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ECONOMIE

Les agrumes, entre soubresauts et perspectives nouvelles

Inondations, chute du rouble et faiblesse de la demande intérieure ont marqué la campagne 2014-2015. Les exportateurs visent désormais l’Amérique du nord.

Les agrumes, entre soubresauts et perspectives nouvelles
Ariane Salem
Le 10 février 2015 à 20h50 | Modifié 10 février 2015 à 20h50

La fin de la campagne présente de nouvelles perspectives pour le secteur, et la stratégie de valorisation devrait être un choix gagnant puisque de nouveaux importateurs s’intéressent de près aux agrumes marocains.

Les objectifs de production et d’exportation ont été revus à la baisse pour la campagne 2014-2015 qui prendra fin en juin. La filière agrumicole devrait produire 1,9 million de tonnes cette année contre les 2,2 millions de tonnes produits durant la campagne précédente. Les cibles d’exportation ont également été revues à la baisse : sur les 560.000 tonnes prévus, les données actualisées tablent sur un volume exporté de 485.000 tonnes d’ici la fin de la campagne. Lors de la campagne 2013-2014 exceptionnelle, 569.000 tonnes d’agrumes avaient été vendues à l’étranger.

Une campagne amputée d’un mois

Cette année, les exportations ont débuté le 13 octobre, soit un mois plus tard qu’habituellement. Un report choisi délibérément par les professionnels du secteur pour offrir un produit de meilleure qualité, dans le cadre d’un comité national des producteurs d’agrumes (Maroc Citrus, Aspam, EACC).

Ahmed Darrab, le secrétaire général de l’Aspam, l’association des producteurs d’agrumes, le confesse : la campagne précédente a débuté précipitamment, au détriment de la qualité des fruits. La filière est donc rentrée sur le marché avec de meilleurs prix de vente, mais avec une perte d’un mois de vente.

Par ailleurs, des chocs internes et externes sont venus perturber la campagne. En octobre-novembre, les inondations ont certes rempli les nappes phréatiques (dont dépendent 30 à 35% les surfaces exploitées) et les réserves de barrage (65 à 70% des surfaces exploitées), mais ont provoqué des pertes de tonnage.

Toutefois, ces nouvelles conditions de disponibilité hydraulique devraient désormais bénéficier aux producteurs, qui disposent de réserves d’eau suffisantes jusqu’à la fin de la campagne, et qui peuvent réduire leur coût de revient en pompage d’eau.

En décembre, la chute du rouble, et la contraction de la demande russe qui s’en est suivi, a porté un grave coup à la stratégie de valorisation des agrumes marocains. La devise russe a en effet perdu la moitié de sa valeur par rapport au dollar, amputant de moitié la demande pour les agrumes du Maroc. Première destination de la filière (autour de 55% des exportations), celle-ci a donc largement pâti à la fois de la contraction de la demande, et des retards de paiement des clients russes.

Cap sur l’Amérique du Nord

Le marché russe est de loin la première destination, notamment des clémentines. 55% des exportations sont destinées au marché russe. Mais la grande surprise de cette année, c’est la demande de l’Amérique du Nord, qui absorbe désormais 25% des exportations d’agrumes du Maroc. L’Union européenne (UE) représente désormais 20% des volumes exportés.

La filière réfléchit tout de même à reconquérir son marché naturel et historique : l’UE. Depuis une trentaine d’années, les exportateurs marocains ont quitté ce marché à défaut d’une offre exportable suffisante. Les baisses de quotas décidées par l’UE l’année passée ne sont pas la cause de ce recul, mais plutôt la conséquence, selon le secrétaire général de l’Aspam. Même sous ces conditions plus défavorables pour les exportateurs, ceux-ci ne remplissent pas les quotas imposés.

Aujourd’hui, la filière est bien décidée à se repositionner sur ses marchés traditionnels à travers une montée en qualité de ses produits et reprendre la place désormais tenue par l’Egypte, la Tunisie et la Turquie.

Et alors que le contrat-programme signé dans le cadre du Plan Maroc Vert prévoit pour 2018 un volume d’exportation de 1,2 million de tonnes, la filière agrumicole lorgne également de nouveaux marchés, comme les pays d’Europe de l’Est, mais également le marché asiatique (Chine, Japon, Singapour) et africain. Pour ce denier, il faut encore résoudre un certain nombre de problème de paiement et de logistiques de transport maritime.

Le débouché local est encore insuffisamment structuré

Les ventes locales représentent donc 1,4 million de tonnes, soit 70% de la production. Le producteur dépend donc avant tout de la santé de la demande intérieure pour assurer ses revenus.

Mais la vente locale est encore mal structurée et la multiplication des intermédiaires accapare une part indue de la valeur ajoutée. Entre le producteur qui vend ses oranges à 1,70 DH le kilo et le consommateur qui les achète 4 à 5 DH le kilo, une multitude d’acteurs viennent rogner le surplus du producteur.

Quant à la filière de transformation qui représente 50.000 tonnes sur une production totale de 1,9 M de tonnes, autant dire qu’elle est pratiquement inexistante. Le Maroc qui est gros producteur d’agrumes n’est pas compétitif vis-à-vis de la transformation, et importe beaucoup plus de jus qu’il n’en exporte. Ce marché reste très difficile à percer, car capté par des grandes marques, où label made in Morocco peine à trouver sa place.

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Ariane Salem
Le 10 février 2015 à 20h50

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