Moulay Hafid Elalamy: “La mondialisation impose le multilatéralisme de facto“
En marge du 20e anniversaire de l’OMC qui s’est tenu les 8 et 9 avril à Marrakech, Médias24 s’est entretenu avec Moulay Hafid Elalamy, ministre de l'Industrie, du commerce, de l'investissement et de l'Economie numérique.
-Médias 24. Dans son discours, le directeur général Roberto Azevêdo a plusieurs fois appelé les parlementaires des pays africains membres à ratifier l’accord sur la facilitation des échanges commerciaux, à l’approche de la dixième conférence ministérielle de l’institution. Le Maroc est-il là pour épauler l’OMC dans sa campagne?
-Moulay Hafid Elalmy. L’OMC est dans son rôle. Si cette institution ne fait pas campagne pour ce cycle là, c’est qu’elle ne fait pas son travail. Et sa mission est justement d’arriver à des accords ratifiés.
Je l’encourage car il est important qu’il y ait des personnes engagées dans leur mission. Voilà pour le premier point.
Le deuxième, c’est que le Maroc a été spectateur et réceptacle de la naissance de l’OMC. Il a même été acteur. Comme vous le savez, Sa Majesté (Hassan II en 1995, ndlr) a été acteur actif à la création de l’OMC.
Le Maroc a ensuite été un élève studieux. Nous avons respecté scrupuleusement les accords que nous avons signés. L’OMC et ses membres savent pertinemment que le Maroc respecte ses engagements.
D’ailleurs, nous avons nous-mêmes été agressés dans le cadre du dumping, ce qui nous a amené à mettre en place des mécanismes d’anti-dumping. Aujourd’hui, le Maroc n’hésite pas à se défendre, mais toujours conformément aux règles de l’OMC.
-L’OMC est-il suffisamment actif dans la lutte contre le dumping ?
-Absolument. Vous ne pouvez pas engager une procédure de contestation du dumping sans une certification de l’OMC. Le Maroc passe donc par ce canal. Mais la quantité élevée des réclamations fait qu’il y a parfois des retards. Le directeur de l’organisation en convient d’ailleurs.
Nous incitons l’OMC à réduire les délais car ils peuvent nuire à ceux qui subissent le dumping. J’en ai parlé au directeur de l’OMC à Genève et aujourd’hui même à Marrakech (…), nous n’allons pas lâcher, nous avons besoin, tout en respectant les règles de l’OMC, que celles-ci évoluent en fonction des flux qu’elle va avoir à gérer.
-Le multilatéralisme est un système en déclin, l’OMC une institution moribonde.Le Maroc ne devrait-il pas se tourner vers d’autres options non multilatérales?
-Je pense que la mondialisation entraîne le multilatéralisme de facto. Certes, certains accords initiés par l’OMC n’ont pas abouti, mais l’OMC a aussi instauré des règles aujourd’hui opérationnelles. Donc la mondialisation est en marche, et on ne peut pas aujourd’hui imaginer un monde fermé.
Le monde s’est ouvert, la technologie y a contribué aussi, mais pas uniquement. Cette mondialisation s’impose à nous. Il faut savoir dealer avec cela, faire en sorte de rester vigilant pour que les équilibres soient respectés, qu’il n’y ait pas d’utilisation non éthique sur certains sujets.
Ce n’est pas simple, car on est souvent juge et partie. Quand on est membre de l’OMC et qu’on vote pour une disposition, et bien naturellement on prend son stylo pour calculer si cette disposition peut nous être défavorable.
Ça a toujours est comme ça, ça démarre comme ça, et ça finit pas faire sauter les petits intérêts pour que l’intérêt général s’installe. Je suis plutôt favorable à l’accompagnement de l’OMC à essayer de faire respecter autant que faire se peut l’ensemble des dispositions de l’OMC et nous y sommes favorables. L'Afrique participe à hauteur de 3% seulement aux échanges mondiaux, pour une population représentant 16% de la population mondiale.
-Comment faire du continent un acteur majeur du commerce international?
-Il y a un choix de la Chine de créer une demande intérieure, donc d’augmenter les salaires, ce qui donne une chance à l’Afrique.
Aujourd’hui, il est vrai que le continent n’a pas toujours exploité comme il le fallait ses richesses. Vous avez entendu des ministres africains dire de leur propre bouche qu’ils ne veulent plus exporter des produits bruts mais ils veulent créer de la valeur ajoutée dans leurs propres pays.
Et ça c’est un changement important qui fait que vous allez capter une partie de la création de valeur. Quand vous extrayez un minerai pour l’exporter en l’état, c’est une chose. Quand vous le transformez, vous créez de l’emploi, vous le vendez plus cher et vous gardez plus de valeur chez vous.
L’Afrique doit rentrer dans cette logique là. Pour cela, elle doit se retrousser les manches et travailler.
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