "l’usine du monde".
"A terme et en partie grâce à la cité Mohammed VI Tanger Tech, le Maroc deviendra un des grands players mondiaux de l’industrie. Nous gagnerons en attractivité même s’il faut préciser que nous sommes déjà très enviés au niveau continental. Ainsi, dans le secteur automobile, nous faisons déjà partie du top 20 des constructeurs (avec 640.000 véhicules produits par an) et en 2020, nous passerons au 7e rang avec une capacité de production de 1 million d’automobiles", se réjouit le ministre.
Selon MHE, cette cité qui sera, à terme, dupliquée dans d’autres régions du Royaume, permettra de développer au Maroc toutes les grandes industries comme le textile, l’aéronautique, l’électroménager... pour subvenir aux besoins internationaux.
Notre interlocuteur conclut que dans quelques années, le pays basculera d’une vocation agricole à un modèle industriel qui le positionnera comme l’équivalent de la Chine au niveau du continent africain.
Ci-dessous, vidéos de la présentation du projet au siège de la BMCE et de la maquette:
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