Said Mouhid: “Le secteur touristique marocain affichera une croissance de 3 à 5% en 2015”
Pour le nouveau président de l’Observatoire du tourisme, le Maroc doit prospecter de nouveaux marchés, développer le tourisme de niche et promouvoir une vision prospective au service des professionnels et des institutions.
Tout juste élu comme président de l’Observatoire du tourisme, Said Mouhid, qui est aussi le directeur du CRT de Casablanca, revient pour Médias 24 sur les chantiers qu’il mènera dans le cadre de ses nouvelles fonctions.
Quelles sont vos priorités sachant que l’OT n’avait pas de président depuis près d’un an ?
L’observatoire est depuis 10 ans un instrument qui fournit des indicateurs et des études sur le tourisme. Aujourd’hui, il est temps d’implémenter de nouvelles orientations car le tourisme a beaucoup changé. Les investisseurs sont de plus en plus exigeants et les opérateurs ont besoin de nouveaux indicateurs plus précis.
La réactivité et la diversification de l’information est donc nécessaire pour couvrir des secteurs inexploités. Nous devons devenir un bureau d’études pour l’ensemble du secteur mais pour cela, nous devons davantage fédérer les professionnels autour de cet observatoire.
Aux côtés des traditionnelles statistiques de constat, il convient d’intégrer de nouveaux indicateurs financiers et économiques.
L’objectif étant de donner une visibilité globale sur toutes les incidences de ce secteur (coûts, recettes, emploi…) afin de répondre aux attentes des professionnels, institutionnels, investisseurs, etc.
Du fait de la tutelle du ministère du Tourisme, n’y a-t-il pas de risques de manipulation des chiffres publiés ?
Cette indépendance est garantie par la présence de personnalités de premier rang tant au bureau de l’Observatoire qu'au sein du Conseil d'administration et qui émanent du secteur privé comme du secteur public.
Dans tous les pays du monde, le recensement des arrivés de touristes aux frontières se fait par des autorités publiques.
Nous ne sommes pas dans une logique d’embellissement de la situation touristique du Maroc mais plutôt dans celle de réajuster l’angle d’attaque de notre politique commerciale.
Travestir la situation des arrivés ou des nuitées n’aurait aucun sens car d’autres organismes indépendants comme l’Office des changes ou le Haut commissariat au plan (HCP) recensent également l’activité touristique du pays.
Sur quels marchés de niche le Maroc peut-il se lancer pour capter davantage de touristes ?
Une des nouveautés de l’OT est qu’il va désormais se livrer à un travail d’études prospectives. Hormis certains chantiers déjà lancés - golf, demande intérieure, etc. - nous allons travailler sur les attitudes de consommation des touristes qui viennent pour des excursions ou en croisière au Maroc.
Un certain nombre de pistes sont déjà en cours d’étude mais d’autres niches peuvent être suggérées par les professionnels car notre stratégie tracée dans le cadre de la vision 2020 se veut collective.
Nous implémenterons cette stratégie à l’aide de nouvelles informations nécessaires de manière à mieux maîtriser les possibilités de développement.
Nous devons apporter des réponses appropriées car notre secteur est extraordinairement mouvant et de nouvelles demandes apparaissent sans cesse.
Il n’existe aucuns chiffres concernant le marché du camping au Maroc, allez-vous pallier à cette lacune alors que c’est un marché plus que lucratif ?
Ceci n’est pas anodin et ce secteur important sera en effet débattu lors de notre prochain conseil.
Après une période agitée consécutive aux événements internationaux, la destination Maroc souffre, qu’en est-il en ce mois de mai ?
Les principaux marchés émetteurs européens ont effectivement traversé une période difficile.
Pour les 7 premiers mois de 2014, nous étions dans une tendance de 7 à 8% de croissance qui a été cassée par les événements tragiques en Algérie, au Mali, à Paris, à Copenhague ou liées à Da’ech.
Aujourd’hui, le Maroc a montré une certaine résilience car depuis 2000, nous avons appris à gérer ce genre de situation.
Depuis la fin du mois de mars, il y a indéniablement un net redressement de tendance sur des destinations comme Casablanca, Marrakech et Agadir.
Si vous deviez spéculer, l’année 2015 sera-t-elle marquée par une croissance à un ou à deux chiffres ?
Nous ne finirons pas l’année en cours avec une croissance de 10% mais nous nous situerons dans une fourchette de 3 à 5%, ce qui est très satisfaisant au regard des circonstances internationales.
N’est-on pas trop dépendant du marché français, premier marché émetteur pour le Maroc ?
C’est non seulement un marché fondamental mais aussi historique, il est bon qu’il le reste et nous ne cesserons pas de faire en sorte de le maintenir à son niveau actuel.
Cela ne nous empêche pas de prospecter d’autres marchés porteurs européens comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne, ou d’autres plus éloignés géographiquement.
Les perspectives vont se concrétiser avec l’acquisition de gros porteurs par la RAM qui permettront de multiplier les rotations vers des destinations comme le Brésil, l’Asie, ou les Etats-Unis.
Aucun marché n’est négligé car nous sommes dans une dynamique à 360 degrés pour augmenter l’attractivité du Maroc.
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