À Rabat, une FGD en grande forme à la rencontre du “peuple de gauche”
Nabila Mounib revenait d'une tournée dans le sud. Elle a rejoint mardi 4 octobre son camarade Omar Balafrej à Rabat, pour un meeting commun. Qui est venu comme la preuve que la FGD a bien réussi à enclencher une dynamique... sur laquelle il lui reste à capitaliser.
Un bon millier de personnes avaient répondu à l'appel de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) ce 4 octobre à Rabat, pour le meeting à la salle Allal El Fassi. Nabila Mounib, secrétaire générale du Parti socialiste unifié et tête de liste de la liste nationale des femmes de la FGD et Omar Balafrej, président du mouvement Clarté Ambition Courage (CAC) et tête de liste FGD de la circonscription Rabat-Océan, étaient derrière le micro.
Mounib, de son côté, revenait d'un tour du sud du Maroc. L'entrée est triomphale. Depuis sa campagne pour les élections locales de septembre 2015, et malgré son échec cuisant, Mounib incarne le visage de la FGD. Les plus jeunes sympathisants en sont fans.
Mais hier, c'est Balafrej qui était attendu. À Rabat, il est sur ses terres. En 2015, lors des élections communales, lui et son équipe ont arraché plusieurs sièges au conseil d'arrondissement d'Agdal-Riad et au conseil de la ville de la capitale. Et lorsqu'il monte à la tribune, le social-démocrate, poli, au risque de parfois être policé, chauffe la salle, lui-même sûrement enflammé par l'ambiance et l'enthousiasme qui y règnent.
Balafrej invoque l'esprit du Mouvement du 20 février. Premiers applaudissements. Il félicite les bénévoles qui font du porte à porte, des distributions de tracts, animent les réseaux sociaux...
Ceux parmi ces derniers qui sont à ses côtés sur la tribune applaudissent et chantent. Pour Balafrej, ces bénévoles sont tant l'âme que les promesses de la FGD; un "peuple de gauche" comme il aime dire, actif. La preuve que la gauche dispose d'un réservoir de bonnes volontés et de savoir-faire qui n'attend que d'être mobilisé. Le voilà, son esprit du 20 Février.
Puis Balafrej déroule les grands axes de son programme. Comme lors de sa campagne pour les communales, il essaie de se faire précis. Il préfère proposer qu'accuser, une posture politique rare par les temps qui courent.
Il dessine les grandes lignes d'une politique gouvernementale, qui placerait l'éducation au centre de ses préoccupations. Le transport serait par exemple pensé pour les élèves et les étudiants, qui jouiraient de tarifs préférentiels et d'incitations. Les enseignants seraient valorisés. Puis il promet: avec la FGD, la reddition des comptes et l'évaluation ne seraient pas de vains mots. Les grands chantiers seraient suivis de près. Son équipe tente de le prouver à l'échelle de Rabat.
Au final, Mounib et Balafrej fonctionnent comme un duo de choc. Elle est charismatique et très politique, mais s'emporte parfois. Il est technique et calme, mais parfois un peu trop.
Balafrej tient à mettre en avant le jeu collectif, les militants qui émergent, les trentenaires qui prennent de l'étoffe. Mais il reconnaît: une nouveau souffle à gauche impliquait des figures de leaders. Elle semble les avoir trouvés.
Après eux, d'autres intervenants prennent la parole. La salle se vide un peu. Plusieurs militants ont les yeux un peu cernés, semblent fatigués par la campagne. Des jeunes prennent la pose devant le panneau d'entrée à l'effigie de Mounib et Balafrej.
Dans la salle, c'est à Mohamed Sassi de s'exprimer. Le sage de la FGD, prof de droit constitutionnel, pointe du doigt le PJD, qu'il accuse de ne pas tant combattre le "tahakoum" que de chercher à s'y greffer. Puis Sassi rêve à voix haute en appelant à demi-mots les "gens bien" de l'USFP et du PPS à rejoindre cette nouvelle gauche, qui se dessine ici.
Car à la FGD, il y a d'autres défis que le nombre de voix. Si la fédération se veut un nouveau souffle de gauche, elle devra capitaliser sur cette campagne, indéniablement forte. S'assurer que ses sympathisants et bénévoles se rapprochent d'un des partis qui la composent, et "faire de la carte" comme on dit dans le jargon militant. Très précisément ce que le PSU n'avait pas réussi à faire, après le Mouvement du 20 Février...
Croisé et interrogé au meeting, Fouad Abdelmoumni semble y croire: la campagne de la FGD est une dynamique réelle et traduit une volonté profonde. Le public venu à ce meeting de socialistes semble être issu de milieux sociaux aisés. Il le reconnaît et ne s'en effraie pas: pour lui, il est logique que la FGD séduise avant tout dans les professions intellectuelles et chez les jeunes cadres. L'énergie en est à ses débuts, elle peut accrocher d'autres couches de la population.
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