Maroc-France, un week-end riche en symboles
Week-end riche pour les relations maroco-françaises. Non seulement une page est tournée, mais le Maroc a très bien passé ses différents messages auprès de l’opinion française.
La Princesse Lalla Meryem a remis dimanche des décorations royales à trois personnalités des trois religions monothéistes, toutes trois nées au Maroc, en présence de Manuel Valls et de Jack Lang.
La cérémonie, très symbolique, a permis au Maroc de passer ses messages de paix et de coexistence dans une période marquée par l’amalgame, au point que les touristes français boudent les pays du sud de la Méditerranée, y compris le Maroc.
La veille, samedi, le Maroc et la France annonçaient la signature d’un accord de mise à jour de leur convention de coopération judiciaire. La coopération judiciaire et tout ce qui l’accompagne, y compris la coopération sécuritaire, va donc reprendre.
En fait, la manière dont cette coopération reprend donne raison au Maroc, car elle confirme la position qui a été la sienne depuis février 2014.
A cette époque, il y a donc un an, sept policiers se présentent à la résidence de l’ambassadeur du Maroc en France Chakib Benmoussa pour lui remettre une convocation adressée au DG de la DST marocaine Abdellatif Hammouchi, qui ne se trouvait pas en France à l’époque. Abdellatif Hammouchi a fait l’objet d’une plainte déposée par un Marocain, pour des faits qui se sont déroulés au Maroc. De ce fait, et en vertu du droit français, à supposer que cette plainte soit fondée, la justice française ne peut être compétente que si M. Hammouchi se trouve sur le territoire français. Ce qui n’était pas le cas.
Pour des raisons juridiques et également politiques, le Maroc est furieux. D’emblée, il suspend la convention de coopération judiciaire et demande sa mise à plat. Il aura donc fallu une année de fâcheries, bouderies et froidure pour que cela soit fait.
La convention va prévoir dans les dispositions amendées, que chacun des deux pays fait confiance d’emblée à la justice de l’autre pays lorsque l’un de ses citoyens est accusé pour des faits s’étant déroulés dans son propre pays. Si, au bout d’un certain délai, il aucune enquête crédible n’est diligentée, la justice du second pays peut être saisie. Cet accord confirme, a posteriori, la justesse de la position marocaine.
Ci-dessus, Mustapha Ramid interviewé par Jamal Boudouma, d France 24. Pour la petite histoire, Jamal Boudouma est le journaliste qui animait l’émission de France 24 enregistrée à Rabat une dizaine de jours auparavant et que les autorités locales avaient tenté d’interdire.
Cérémonie symbolique à l’IMA
La Princesse Lalla Meryem a remis dimanche à Paris des wissams décernés par le Roi Mohammed VI à des représentants des religions musulmane, juive et chrétienne en France.
La Princesse a ainsi décoré du wissam Al Arch de 3-ème classe (officier) MM. Khalil Merroun, recteur de la mosquée d'Evry, Michel Serfaty, rabbin de Ris-Orangis et Michel Dubost, évêque d'Evry, lors d'une cérémonie qui s'est déroulée à l'Institut du Monde arabe (IMA) en présence, notamment, du Premier ministre français, Manuel Valls et du ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq. Cette cérémonie rendait hommage à trois personnalités françaises, toutes natives du Maroc, qui ont témoigné de leur attachement aux valeurs prônées par le Royaume.
S'exprimant à l'ouverture de cette cérémonie, le président de l'Institut du Monde arabe (IMA), M. Jack Lang a affirmé que la remise de ces wissams est un geste emblématique qui illustre l'exemplarité du Maroc, un pays caractérisé par son attachement aux valeurs de diversité et de tolérance et un creuset de divers affluents.
"Nous célébrons aujourd'hui un double événement, celui de l'amitié pleinement retrouvée entre le Maroc et la France et l'attachement aux mêmes valeurs de diversité et de tolérance", a encore dit M. Lang, notant par ailleurs que la manifestation sur le Maroc à l'IMA rencontre un succès qui dépasse toutes les espérances.
Cette exposition n'aurait jamais vu le jour sans le soutien personnel et déterminé du Roi, a-t-il insisté.
Pour sa part, le secrétaire général du conseil des communautés israélites du Maroc et ambassadeur itinérant du Roi Mohammed VI, Serge Berdugo a souligné que cette cérémonie est porteuse d'espoir et de réconfort, d'autant plus qu'elle intervient à un moment particulier suite à la barbarie terroriste qu'a connue la France.
Il a d'autre part évoqué l'opération de réhabilitation des cimetières juifs, lancée en 2010 à l'initiative du Roi Mohammed VI et qui a duré quatre ans et a concerné 167 sites de 14 régions du Royaume, notant que cette initiative a eu un impact sur les cœurs et les mémoires.
Cette opération a permis de rendre justice au passé du judaïsme marocain, a-t-il relevé..
Le Premier ministre français a affirmé que par ce geste, le Roi Mohammed VI honore non seulement la France mais rassemble trois religions qui partagent les mêmes messages.
Il a également exprimé sa grande fierté d'être dans ce haut lieu de la culture pour célébrer l'amitié entre le Maroc et la France qui est forte de l'histoire et des liens permanents, en dépit de certaines incompréhensions qui ont été dépassées.
Aujourd'hui, "une nouvelle ère est en train de se construire dans nos relations bilatérales", s'est-il réjoui, ajoutant que cette cérémonie est une occasion unique de faire passer un message de paix et de tolérance.
Le chef du gouvernement français a également souligné que le Maroc, qui est un pays de diversité, est l'unique nation au monde qui reconnaît la part hébraïque de son identité, ajoutant que le Maroc et la France portent aujourd'hui le message de tolérance, de paix, de concorde et de rassemblement.
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