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ECONOMIE

Élections patronales: Meriem Bensalah discrète sur ses intentions

Les spéculations vont bon train sur l’identité des futurs candidats à la présidence de la CGEM pour l’élection prévue pour le 12 mai. Et surtout sur l’intention de Meriem Bensalah, l’actuelle présidente, de rempiler pour un deuxième mandat.

Élections patronales: Meriem Bensalah discrète sur ses intentions
Khalid Tritki
Le 15 mars 2015 à 16h56 | Modifié 15 mars 2015 à 16h56

Comme à l’accoutumée, les candidatures ne seront déposées, et donc connues de manière précise, qu’à l’expiration des délais statutaires. D’ici là, chaque candidat doit sonder son réseau pour une éventuelle bataille pour le fauteuil de patron des patrons.

Et qui dit sonder, dit évaluer la portée du mandat de l’actuelle présidente et son impact sur le quotidien des patrons affiliés à la CGEM. Une évaluation qui pourrait encourager, ou au contraire décourager, Meriem Bensalah de se porter candidate à sa propre succession.

En tout état de cause, que Meriem Bensalah rempile ou pas, le temps est à l’évaluation, à chaud, de son mandat.

Approchés par Média24, des patrons siégeant à la confédération patronale avancent déjà des commentaires (intéressés, il ne faut pas en douter) sur le mandat de la présidente sortante.

Bensalah face au PJD

Sur le plan politique, il y a quasi-unanimité. Madame Bensalah est la personnalité indiquée  tant que le gouvernement est piloté par les “islamistes“ du Parti Justice et Développement (PJD).

«La présidence par une femme tombe à point nommé pour donner un équilibre à l’image du Maroc sur le plan international et surtout vis-à-vis de ses partenaires traditionnels», commente d’emblée un industriel. Par équilibre, il faut entendre le fait de contrebalancer, par la désignation d’une femme jugée libérale, la réussite aux élections d’un parti perçu comme islamiste.

Cette position confère à Meriem Bensalah, à tort ou à raison, l’étiquette de candidate de Rabat.  

Toutefois, cet équilibre est nuancé par certains patrons. «Nos partenaires savent maintenant que le PJD s’inscrit dans la continuité et respecte à la lettre la vision politique du Palais», estiment-ils. Autrement dit, le Maroc, le patronat surtout, n’a plus besoin de jouer la carte de la femme pour dissiper les craintes de la communauté internationale, les investisseurs surtout.

Une analyse qui a sa pertinence, encore faut-il qu’elle présente une alternative à la présidente actuelle. Justement, dès que la question des candidats potentiels est évoquée, les langues se lient.

Bensalah et la communauté des affaires

Sur le plan économique, Meriem Bensalah-Chaqroun a fait ses preuves, même si sa touche a été peu médiatisée dans certains dossiers, comme celui du dialogue social. Néanmoins, même ceux qui dressent un tableau noir au sujet de son mandat, lui reconnaissent du mérite.

Sur le dialogue social, précisément, le travail de pression et de légitimation s’est fait surtout en coulisses. Mais, nous dit un membre de son équipe, les pactes signés avec les syndicats, la pression permanente efficace sur et avec le gouvernement et la relative paix sociale dans le privé, c’est d’abord elle.

Et puis il y a sa façon de traiter avec le gouvernement Benkirane. Pour certains, la présidente a engagé un bras de fer, dès sa désignation à la tête du patronat, qui obstrué les conduites de communication avec le centre de décision administrative. Sauf que cette attitude a forcé le gouvernement à se rapprocher davantage du patronat. Preuves en sont les déclarations de Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement, sur la nécessité d’impliquer fortement le monde des affaires dans la prise de décision politique et économique.

Avec le gouvernement actuel, les relations n'ont été ni idylliques, ni glacées. Il y a eu sur des dossiers, des périodes de froid, ou de choc d'égos.

