Corée du Nord: Kim Jong-Un va faire ses premiers pas diplomatiques
Kim Jong-Un s'apprête à faire de timides premiers pas sur la scène internationale lors d'une visite en Russie, le premier séjour du dirigeant nord-coréen à l'étranger depuis son arrivée au pouvoir voici trois ans.
Si ce voyage prévu en mai se concrétise, il s'agira du baptême du feu diplomatique pour le numéro un nord-coréen et sera à ce titre scruté de très près par les observateurs. De nombreux autres dirigeants seront présents dans la capitale russe, y compris le président chinois Xi Jinping, dont le pays est le principal allié de la Corée du Nord, l'un des Etats les plus isolés et hermétiques du monde.
Le Kremlin a confirmé mercredi que Kim Jong-Un assistera à la commémoration des 70 ans de la victoire des Alliés dans la Seconde Guerre mondiale. Ce pourrait être l'occasion d'une série de rencontres intéressantes. Le président américain Barack Obama et la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye ont été invités à assister aux cérémonies.
La présence du chef d'Etat américain semble toutefois incertaine en raison des tensions entre les Etats-Unis et la Russie au sujet de l'Ukraine. Les services de la présidente sud-coréenne ont fait savoir que celle-ci réservait sa réponse.
Cependant, tout rendez-vous de Kim Jong-Un avec un leader étranger serait significatif. Le jeune dirigeant a reçu à Pyongyang un certain nombre de dignitaires chinois mais la figure internationale la plus notable qu'il ait rencontrée depuis son arrivée au pouvoir en décembre 2011, à la mort de son père Kim Jong-Il, est l'ancienne star du basket-ball américain Dennis Rodman.
Un entretien avec le président russe Vladimir Poutine représenterait un premier sommet pour l'héritier de ce qui est considéré comme l'une des seules dynasties communistes de l'Histoire. Il avait refusé de rencontrer le président de Mongolie en visite à Pyongyang en 2013.
Pourquoi maintenant?
Les analystes ne sont pas d'accord sur les raisons pour lesquelles Kim Jong-Un ne s'est pas encore rendu à l'étranger. Certains avancent qu'il souhaitait respecter la traditionnelle période de deuil de trois ans en hommage à son père, et qui a pris fin en décembre.
D'autres jugent qu'en raison de sa jeunesse et son inexpérience relatives, il avait besoin de faire ses premières armes à domicile avant de franchir la frontière.
La dynastie Kim ne s'est jamais beaucoup aventurée à l'étranger, en dehors de voyages chez les alliés traditionnels de la Corée du Nord, Pékin et Moscou.
Le grand-père du numéro un actuel, Kim Il-Sung, père fondateur de la République populaire démocratique de Corée, s'est rendu dans la plupart des pays de l'ancien bloc de l'Est mais avec l'effondrement de l'Union soviétique en 1991, le choix des destinations s'était réduit pour son fils Kim Jong-Il, arrivé au pouvoir en 1994. Kim Jong-Il détestait prendre l'avion, et se limitait à des voyages en train en Chine et en Russie.
Une visite en Russie de Kim Jong-Un pourrait traduire la volonté de Pyongyang de réduire sa dépendance envers la Chine alors que Moscou multiplie les signes de soutien. La Russie projette ainsi de moderniser une partie du réseau ferré de la Corée du Nord en échange d'un accès à ses ressources naturelles, un projet estimé à 20 milliards d'euros.
Depuis leur arrivée au pouvoir respective, les dirigeants chinois et nord-coréen ont gardé leurs distances. La première visite de Xi Jinping dans la péninsule coréenne l'année dernière fut dans le sud capitaliste plutôt que dans le nord communiste. Pour Andrei Lankov, spécialiste de la Corée du Nord et professeur à l'Université Kookmin de Séoul, Kim Jong-Un pourrait vouloir imiter son grand-père qui avait joué Moscou contre Pékin dans les années 1970 et 80. "Kim Il-Sung avait obtenu beaucoup de concessions des deux pays sans leur donner grand chose en retour", dit-il. "Une grande leçon de diplomatie que son petit-fils a sûrement retenue".
La guerre froide a fait long feu mais les tensions actuelles entre la Russie et l'Occident pourraient conduire Moscou à chercher de nouveaux amis, fût-ce un pays isolé comme la Corée du Nord. "La Corée du Nord ne cherche pas à échapper à l'influence de la Chine mais elle souhaite la réduire, surtout que Pékin est de toute évidence mécontente de son programme d'armements nucléaires", ajoute Andrei Lankov. L'analyste reste cependant prudent. "Tant qu'on ne le verra pas débarquer à Moscou, il n'y a aucune garantie qu'il s'y rendra vraiment", ajoute-t-il.
(Avec AFP)
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