Des princes saoudiens ont financé Al-Qaïda (Moussaoui)
Du fond de sa prison de haute sécurité du Colorado (ouest des Etats-Unis), le Français Zacarias Moussaoui a attesté sous serment que d'éminents princes d'Arabie Saoudite avaient financé Al-Qaïda et participé à la préparation d'une attaque sur le sol américain.
L'Arabie Saoudite a apporté mardi un démenti formel, rappelant que "Moussaoui était un criminel dérangé" dont "aucune preuve ne soutenait les allégations" et dont "les paroles n'ont aucune crédibilité", selon un communiqué de l'ambassade saoudienne à Washington.
Le prisonnier, qui purge la réclusion à perpétuité pour avoir aidé à la préparation des attentats du 11-Septembre, a été auditionné dans le cadre de l'instruction d'une plainte déposée à New York par des victimes du 11-Septembre ou leurs proches contre l'Arabie Saoudite. Ses déclarations recueillies l'an dernier ont été rendues publiques mardi par le tribunal de New York.
Moussaoui, dont l'état mental avait été mis en cause mais qui avait finalement été jugé pénalement responsable à son procès en 2006, avait plaidé coupable d'avoir préparé les attentats les plus meurtriers de l'histoire américaine et purge sa peine à l'isolement dans la prison Supermax de Florence dans le Colorado.
Sur les 127 pages de retranscription des auditions, Moussaoui affirme que l'argent de riches donateurs saoudiens était "crucial" à Al-Qaïda à la fin des années 90. "Sans l'argent des Saoudiens, on n'aurait rien", a-t-il notamment déclaré, sous serment, soulignant que l'argent servait à acheter une kalachnikov, un équipement militaire, la nourriture ou encore à payer les salaires des membres d'Al-Qaïda.
Dans ce témoignage recueilli par des avocats dans la prison du Colorado, l'ex-membre d'Al-Qaïda, qui aurait été pressenti pour être un des pirates de l'air des attaques de 2001, indique que l'ex-numéro 1 d'Al-Qaïda lui avait demandé de dresser une base de données de tous les donateurs de l'organisation terroriste. "Cheikh Oussama voulait garder une trace de qui donnait de l'argent... de qui on devait écouter ou qui avait contribué au jihad", a ajouté Moussaoui.
Il cite ainsi le prince Turki al-Faisal, ancien chef du renseignement saoudien ou encore le prince Bandar ben Sultan, ex-ambassadeur à Washington. Il parle de sommes allant de 2 à 3 millions de dollars versées "à chaque fois qu'ils étaient en contact avec quelqu'un là-bas, car la plupart des hauts responsables proches d'Oussama ben Laden venaient aussi de grandes familles d'Arabie Saoudite".
Moussaoui, qui dit avoir été l'envoyé personnel de Ben Laden, ajoute avoir été en contact avec un responsable religieux de l'ambassade d'Arabie Saoudite aux Etats-Unis "concernant les efforts d'Al-Qaïda de mener une attaque terroriste sur le sol américain", a résumé, dans un autre document de 39 pages, Sean Carter, l'avocat des plaignants, qui a conduit une partie de l'interrogatoire.
Selon Me Carter, il a également déclaré qu'il "devait le rencontrer à Washington pour recevoir son aide concernant un complot pour abattre Air Force One". "Nous avons parlé de la faisabilité d'abattre Air Force One", l'avion du président américain, a encore témoigné Moussaoui, selon les retranscriptions, "mais j'ai été arrêté avant d'aller à Washington".
Me Carter s'efforce de montrer le rôle de l'Arabie Saoudite dans le 11-Septembre. Parmi d'autres témoins cités devant le tribunal, l'ex sénateur Bob Graham se dit "convaincu qu'il y a un lien direct entre au moins certains des terroristes du 11-Septembre et le gouvernement d'Arabie Saoudite", ce que dément le communiqué de l'ambassade saoudienne. "Les attentats du 11-Septembre sont ceux qui ont fait l'objet de l'enquête la plus intensive de l'histoire et les conclusions ne montrent aucune implication du gouvernement saoudien ou de responsables saoudiens", ajoute le communiqué.
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