L’incroyable potentiel des drones désormais encadré au Maroc
Les propriétaires de drones doivent obtenir une autorisation de l’administration, histoire de prévenir des menaces éventuelles.
C’est un secteur qui ouvre la route à tous les fantasmes du fait de ses infinies applications même si l’on est encore incapable à l’heure actuelle d’imaginer à quoi pourra bien servir les drones de demain.
Afin de contrôler son champ d’activité qui relève presque de la science fiction, les autorités marocaines ont astreint depuis le 23 février dernier, les propriétaires de ces enginsà l’obtention d’une licence d’importation et d’une autorisation préalable d’utilisation privée ou professionnelle.
Importation et exploitation soumises à conditions
Ces mesures ont été prises afin de parer aux risques d’espionnage ou de terrorisme posés par le détournement de leur usage ou par les atteintes au droit à la propriété et à la vie privée. Partout dans le monde, des drones sont « surpris » en train de survoler un palais présidentiel, une ambassade sensible ou une centrale nucléaire.
Toute importation sans autorisation donnera désormais lieu à une saisie systématique de ces engins et sera sanctionnée pénalement conformément à la réglementation en vigueur.
Les demandes d’importation seront soumises au ministère délégué du Commerce extérieur et ne seront satisfaites qu’après l’accord du ministère de l’Intérieur en charge des risques sécuritaires.
Les administrations, sociétés ou organismes publics pourront être autorisés pour des besoins professionnels spécifiques (tournage de film…) à importer les engins, mais ils devront déposer une demande d’autorisation supplémentaire pour leur utilisation.
L’exploitation des drones introduits avant le 23 février devra être autorisée par les autorités locales.
Hormis le risque posé par certaines dérives criminelles, leur utilité pour le développement n’est plus à démontrer car leur utilisation ouvre des perspectives inédites très larges qui dans les faits ne sont pas formellement prévues par la législation marocaine.
Pour accompagner leur essor en toute sécurité, le Maroc se doit d’élaborer un cadre règlementaire souple laissant la place aux évolutions futures de ce secteur aux mille applications.
Une technologie au service de l’homme
Traditionnellement, ces engins volants sont assimilés à des activités de défense nationale ou de loisirs mais leur exploitation représente désormais une activité croissante dans de multiples applications civiles.
Ces appareils trouvent leur utilité dans de nombreux secteurs inattendus en offrant une grande souplesse d’utilisation et en générant de grandes économies d’échelle.
Le drone à usage professionnel se développe partout dans le monde et en attendant des applications qui relèvent pour l’instant de la science fiction, il est utile de rappeler leur utilisation actuelle :
-Dans le secteur des réseaux, il est d’ores et déjà possible de les utiliser pour observer l’état des milliers de kilomètres des voies ferrées, des lignes électriques à haute tension, des pipelines, et gazoducs afin de visualiser à distance les incidents et les actes de malveillance ;
-En matière environnemental ou de bâtiment et travaux publics (BTP), ils sont utiles pour des missions de mesure de qualité de l’air, d’inspection des grands chantiers d’infrastructure ;
;Pour l’agriculture ou les eaux et forets, ils sont à même de mesurer le stress hydrique et la présence de maladies dans les cultures, ou de calculer le volume de bois dans une forêt ;
-Dans les mines et carrières, ils peuvent évaluer des stocks de minerais extraits grâce à une technologie embarquée d’images 3D et de faire des relevés de niveaux pour suivre l’avancée de l’exploitation ;
-Les drones peuvent également détecter des fuites thermiques et chimiques, mesurer des pollutions, et surveiller des installations dans le secteur de l’industrie lourde. Ils sont également en mesure de se livrer à des inspections techniques dans des zones à risque : plates-formes offshore, méthaniers, etc ;
-Concernant les énergies renouvelables, ils aident à la maintenance des éoliennes en intervenant en hauteur, en détectant des cellules photovoltaïques défectueuses ou en surveillant les barrages ;
Récemment, lors des fortes inondations qui ont touché le sud de la France, un drone a apporté un appui visuel précieux aux secours au sol, afin de localiser les zones les critiques et les victimes.
Certains pensent déjà à d’autres usages inattendus comme l’entreprise américaine Amazon qui a l’intention dans l’avenir de faire livrer par drone ses produits à ses clients.
Ces machines «à voilure tournante» comme les hélicoptères permettent des vols stationnaires très utiles qui fournissent des données plus précises et beaucoup moins chères que celles des satellites.
Leur coût actuel est compris entre 300 et 100.000 € pièce pour les appareils embarquant une technologie très pointue. Les drones les plus perfectionnés s’auto-pilotent et contrairement aux jouets ne sont pas téléguidés mais autonomes car disposant de plans de vol programmés d’avance.
Pour l’instant, il n’existe pas encore au Maroc de distributeurs officiels, mais leur potentiel laisse rêveur car les drones sont la promesse d’un développement sans limites pour un pays en voie de développement même s’ils présentent des risques de détournement criminel.
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