Conjoncture aidant, la CGEM a su ainsi tirer profit de la main offerte de Benkirane. La question du boutoir de la TVA trouve une solution, même étalée sur trois ans. La charge de la compensation étant inscrite dans une courbe baissière, le gouvernement a pu régler une partie de ses arriérés et s’est engagé à solder le reste. Et tout au long de ce processus, la pression de la CGEM était palpable. Idem pour les délais de paiement, en cours de définition, et les arriérés de paiement de l’administration d’une manière générale, y compris les fameux AREF.

Autre argument avancé par des critiques de Meriem Bensalah: son affrontement avec le ministre du commerce, de l’industrie et des technologies. Moulay Hafid Elalamy a, pour un moment, jugé judicieux de lancer le plan d’accélération industrielle sans impliquer les industriels, les premiers concernés. Le patronat a, grâce à la révélation d’une étude commanditée par la CGEM, pu faire pression et forcer Elalamy à adopter un comportement plus amical ou en tous les cas plus coopératif. «Le fait que la présidente ne soit pas carriériste, a été pour beaucoup dans cette affaire», nous confie un membre de la CGEM sous couvert de l’anonymat.

Pour un autre membre, le fait d’armes de l’équipe Bensalah le plus révélateur de la personnalité de la présidente, c’est qu’elle a su déléguer la gestion de dossiers chauds. Une démarche qui a renforcé la position de la CGEM, face aux affiliés et face au gouvernement. Pour exemple, nos sources citent le dossier de la corruption.

Selon eux, la première mouture du projet de lutte contre la corruption, auquel la CGEM était impliquée, citait l’eau et la pêche, comme secteurs prioritaires. L’équipe de la CGEM a fait pression pour que ce dossier soit retardé. L’objectif était de changer les priorités en y ajoutant, surtout, le corps de la police judiciaire. Chose qui se décline actuellement dans la nouvelle mouture, toujours sous embargo.

Un “train sans feins“

Un patron qui la connaît bien estime que l’on ne peut établir un premier bilan sans évoquer la personnalité de la présidente, et selon lui, c’est cette personnalité qui a marqué l’actuel mandat et donc la confédération patronale.

“Meriem Bensalah est un train sans freins“, explique notre source. “Dès qu’elle a décidé de la direction, elle n’hésite pas, elle se lance“. Elle n'est pas dans le consensus, elle n'a aucun mal à dire non, elle peut être frontale, poursuit notre interlocuteur.

Ses collaborateurs à la CGEM lui prêtent force de caractère, capacité à se battre et qualités de leader.

Pour la CGEM, le mandat actuel a été marqué par davantage de moyens, une très forte ouverture à l'international (les forums organisés à l'étranger sont budgétivores et chronophages), et la CGEM est devenue incontournable.

Sous ce mandat, il y a eu également deux études importantes, financées par la Fondation CGEM: la compétitivité des entreprises et les GE/PME.

Un peu d’histoire

Le mandat de Meriem Bensalah-Chaqroun fera-t-il partie des présidences qui auront marqué la CGEM? L’avenir le dira.  

Depuis le mandat de Horani, en 2009, le patronat est passé aux candidatures uniques, avec un consensus pré-électoral.

La CGEM a eu des présidents forts, voire mythiques, comme Bensalem Guessous, Mohamed Amor (premier président marocain) ou Mohamed Drissi Kaitouni.

La création d’une Fondation CGEM a été une idée de génie dont on ne connaît pas avec précision l’origine, mais qui a été pleinement concrétisée avec l’obtention d’un statut d’utilité publique sous le mandat de Moulay Hafid Elalamy. Ce statut a permis de recevoir des dons importants de la part des grands groupes pour financer le nouveau siège et faire fonctionner une fondation qui prend en charge des études lourdes ainsi que les coûteux forums à l’étranger.

Au final et pour évoquer l’histoire récente, MHE, président de 2006 à 2009, a été un président très volontariste, il a lancé le siège actuel et contribué à doter la CGEM de moyens financiers.

Avec Meriem Bensalah, la CGEM devient une très grosse machine. Mme Bensalah  a apporté son caractère, elle est une forte personnalité et n'accepte jamais de s'effacer devant ce qu'elle considère être les intérêts des adhérents.

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Khalid Tritki
Le 15 mars 2015 à 16h56

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