Apple et Samsung devant la Cour suprême des Etats-Unis
La bataille judiciaire épique qui oppose Apple et Samsung sur le design de l'iPhone change de dimension mardi 10 octobre, avec une audience au sommet devant la Cour suprême des Etats-Unis.
Le premier volet de cette affaire concerne une pénalité controversée de 400 millions de dollars infligée au fabricant sud-coréen, reconnu coupable d'avoir partiellement copié l'iPhone. Cette somme demeure relativement modeste pour une entreprise comme Samsung, premier fabricant mondial de smartphones.
Mais la question centrale posée à la plus haute instance judiciaire américaine est celle de la portée des brevets protégeant l'iPhone.
Certains prédisent d'ailleurs que la haute cour, qui n'a pas statué sur les brevets de design depuis plus d'un siècle, pourrait redéfinir à travers ce cas précis l'équilibre sensible entre innovation technologique et protection de la propriété intellectuelle.
En l'espèce, Samsung a été condamné pour avoir utilisé pour ses produits plusieurs caractéristiques brevetées par Apple, dont les fameux coins arrondis des boîtiers de ses smartphones, ainsi que le pavé d'icones carrés apparaissant sur les écrans.
Une cour d'appel a estimé que Samsung devait donc reverser à Apple tous les bénéfices tirés des ventes de ses smartphones partiellement inspirés de l'iPhone.
Le géant sud-coréen affirme au contraire qu'il est déraisonnable de fonder le montant des pénalités sur la valeur totale d'un smartphone qui comporte des centaines d'éléments, alors que la violation de brevet ne concerne seulement qu'une poignée d'entre eux.
Assurément technique, ce débat judiciaire vieux de déjà cinq ans pourrait avoir de grandes répercussions dans de nombreux secteurs industriels, où le design et la création tiennent une large place. Tout le monde toutefois n'a pas la même vision des bienfaits ni de l'étendue souhaitable de la protection d'un design visuel.
Samsung assure que la multiplication de brevets nuit à l'innovation, en augmentant les risques de poursuites judiciaires farfelues ou coûteuses pour des pseudo-violations de concepts.
Dans son appel à la Cour suprême, le groupe sud-coréen a reçu le soutien de géants de la Silicon Valley et du secteur informatique, parmi lesquels Google, Facebook, Dell ou Hewlett-Packard, ainsi qu'une association de professeurs de droit.
A l'opposé, Apple a obtenu l'appui de grands créateurs de la mode et de l'industrie, comme les groupes Calvin Klein ou Adidas, ainsi que des juristes spécialisés dans les droits de propriété intellectuelle.
"Un solide dispositif de brevets force les entreprises technologiques à innover, et non pas à copier", assure Matthew Siegal, un expert spécialisé. "Les différences entre les smartphones de Samsung et d'Apple sont (devenues) marginales en raison des copies et non de l'innovation".
L'audience mardi devant la Cour suprême à Washington se tiendra dans la grande salle aux colonnes de marbre, où siègent les huit juges de la vénérable institution. Il est à noter que les appareils électroniques y sont bannis, qu'il s'agisse de caméras vidéo ou de smartphones.
Ce rendez-vous judiciaire au sommet intervient par ailleurs dans un contexte très difficile pour Samsung, plombé depuis septembre par l'explosion de plusieurs de ses Galaxy Note 7 porteurs de batteries défectueuses. Le groupe a enjoint mardi à l'ensemble de ses partenaires mondiaux de mettre fin à la vente et aux échanges de cet appareil, après que des modèles déjà remplacés ont pris feu et a conseillé à ses clients d'immédiatement "éteindre" leur "phablette".
Quant à Apple, il peine à relever le défi d'une concurrence internationale exacerbée, en perdant notamment des précieuses parts de marché en Chine, son nouvel iPhone 7 se voyant reprocher de ne pas présenter d'innovations notables.
Le jugement qui sera rendu dans plusieurs mois pèsera lourd dans la lutte technologique et judiciaire acharnée que se livrent les deux géants mondiaux. Ce conflit s'est un temps déroulé sur plusieurs continents, avant de se concentrer désormais devant les tribunaux américains.
(AFP)
à lire aussi

Article : Campagne céréalière 2026 : 90 millions de quintaux attendus, 15 millions visés en stockage
Le nouveau dispositif de commercialisation des céréales fixe un objectif de stockage ambitieux de 15 millions de quintaux, soit 17% de la production prévisionnelle pour la campagne 2026. Le prix référentiel du blé tendre est fixé à 280 dirhams le quintal, avec des primes de magasinage prévues entre le 1er juin et le 31 juillet 2026.

Article : Législatives 2026 : réunion avec les médias publics sur la couverture du scrutin
Les responsables des chaînes et radios publiques ont été appelés, le vendredi 15 mai 2026, à renforcer les contenus de sensibilisation autour de l’inscription sur les listes électorales, de la participation des jeunes et de l’implication des partis politiques avant le vote prévu le 23 septembre 2026.

Article : Deux affiliés présumés à Daech interpellés à Midelt et Youssoufia
Âgés de 19 ans, les deux suspects auraient prêté allégeance au prétendu émir de l’organisation État islamique et projeté, selon le BCIJ, des actions relevant du "jihad en solitaire" contre des personnes, l’ordre public et des installations vitales.

Article : OFPPT : 65 nouvelles filières, 3 nouvelles Cités des métiers et 6,3 milliards de DH pour le plan d'action 2026
Nouvelles filières liées aux métiers émergents, achèvement des Cités des métiers et des compétences, développement du secteur aéronautique et renforcement de la cybersécurité... Le plan d’action 2026 de l’OFPPT fixe les grandes priorités de l’Office, pour un budget estimé à 6,31 milliards de DH.

Article : Maroc-Éthiopie (CAN U17) : quelle heure, quelles chaînes
Après une entrée en matière décevante face à la Tunisie, la sélection nationale marocaine U17 affronte l’Éthiopie, ce samedi 16 mai 2026 au Complexe Mohammed VI de football, dans un match déjà important pour la qualification.

Article : À Casablanca, le projet d’aménagement de la zone Lahjajma prend forme
Le projet d’aménagement de la zone Lahjajma comprend un terrain de sport couvert, une piscine couverte, une mosquée, ainsi qu’un marché couvert. Il prévoit également des équipements socioculturels, un parc et un espace vert, une place publique piétonne et un parking souterrain.