Exploitation du Ghassoul: le grand gâchis
Le Maroc dispose, sur 21.000 hectares, du seul gisement de Ghassoul au monde. Malgré sa bonne volonté et ses déclarations, Aziz Rabbah n'arrive à enclencher ni exploitation rationnelle ni valorisation.
Le département de Rabbah lance deux appels à concurrence pour l’exploitation et la valorisation de deux parcelles du gisement du Ghassoul de Ksabi (Midelt, province de Boulemane), richesse minière unique au monde mais qui ne rapporte que peu à l’Etat…
L’appel à concurrence pour l’exploitation de la parcelle P2 du titre foncier n°5525/41 a été lancé en mars 2015. Cette parcelle sera divisée en 10 lots. L’ouverture des plis se fera le 9 juin 2015.
L’appel à concurrence pour la parcelle P1 du même titre foncier a été lancé en mai 2015. Elle sera divisée en 4 lots. Date d’ouverture des plis : le 16 juin 2015.
Le dossier de l’appel à la concurrence peut être retiré de la direction des affaires administratives et juridiques du ministère ou téléchargé du portail du ministère.
Selon les clauses du cahier de charges, la durée de la concession est de 15 ans renouvelable par tacite reconduction. Les concessionnaires devront verser d’avance une redevance annuelle fixe égale au montant des offres qu’ils auront faites dans leurs soumissions et qui ne pourra pas être inférieure à 400.000 dirhams, sous peine de rejet de leurs soumissions.
Les futurs exploitants devront aussi verser, trimestriellement, une redevance de 50 dirhams par tonne de Ghassoul effectivement extraite.
Selon le département de Rabbah, cette redevance ne pourra en aucun cas être inférieure à 180.000 dirhams par an correspondant à un tonnage trimestriel minimum 900 tonnes pendant les deux premières années et à 250.000 dirhams par an correspondant à un tonnage trimestriel minimum de 1250 tonnes à partir de la troisième année de la concession.
Un manque à gagner pour l’Etat
Le gisement de la vallée de Ksabi, qui couvre 21.000 hectares, fut exploité pendant au moins 50 ans par la société des Ghassoul et de ses dérivés (société de la famille Sefrioui), une situation de monopole qui fut à maintes reprises dénoncées par les associations locales.
Après l’expiration de la licence accordée à cette société il y a un an et demi, Aziz Rabbah annonce sa volonté de restructurer le secteur et de briser la situation de monopole.
Après avoir viré au bras-de-fer entre les deux protagonistes, le dossier du Ghassoul a connu un tournant en janvier 2014, date à laquelle la société des Ghassoul et de ses dérivés a mis fin à ses activités, libéré le personnel et quitté le site. Mais depuis, devant l'absence d'appel d'offres de remplacement, la concession est reconduite de six mois en six mois selon des sources professionnelles.
Pendant un demi-siècle, l’exploitation par la famille Sefrioui de cette argile unique, aux vertus cosmétiques et médicinales, n’aura rapporté que près de 2 millions de DH par an, alors qu’elle devrait en rapporter 30 MDH, selon des estimations publiées par la presse. Mais malgré la fin du monopole, l’Etat n’arrive toujours pas à tirer profit de cette incroyable richesse minière.
Des appels d’offres lancés dans l’improvisation…
En octobre 2013, le ministère l'Equipement, du transport et de la logistique lance un premier appel à manifestation d’intérêt. Lequel a été d’une part vivement critiqué par les petits exploitants et d’autre part, peu suivi puisque seuls deux opérateurs s’étaient manifestés.
Six mois plus tard, le ministère lance un nouvel appel à manifestation d’intérêt comprenant des conditions manifestement plus conformes aux demandes des petits opérateurs et plus compatibles, de prime abord, à l'intérêt général.
En mars 2015 puis en mai 2015, des appels à concurrence sont lancés pour l’exploitation des parcelles P1 et P1 (voir plus haut).
…Et sans étude préalable
Ce qui est étonnant dans la gestion de ce dossier, c’est que le ministère lance des appels d’offres sans étude préalable quant au potentiel du gisement ni ses possibilités de valorisation. En d’autres termes, l’Etat s’apprête à concéder l’exploitation d’un gisement exceptionnel sans en connaître le potentiel quant aux quantités pouvant être extraites chaque année, aux réserves, au potentiel du marché local et à l’export, aux possibilités de transformation et de valorisation...
Par conséquent, comment convaincre les futurs exploitants d’investir dans ce gisement dans le flou le plus total? Et inversement, comment l’Etat peut-il déterminer les montants de ces concessions sans en connaitre le potentiel?
Le Ghassoul, c'est le second arganier du Maroc. Le Maroc est le seul pays qui dispose de cet arbre. Il a fallu du temps pour convaincre les étrangers et créer le marché et les débouchés. Il en va de même pour le Ghassoul, utilisé en par pharmacie, en cosmétique, pansement naturel des voies digestives, démêlant naturel pour cheveux.
Le département de M. Rabbah lance un appel d'offres sur un gisement dont il ignore à la fois la teneur et le potentiel réel faute d'études.
Les nouveaux appels d'offres sont l'aboutissement d'une période de trois ans pendant laquelle il y a eu beaucoup de paroles mais peu d'efficacité. Quel que soit l'aboutissement des actuels appels d'offres, Médias 24 prend acte et soutient qu'il était possible d'obtenir mieux et plus vite, s'il y a avait eu de la méthode et en particulier une étude sur la teneur du gisement, ses possibilités de commercialisation et de valorisation, au Maroc et a l'étranger.
Au final, il y aura eu beaucoup de bruit pour refaire des appels d'offres sur des superficies plus restreintes et éclatées.
Le plus grand perdant? La population locale, particulièrement pauvre, qui n’a jamais bénéficié des retombées économiques de cette argile.
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