Tanger-Métropole, urbanisme, parkings… Fouad Elomari s’exprime
Le maire a présenté jeudi 21 mai l’état d’avancement de 5 grands projets dans le cadre du plan Tanger-Métropole. Dans un entretien donné à Médias 24, il revient les failles de la politique de l’urbanisme et la coordination wilaya-commune.
Dans un entretien avec Médias 24, le maire de Tanger et candidat à sa succession Fouad Elomari (PAM) explique les disfonctionnements dans la politique d’urbanisme de la ville par « l’absence de police administrative ou judiciaire sous l’autorité de la commune, l’absence de rémunération des élus locaux et les contrôles défaillants des caïds ».
Jeudi dernier au siège de la commune, il a eu l’occasion de revenir sur les projets de la ville dans le cadre du plan Tanger-Métropole, les projets de parkings et de gestion des cimetières.
Urbanisme: « des cas isolés qu’il faut dénoncer »
Interrogé sur les constructions non réglementaires sur les rues Ghandi et Carnot, face au lycée Ibn Al Abbar au quartier du Marshan et un immeuble de cinq étages qui se dresse en marge du cimetière Bouarrakia sur la rue du même nom, Fouad Elomari a déploré « l’absence de police administrative ou judiciaire ». « Nous délivrons les autorisations, mais le contrôle est le fait du caïd et de la wilaya » souligne-t-il.
Tanger s’est dotée d’une charte architecturale et d’un plan paysager en mai 2014, une des premières villes du Maroc à le faire. Fouad Elomari explique que « ce sont des cas isolés mais qui doivent être dénoncés ». En attendant, c’est la politique du fait accompli et la loi de ceux qui violent les règles de l’urbanisme s’impose. Une situation que reconnaissent responsables communaux et responsables à la wilaya.
Outre ces immeubles dont le maire a pu voir les images lors d’une rencontre avec Médias 24, la ville est secouée par un scandale révélateur des tensions wilaya-commune.
La destruction d’un jardin public, conséquences des tensions wilaya-commune
Alors que le maire de Tanger avait inauguré une place et un jardin public Nouakchott en compagnie de la mairesse de la capitale mauritanienne en avril dernier, les autorités de la wilaya les ont en grande partie détruits au début du mois de mai.
Sur cette zone, la wilaya avait prévu des travaux et la mairie n’avait pas été avertie. Fouad Elomari reconnait « une absence de coordination sur certains projets ».
Outre les immeubles du centre-ville surélevés ou dont les dalles de béton débordent de manière visible et dangereuse sur la voie publique, les habitants de la médina de Tanger et la société civile protestent depuis près de deux mois contre les constructions abusives.
De la place historique Amrah au fameux café Matisse, les normes de construction ne sont pas respectées malgré les inspections du caïd et des responsables municipaux. « Pourtant, note un habitant de la casbah, le caïd et ses fonctionnaires repèrent des abus de construction qui sont parfois moins visibles et cachés au fond des petites rues » indique Fouad Elomari.
Même son de cloche auprès du président de l’arrondissement Younès Cherkaoui dont dépendent les constructions d’une hauteur inférieure à 11 mètres : « Des choses visibles ne sont pas vues et des choses moins visibles le sont par les responsables du contrôle ».
Le département de l’urbanisme de la commune de Tanger a connu le passage de trois directeurs au cours des quatre dernières années. C’est Abdeslam Chentouf qui est aujourd’hui à sa tête.
Dans le cadre de sa pré-campagne électorale, Fouad Elomari fait grand usage d’arguments environnementaux et écologiques notamment dans le cadre de l’association Charte de Tanger.
Sur la médina et la casbah, Médias 24 a pu confirmer auprès de MM. Elomari et Cherkaoui que « s’agissant de la vieille ville, la règle est le R+1 et les autorisations sont uniquement données pour des travaux de restauration avec le respect de la charte architecturale ». La wilaya et l’Agence urbaine sont du même avis sur la question mais les infractions continuent.
Tanger-Métropole: les 5 projets terminés avant fin 2016
Fouad Elomari a également indiqué que les projets de gare routière (budget de 60 MDH), fourrière municipale (33MDH), marché de gros de fruits et légumes (94 MDH) et abattoirs (73MDH) et marché aux bestiaux (21,5 MDH) étaient avancés entre 5 et 15% au 20 mai dernier. L’architecte communal Khalid Tabali a confirmé lors de la session du conseil municipal que « l’ensemble des cinq projets sera bouclé avant fin 2016 ».Ces cinq projets communaux entrent dans le cadre du plan Tanger-Métropole.
La part de financement communal du plan Tanger-Métropole est de 1,3 MMDH. La commune de Tanger doit bâtir ces cinq projets, coordonner et cofinancer des travaux d’infrastructures avec le gestionnaire délégué Amendis et réaménager le rond-point de la route de Tétouan.
Le plan Tanger-Métropole d’une valeur globale de 7,6 MMDH est conduit par la wilaya de Tanger depuis septembre 2013. Mais aucune communication n’existe sur l’état d’avancement et les dépenses de projets financés par des offices publics et des ministères.
575 MDH pour les parkings, 60 MDH pour les cimetières
La mairie a également présenté son plan de parkings souterrains pour un investissement global de 575 MDH et plus de 6.000 places. Somagec Parkings construira les infrastructures et versera 0,5% du chiffre d’annuel à la commune pendant une durée de 30 ans. Les travaux ont démarré sur la corniche. Les autres sites concernés sont la place des Nations, le quartier administratif, la place du 9 Avril et la mosquée Mohammed V.
Enfin deux mois après la tenue d’un colloque qui avait tiré la sonnette d’alarme, les services de Fouad Elomari annoncent la finalisation d’une étude de remise en état des cimetières. Il s’agira de nettoyer, sécuriser, organiser la gestion et construire des services (lieux de prière et d’hygiène notamment) à Marshan, Bouarrakia, Moujahidines, Sidi Amar, Souani, Ziaten et Sidi Bouhaja.
Une dizaine de lieux sont concernés et l’enveloppe budgétaire atteint les 60 MDH. « Un montant modeste par rapport à l’importance du sujet » notera un élu même si Fouad Elomari a tenu à préciser que « la gestion des cimetières ne dépend pas de la commune urbaine ».
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