Séminaire à Marrakech sur la formation dans les métiers de l’immobilier
L’Ecole supérieure des professions immobilières organise les 17 et 18 mars à Marrakech un colloque international sur le thème "Formation, financement, innovation: le triptyque de la relance du secteur de l’habitat au Maroc".
Tout a commencé à Paris en 1972: des professionnels de l’immobilier, regrettant qu’il n’y ait pas d’école spécialisée pour former aux métiers de l’immobilier, décident de créer l’Espi, sous la forme juridique d’une association. Les premières années, quelques dizaines d’étudiants suivent les cours. Ils sont un millier aujourd’hui, répartis sur 4 campus: Paris, le plus ancien et le plus important. Mais aussi, depuis une dizaine d’années Casablanca, qui accueille une centaine d’étudiants chaque année. Et enfin, plus récemment, Nantes et Marseille.
Ces écoles forment à tous les métiers de l’immobilier. "Ces métiers sont nombreux et diversifiés, explique Philippe Loiselet, vice-président de l’Espi. Mais ils ont tous un point commun: le bâtiment. De la conception jusqu’à la livraison, en passant par l’achat du terrain, la responsabilité du chantier et la vente, sans oublier la gestion". Cette formation s’adresse aussi bien à des jeunes ayant juste leur bac en poche, qu’à des titulaires d’un master.
Si l’Espi a décidé d’organiser ce colloque au Maroc, c’est pour donner aux métiers de l’immobilier leur vraie dimension: "la réglementation marocaine permet, aujourd’hui encore, à n’importe qui, de s’installer comme agent immobilier, souligne Philippe Loiselet. Pas besoin de boutique, pas besoin de diplôme, pas besoin d’assurance. En fait, on peut être agent immobilier au Maroc et n’offrir aucune garantie au client! Et pourtant, acheter un bien immobilier, ce n’est pas anodin, cela représente généralement des années d’épargne".
Philippe Loiselet sait de quoi il parle: installé en France, il dirige une entreprise de gestion immobilière qui a dans son portefeuille un peu plus de 1.000 immeubles, ce qui représente quelques 100.000 logements, sans compter un million de m2 de bureaux. "Je gère l’équivalent de la ville de Bordeaux", précise-t-il.
Sous l’égide du ministère de l’Habitat et de la politique de la ville, le colloque des 17 et 18 mars va donc permettre à des professionnels marocains et français de se rencontrer et d’échanger leurs expériences: "Ce qui est assez amusant, constate Philippe Loiselet, c’est qu’en France, on se plaint d’une réglementation insupportable, complexe, tatillonne. Alors qu’au Maroc, tous les professionnels sérieux appellent de leurs vœux une réglementation de la profession. Comme quoi, personne n’est jamais content!" Ce colloque s’adresse à des agents immobiliers, des gestionnaires, des promoteurs, mais aussi des étudiants: il est clair que ces deux jours de rencontre ont aussi comme objectif de faire connaître l’école et de faire comprendre à des jeunes que les métiers de l’immobilier sont une vraie filière, qui débouche sur des métiers sérieux.
Ce colloque va se dérouler à un moment plutôt difficile pour le secteur: "Les prix stagnent ou ont même tendance à baisser au Maroc", précise Philippe Loiselet. Beaucoup de biens sont à vendre, mais ne trouvent pas d’acquéreurs. Un certain nombre de chantiers sont à l’arrêt: la situation internationale ne joue pas vraiment en faveur de notre secteur!"
Et pourtant Philippe Loiselet reste optimiste: "La situation difficile que connaît le Maroc dans ce secteur va sans doute permettre d’assainir le marché. C’est-à-dire en premier lieu faire en sorte d’éviter toute bulle immobilière: c’est une soupape utile, qui permet de maintenir les prix à un niveau raisonnable. Côté professionnel, les amateurs et tous ceux qui croient être des pros sans l’être, seront sans doute les premiers à payer les pots cassés. Et en fait, quoi de plus normal! La compétence a du bon: celui qui a fait de bonnes études, celui qui s’est investi, celui qui s’est correctement assuré, peut tenir le choc. Alors que celui qui n’a pris aucune garantie et qui n’a pas anticipé le retournement du marché va tout prendre de plein fouet."
D’ores et déjà, de nombreux acteurs du secteur de l’immobilier ont annoncé leur participation au colloque: que ce soit la Fédération nationale des promoteurs immobiliers, Bouygues immobilier, Wafa immobilier, l’Association marocaine des agents immobiliers, mais aussi des avocats, des financiers ainsi que des experts, sans oublier les représentants du ministère de l’Habitat.
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