En Irak, l'interdiction surprise de l'alcool passe mal
Des Irakiens ont la gueule de bois depuis la décision surprise du Parlement d'interdire l'importation, la production et la vente d'alcool dans ce pays à majorité musulmane mais qui produit de la bière et de l'arak.
Des voix se sont élevées pour affirmer que le vote des députés était inconstitutionnel et que les priorités des partis religieux, qui dominent le Parlement, sont hors-sujet à l'heure où le pays est absorbé par l'opération de reconquête de sa deuxième ville, Mossoul (nord), aux mains de Da'ech.
Cette interdiction a été subrepticement incorporée samedi 22 octobre, dans un projet de loi sur les municipalités et a pris les adversaires de la mesure par surprise.
Si les restaurants et les hôtels en proposent rarement, la consommation d'alcool est relativement répandue en Irak, notamment à Bagdad où l'on trouve des boutiques spécialisées.
Dans le centre de la capitale, ces magasins sont actuellement fermés pour le mois de Mouharram mais leurs propriétaires ne décolèrent pas.
"C'est notre seul travail, nos familles vont perdre leurs revenus", explique Maytham, qui tient une échoppe vendant des bières étrangères et locales, du vin et des spiritueux dans le quartier de Karrada.
Le vote du Parlement a également déplu à des politiques irakiens, qui affirment que la loi viole une disposition constitutionnelle garantissant la liberté des minorités religieuses.
Les partisans de l'interdiction affirment qu'elle est justifiée par la Constitution irakienne qui interdit, selon eux, toute mesure contraire aux préceptes de l'islam.
(Avec AFP)
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