La CGEM veut créer une dynamique d'investissement dans le sud
150 dirigeants d’entreprises ont répondu à l’appel de la CGEM ce samedi 28 mars. Tout le monde avait deux thèmes en tête: d’une part, la politique et d’autre part, la fiscalisation des provinces du sud.
La politique, c’est ce qu’a fait la CGEM avec le soutien concret du ministère de l’Intérieur en mobilisant une soixantaine de projets, pour un investissement de 6 milliards de DH et la création de 10.500 emplois, dans les provinces du sud. La politique au sens noble du terme, celle qui consiste à convaincre, à désigner un horizon, à déclencher un mouvement vertueux.
C’est une petite rupture car jusqu’à présent, le secteur privé était le grand absent de l’économie des provinces du sud, le principal acteur étant l’Etat.
Cette fois-ci, on y est allé en partenariat public privé. En l’occurrence, et selon le patronat et différents témoignages recueillis sur place, le ministère de l’Intérieur et les autorités locales ont apporté leur concours à chaque fois qu’ils ont été sollicités. Par exemple, des terrains non viabilisés seront accordés aux investisseurs au prix symbolique de 5 DH le mètre carré.
Le ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad et le ministre délégué Charki Draiss ont d’ailleurs pris part à toutes les réunions de cette journée à Laâyoune.
>Les investissements.
Ce sont donc 6 MMDH d’investissements dans les provinces du sud qui ont été annoncés dans le cadre du forum organisé à Laayoune par la CGEM avec le soutien du ministère de l’Intérieur. C’est la présidente Miriem Bensalah-Chaqroun qui a annoncé la nouvelle en ouvrant le forum.
60 projets seront réalisés dans le cadre du partenariat public-privé. Ces 60 projets seront réalisés ou lancés en 2015 par une quarantaine d'investisseurs :
-Immobilier, BTP, Tourisme : 2.716 MDH, 11 projets, 6.557 emplois
-Agro-industrie : 465 MDH, 10 projets, 1.080 emplois
-Industrie : 2.032 MDH, 10 projets, 1.501 emplois (en tenant compte du projet Nareva pour 1.700 MDH).
-Services: 445 MDH, 12 projets, 468 emplois.
Parmi les opérateurs qui vont investir, signalons Addoha, Nareva, Oulmes, Sanam holding (avec Unimer, SMCA et Optifish), Zine Capital Invest, Alimani, Marwa, Auto Hall, Richbond, Microsoft, Injaz Al Maghrib, Anwar Invest, Cooper Pharma, SNTL-CTM-Supratours, CTM….

La CGEM a élaboré une intéressante monographie sur les provinces du sud. Cliquer sur l'image pour lire les slides et les feuilleter
>La genèse.
A l’automne 2013, le Conseil Economique et Social CESE rend public son rapport suggérant un nouveau modèle de développement des provinces du sud. Le diagnostic est sévère et le conseil recommande une rupture. Il dénonce la mentalité de rente qui s’installée et relève que les provinces du sud, c’est 59% du territoire national et seulement 3% de la population. L’Etat est l’acteur majeur de l’économie locale.
Le système a montré ses limites et généré énormément d’effets pervers. La population locale bénéficie de transferts de richesses à partir du nord. Elle a dépassé la moyenne nationale en matière d’indicateurs de développement humain. Elle reçoit d’énormes investissements. Elle est exonérée (de fait) de nombreux impôts et également de taxes locales. Elle est choyée. Des allocations sociales en nature et en espèces sont versées à une grande partie d’entre elle. Mais elle n’est pas satisfaite.
Le chômage est élevé, il est très élevé par rapport à la moyenne nationale: 15% en moyenne (contre 9% en national), il est alarmant chez les jeunes (28%), les femmes (35%) et les diplômés de l’enseignement supérieur (41%).
La population locale est convaincue que le nord exploite ses richesses alors que le transfert net est très largement en sa faveur. Elle est convaincue et elle constate, parfois (souvent ?) avec raison, que le clientélisme est à la base de l’octroi des autorisations, des licences d’exploitation des ressources locales. Les politiques sociales ne sont pas lisibles, ni la fiscalité. La justice n'existe que sur le papier puisque les tribunaux ne sont pas facilement accessibles, que la cour d’appel la plus proche est à Agadir, qu’il n’y a pas de tribunaux de commerce.
L’Etat reste le premier investisseur et le premier employeur. L’initiative privée est rare. La population éprouve et exprime des sentiments de frustration, d’injustice, d’impatience, relève le rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) dédié au nouveau modèle de développement dans le Sud.
>Le modèle proposé. En 10 ans, doubler le PIB des trois régions concernées (Laâyoune-Boujdour, Guelmim-Smara, Dakhla), y créer plus de 120.000 emplois, réduire de moitié le taux de chômage tout en ciblant particulièrement les jeunes et les femmes, investir 140 milliards de DH entre public et privé, lancer des stratégies sectorielles et enfin faire de la région un hub commercial, logistique et des énergies renouvelables entre le Maghreb, l’Afrique de l’Ouest et les Canaries.
Le texte intégral ainsi que la synthèse du document du CESE peuvent être téléchargés sur notre portail.
>En novembre 2013, la CGEM ouvre son bureau CGEM région du sud et réalise une intéressante monographie sur la région.
>Conventions. Pour accompagner les nouveaux projets, la CGEM a signé des partenariats avec Microsoft Maroc, l’OFPPT, Injaz Al Maghrib et la Fondation Phosboucraâ de l’OCP qui lanceront des programmes de formation gratuits pour améliorer l’employabilité des jeunes de ces régions.
>Les questions. La rupture suggérée par le CESE ne commence que timidement. Jusqu'à quand le fait accompli de l'exonération fiscale restera-t-il en place sans qu'il y ait de textes jurdiiques qui le fondent (hormis le taux réduit d'IS)?
Ce premier essai de la CGEM semble devoir être transformé. Tous les acteurs que nous avons interrogés en étaient convaincus, car il y aura un suivi. Une dynamique va-t-elle être créée?
Enfin, pourquoi le gouvernement est-il absent en tant que tel, si on excepte le ministère de l'Intérieur?
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