Un événement. La filière des viandes rouges se prépare à la libéralisation des abattoirs
Dans son action de modernisation de la filière, le ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch, a annoncé la libéralisation imminente des abattoirs.
Une chose est sûre, le secteur de la viande rouge est en bonne santé. Les résultats enregistrés dans contrat-programme 2009-2014 conclu entre le gouvernement et la Fédération Interprofessionnelle des Viandes rouges (FIVIAR), dépassent de loin les objectifs fixés. A titre d’exemple, la production a atteint un volume de 490.000 tonnes en 2013.
Oui, le secteur se porte bien, mais peut faire mieux. Notamment au niveau des abattoirs, dont la gestion incombe aux communes. La majorité écrasante des 182 abattoirs et 700 tueries rurales du Royaume sont vétustes, insalubres et ne répondent pas normes de santé et de sécurité. Une situation qui tire la filière vers le bas.
Le ministre de l’agriculture Aziz Akhannouch était donc heureux d’annoncer, au cours des 1ères rencontres nationales des viandes rouges tenues mercredi à Rabat, la prochaine libéralisation des abattoirs. Cette libéralisation se fera grâce au projet de loi relatif à la charte communale. Le projet de loi, approuvé récemment par le conseil des ministres, est dans le circuit législatif.
Ce projet de loi mettra fin au monopole des communes dans la création et la gestion des abattoirs, ce qui permettra sans doute la modernisation des marchés bestiaux et des abattoirs en vue de mettre de l’ordre dans un secteur qui manque d’organisation. Il sera discuté prochainement au parlement.
.Selon les chiffres avancés par M. Akhannouch, la production de viandes a dépassé son objectif de 10%, et la consommation annuelle par habitant a progressé de 4%, ceci par rapport à l’objectif initial.
Quant au chiffre d’affaires, il s’est traduit par une hausse de 25% au cours de la même période. L’augmentation est aussi à l’ordre du jour pour les éleveurs qui ont vu leur revenu augmenter de près de 21%.
612.000 T en 2020
Le contrat-programme de la filière des viandes rouges conclu entre l'Etat et la Fédération interprofessionnelle des Viandes rouges (FIVIAR) ambitionne le développement de l'amont et de l'aval de la filière des viandes rouges, tout en améliorant les conditions cadres de la filière.
Conclu en avril dernier à Meknès en marge de la 7ème édition des Assises de l'agriculture, cette feuille de route fait suite au succès du 1er contrat-programme en ambitionnant d'assurer la continuité du développement de la filière à l'horizon 2020.
Selon la FIVIAR, ce contrat-programme porte sur un montant global de 5 milliards de dirhams (MMDH) d'investissement, dont 1,45 MMDH supportés par l'Etat, et 3,55 MMDH d'investissement privé.
Les résultats de la mise en application de ce nouveau contrat-programme devront se traduire notamment par l'accroissement de la production à 612 mille tonnes en 2020 ainsi que par l'augmentation significative du chiffre d'affaires pour atteindre 35 MMDH au même horizon.
Pour sa part, la stimulation de la consommation doit se manifester par la réalisation d'un taux de consommation annuelle par habitant de 17,3 kg.
S'agissant du développement de l'amont, ce contrat-programme table sur l'amélioration génétique, à travers notamment la production de veaux issus du croisement industriel pour une durée de deux ans (2015-2016).
Il sera également question du renforcement de investissements dans des structures de production modernes et des unités d'engraissement de bovins, d'ovins et de caprins, outre la mise à niveau des petites et moyennes fermes bovines.
Afin de relever les défis auxquels fait face la filière, le développement de l'aval portera, de son côté, sur le volet de la commercialisation du bétail et des viandes.
La FIVIAR a identifié, dans une fiche de présentation de ce contrat-programme, l'aménagement de 14 souks hebdomadaires à bestiaux, l'installation de 40 souks temporaires pour la commercialisation du mouton à l'occasion d'Aid El Adha, la mise à niveau et la passation en gestion déléguée de 12 abattoirs communaux, ou encore la création de 50 unités modernes de distribution et 7 unités de transformation et valorisation des viandes.
Pour ce qui est de l'amélioration des conditions cadres de la filière, la Fédération a mis en relief l'élargissement de la base des adhérents et l'application des principes de bonne gouvernance, outre l'appui aux organisations professionnelles en vue de poursuivre les programmes d'amélioration génétique des bovins, ovins et caprins.
En ce qui concerne l'impact socio-économique, ce contrat-programme devrait aboutir à la création de 80 mille emplois directs dans différents maillons de la chaîne de production, de transformation, de commercialisation et de distribution des viandes et des produits à base de viande.
De même, ce contrat parie également sur l'encouragement de la valorisation de la production devant se traduire pour une plus grande valeur ajoutée et une diversification de l'offre en viandes de qualité en faveur du consommateur.
(Avec MAP)
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