χ

Le Qatar amende sa loi sur la lutte antiterroriste

Le Qatar amende sa loi sur la lutte antiterroriste

Le 21 juillet 2017 à 10h50

Modifié le 21 juillet 2017 à 10h50

Le Qatar a annoncé jeudi 20 juillet avoir amendé sa législation sur la lutte antiterroriste, l'un des sujets controversés à l'origine de la crise opposant l'émirat gazier à ses voisins, qui l'accusent de soutenir des groupes extrémistes.

Un décret-loi, promulgué par l'émir cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, définit les notions de "terroristes, des crimes et entités terroristes ainsi que du financement du terrorisme".

Le document établit "deux listes nationales pour les individus et les entités terroristes" et énonce les mesures nécessaires pour pouvoir les porter sur ces listes, mais il donne aux suspects le droit de faire appel contre leur inscription sur l'une d'elles.

Le décret-loi amende la législation qatarie sur la lutte antiterroriste datant de 2004, mais ne donne pas de détails sur les normes retenues pour définir le terrorisme, ni sur les mesures pour porter un suspect ou une organisation sur une liste noire.

L'Arabie saoudite, le Bahreïn, les Emirats arabes unis et l'Egypte, qui ont rompu le 5 juin avec le Qatar, accusent Doha de soutien actif aux islamistes extrémistes, d'être derrière des actions de déstabilisation dans la région et, au delà, de se rapprocher de l'Iran, le grand rival du royaume saoudien.

Doha nie en bloc et rejette une liste de 13 demandes de ses adversaires qui exigent notamment la fermeture de la télévision Al Jazeera, d'une base turque au Qatar et une réduction des relations de leur voisin avec l'Iran.

Le nouveau décret-loi publié à Doha fait suite à la signature la semaine dernière par les Etats-Unis et le Qatar d'un accord sur "la lutte contre le financement du terrorisme".

Cet accord, que le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a obtenu de Doha lors d'une tournée dans la région du Golfe, avait été jugé "insuffisant" par le quartet anti-Qatar, qui y a vu un simple accord entre deux Etats, qui ne répond pas à leurs exigences.

Les Qatariotes pourront effectuer le pèlerinage de La Mecque

En dépit de la rupture des relations entre Ryad et Doha, les autorités saoudiennes ont annoncé jeudi que les ressortissants qataris voulant se rendre en Arabie saoudite pour y effectuer le grand pèlerinage de La Mecque étaient les bienvenus.

Dans un communiqué, le ministère saoudien du Hajj précise que les ressortissants et résidents du Qatar peuvent faire le pèlerinage de cette année à condition d'être "inscrits électroniquement pour le hajj" et de disposer des autorisations nécessaires de Ryad et de Doha.

Des restrictions sont toutefois imposées aux fidèles du Qatar qui pourront uniquement arriver par avion sur des vols de certaines compagnies.

En outre, ils devront obtenir leur visa aux aéroports de Jeddah ou de Médine (ouest), leurs seules portes d'entrée dans le royaume, ajoute le ministère.

Le Qatar accuse les Emirats du "piratage" à l'origine de la crise du Golfe

Par ailleurs, le Qatar accuse les Emirats arabes unis d'avoir été à l'origine du "piratage" de son agence de presse officielle, qui a provoqué la profonde crise secouant la région du Golfe.

Le "piratage" du site de l'agence QNA a été opéré "depuis deux sites basés aux Emirats", a déclaré le président de la commission d'enquête, le général Ali Mohammed al-Muhannadi, lors d'une conférence de presse à Doha.

"Le hacker a pris le contrôle du réseau de l'agence, volé les comptes de son site électronique et mis en ligne de fausses informations", a ajouté le général Muhannadi.

Le directeur adjoint du département de la sécurité informatique du Qatar, Othmane Salem al-Hmoud, a expliqué pour sa part qu'"une personne a ouvert une brèche dans le réseau de l'agence, partageant (l'information) avec un autre individu à travers la messagerie Skype en utilisant un iPhone".

Cet individu a ensuite pris le contrôle de l'agence" QNA, a-t-il ajouté.

Les résultats de l'enquête et les preuves "ont été transmis au parquet général pour prendre les mesures appropriées", a conclu le président de la commission, sans donner plus de détails.

(Avec AFP)

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.