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Avec la victoire du non, la Grèce entre dans une zone grise

Avec la victoire du non, la Grèce entre dans une zone grise
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Le 6 juillet 2015 à 10h05 | Modifié 6 juillet 2015 à 10h05

La Grèce va-t-elle sortir de l'euro? Va-t-elle être emportée dans une tempête économique? Avec la victoire du non dimanche au référendum, Athènes fait un saut dans l'inconnu, dont les répercussions dépendront en grande partie des dirigeants européens et de la BCE.

Les Grecs ont massivement rejeté les propositions formulées fin juin par les créanciers du pays (BCE, UE, FMI). Un plébiscite pour le gouvernement emmené par la gauche radicale Syriza, qui avait appelé les électeurs à voter "non".

"Sur le court terme, ça clarifie les choses, car une victoire du oui aurait entraîné une période de flottement politique, en déstabilisant le gouvernement. Mais le non, clairement, va compliquer l'obtention d'un accord", estime Charles-Henri Colombier, économiste à COE Rexecode.

Les partenaires d'Athènes vont-ils accepter de se rassoir à la table des négociations? Vont-ils lâcher du lest? Le gouvernement d'Alexis Tsipras s'est dit confiant dimanche soir, assurant que "les initiatives pour arriver à un accord allaient s'intensifier".

"Je vois mal les créanciers céder du terrain", nuance Xavier Timbeau, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). "Il y a une partie des opinions publiques européennes, notamment en Allemagne et dans les Pays baltes, qui sont hostiles au compromis."

Ponts coupés avec l'Europe

Dimanche soir, le gouvernement allemand a douché les espoirs de reprise des pourparlers. Alexis Tsipras a "coupé les derniers ponts" entre son pays et l'Europe, a estimé le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel, jugeant "difficilement imaginables" de nouvelles négociations.

Du coup, va-t-on vers une sortie de la Grèce de l'euro? Le ministre des Finances slovaque Peter Kazimir est le premier membre d'un gouvernement de la monnaie unique à lâcher la bombe: le Grexit devient un "scénario réaliste".

Athènes, pour renouer les fils, pourrait-il renâcler aux avantages qu'il espérait obtenir? Le scrutin rend ce scénario peu probable. "Mais il n'est pas impossible malgré tout que Tsipras cherche un terrain d'entente. Le pays se trouve dans une situation d'urgence", estime M. Colombier.

La Grèce, depuis mardi, se trouve en effet en défaut de paiement vis-à-vis du FMI. Elle doit encore honoré plusieurs échéances ce mois-ci, dont 3,5 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE) le 20 juillet.

"Athènes est dans une situation très compliquée. Elle a besoin de financements extérieurs pour rembourser ses dettes mais aussi pour compléter ses ressources fiscales afin de payer les fonctionnaires", rappelle Agnès Bénassy-Quéré, de l'École d'économie de Paris.

L'économie grecque, soumise depuis une semaine à un contrôle des capitaux, est en léthargie. Seule la BCE assure la survie financière du pays, en maintenant à flot les banques grecques, via des prêts d'urgence (ELA) dont le montant se trouve gelé.

Les banques grecques fermées depuis lundi, pourront-elles rouvrir mardi comme initialement prévu?

L'institution de Francfort, au centre de l'attention, doit se réunir lundi. Quelle sera sa position? Pour Agnès Bénassy-Quéré, le gel des ELA pourrait être maintenu quelques jours. Mais difficilement au-delà du 20 juillet, date à laquelle les 3,5 milliards d'euros lui sont dus.

Si les prêts d'urgence étaient suspendus, les réserves d'argent liquide dans les distributeurs seraient rapidement "épuisées" et le pays serait "dans l'incapacité de financer des biens d'importation via des décaissements", relève dans une note George Saravelos, de la Deutsche Bank.

Sortie de l'euro de facto

Pour faire face aux manque de liquidités et payer ses fonctionnaires, le gouvernement pourrait introduire une monnaie "parallèle", les "IOU" (I Owe You). Des reconnaissances de dettes qui, une fois mises en circulation, s'étendraient au secteur privé.

Mais ces titres provisoires risqueraient de vite perdre de leur valeur. Dans ce cas, le pays connaîtrait alors une inflation galopante. Et la Grèce sortirait de facto de la zone euro.

L'hypothèse d'un Grexit agité est-elle la plus probable? Pour les analystes de Barclays et JP Morgan, c'est l'un des scénarios privilégiés. "Ca ne ferait les affaires de personne, mais cela fait longtemps que les acteurs de ce dossier ont perdu tout rationalité", estime Xavier Timbeau.

Une sortie de l'euro, toutefois, ne se ferait pas sans difficulté. "Comme il n'y a pas de mécanisme légal pour la sortie de la monnaie unique, il y a un risque d'énorme incertitude partout en Europe pour ce qui se passera après", souligne Henrik Enderlein, de l'Institut Jacques Delors.

La Grèce, dans ce cas, pourrait entrer dans une zone grise, en continuant à utiliser des euros comme monnaie courante, sans faire formellement partie de la zone euro.

A quel point ce Grexit serait-il "douloureux"? "Tout dépendra de l'aide que l'Europe apportera pour amortir le choc", notamment pour "soutenir des retraites de base et un flux d'aide médicale", souligne Henrik Enderlein. Pour qui l'Europe continuera, même dans ce cas, à soutenir la Grèce.

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Le 6 juillet 2015 à 10h05

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