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Maroc. Le meilleur et le pire de 2014

CAN 2015, Musée Mohammed VI, inondations, Ebola ou encore l’irruption de Da’ech sur la scène marocaine: ce qu’il faut retenir de l’année écoulée.

Maroc. Le meilleur et le pire de 2014

Le 1 janvier 2015 à 13h24

Modifié 27 avril 2021 à 23h19

CAN 2015, Musée Mohammed VI, inondations, Ebola ou encore l’irruption de Da’ech sur la scène marocaine: ce qu’il faut retenir de l’année écoulée.

>Le Maroc lutte contre la fuite des capitaux

La loi de Finances 2014, adoptée en décembre 2013, avait programmé une amnistie des changes pour tous les Marocains disposant d’actifs financiers, de valeurs mobilières, de titres de capital ou de biens immobiliers domiciliés à l’étranger.

En échange d’une contribution libératoire comprise entre 2% et 10% de leurs déclarations, les personnes concernées sont exonérées du paiement de sanctions relatives aux infractions à la réglementation des changes et au paiement d’impôts (IS et IR) ou d’amendes et pénalités. Cette opération prend fin le 31 décembre 2014 a atteint un montant inespéré qui a dépassé les 15 MMDH alors que le gouvernement tablait initialement sur un chiffre de 5 MMDH.

>Amendement de l’article 475 du code pénal 

Début janvier, les députés marocains ont voté un amendement du code pénal afin que l'auteur d'un détournement de mineure sans violence ne puisse plus échapper à la prison en épousant sa victime, deux ans après l’affaire Amina Filali qui avait suscité un vif émoi.

Dans la foulée de l’abrogation du dernier alinéa de l’article 475, un projet de loi contre les violences faites aux femmes avait fait l'objet de vifs débats et, face aux critiques, le gouvernement a été contraint de revoir sa copie. Aux dernières nouvelles, ce texte, qu’on croyait relégué aux oubliettes, a été exhumé et sera de nouveau présenté au gouvernement pour une probable adoption. Seul hic, une partie du projet va être retirée: dans sa nouvelle mouture, le vol et le viol conjugal ne seront plus pénalisés.

>Un nouveau pont relie les villes jumelles de Rabat-Salé

Au niveau des grandes infrastructures, l’année 2014 commence par l’inauguration le 10 janvier du pont Moulay Youssef reliant la ville de Rabat à celle de Salé par le prince héritier Moulay El Hassan. Long de 200 mètres et coûtant 142 MDH ce chef-d’œuvre architectural a permis de fluidifier la circulation routière grâce à un trafic moyen de 15.000 véhicules/jour.

>La fin des tribunaux militaires pour les civils

Depuis mars 2014, il n’y a plus de poursuites judiciaires contre les civils devant les tribunaux militaires du Maroc. Le gouvernement a adopté un projet de loi excluant les populations civiles de la compétence judiciaire militaire ainsi que les militaires ayant commis des crimes de droit commun.

Cette réforme harmonise la législation marocaine avec les normes internationales afin de garantir les conditions d’un procès équitable aux justiciables civils. Les tribunaux militaires verront désormais leur compétence limitée aux seules infractions militaires et à celles commises en temps de guerre.

>L’affaire Zaz

C’est l’une des affaires judiciaires les plus retentissantes de ces dix dernières années. En mars 2014, les locaux de la société dénommée SIART ont été perquisitionnés. Du matériel informatique et des cartes SIM avaient été retrouvés. L’ex-DG de Wana et 11 autres interpellés ont été placés en garde à vue puis écroués. Le procès est toujours en cours.

Au Maroc, les pertes liées au détournement du trafic international (DTI) sont colossales. En fin 2013, le manque à gagner accusé par les trois opérateurs télécom du pays est estimé à 4 MMDH.

Mais Karim Zaz, très connu dans les milieux d’affaires et jouissant d’une grande estime, n’a pas reconnu les faits. Tant que la justice ne s’est pas prononcée, la présomption d’innocence doit primer.

>Un monstre nommé Da’ech

Ex-filiale d'Al-Qaïda en Irak, l’organisation terroriste de Da’ech a proclamé le 29 juin l’instauration d'un califat sur les territoires irakiens et syriens qu'elle contrôle. Bien que sa création remonte à 2006, c'est son avancée rapide et ses agissements barbares qui l'ont portée sur le devant de la scène.

Au Maroc, plusieurs individus qui s'apprêtaient à rallier les rangs de Da’ech ont été arrêtés. Des cellules ont été démantelées et le ministère de l’Intérieur a mis en place un nouveau dispositif de sécurité baptisé Hadar pour lutter contre les différentes menaces qui guettent le pays.

On entendra encore parler de Da’ech pendant de nombreuses années. Au Proche-Orient, deux pays, l’Irak et la Syrie, sont en train de disparaître. La Libye est directement menacée. 

>CAN, Ebola et RAM

Le spectre du virus mortel d’Ebola plane sur l’Afrique de l’Ouest depuis le début de 2014, provoquant la mort de plusieurs milliers de victimes dans une inexorable flambée virale. Une menace dont le ministère de la Jeunesse et des Sports marocain prend pleine conscience et qui motive le 11 octobre dernier, la demande de report de la Coupe d’Afrique des Nations de 2015 (CAN).

Les phases finales de cette compétition devaient en effet se dérouler du 17 janvier au 8 février 2015, dans les stades du Royaume. La requête marocaine adressée à Issa Hayatou, président de la Confédération Africaine de Football (CAF), intervient suite à la décision du ministère de la Santé d’éviter tout rassemblement auquel prendrait part des ressortissants des pays où le virus est endémique et par là même, juguler une éventuelle propagation de la maladie mortelle.

Au report, la CAF préfère en effet l’annulation et la sanction du Maroc, qui sera quelques semaines plus tard privé de l’organisation de l’événement sportif.

La pandémie virale qui ne s’est pas déclarée au Maroc a néanmoins causé quelques dommages collatéraux et suscité de nombreux remous. Royal Air Maroc (RAM), compagnie aérienne nationale, s’est retrouvée sous le feu des projecteurs en maintenant les vols vers les principaux pays abritant le virus de la fièvre hémorragique, quand la majorité des compagnies ont rompu les liaisons. Si cette dernière a avancé la solidarité continentale comme principale argument, elle n’en a pas moins été critiquée pour la gestion des déplacements effectués, le risque encouru par le personnel navigant, ainsi que la probabilité d’importer un cas d’Ebola au sein des frontières marocaines.

Mais la décision de la RAM de maintenir les vols a fait sensation en Afrique subsaharienne et dans les pays concernés par l’épidémie et a été saluée à plusieurs reprises par des instances internationales telles que l’OMS, comme un exemple à suivre.

Pour rappel, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recense 20 081 cas atteints du virus de la fièvre hémorragique pour 7.842 décès, dont près de la moitié au Liberia, au 29 décembre 2014.

>Guerre cybernétique contre le Maroc

Chris Coleman, c’est sous ce pseudonyme que se fait connaître le mystérieux hacker qui sévit sur la Toile. Il diffuse depuis le début du mois d'octobre via Twitter et Facebook un flot de documents, mails piratés, photos volées qui visent le pouvoir marocain et qui ne sont pas tous authentiques. Les sujets abordés concernent en particulier la diplomatie marocaine, notamment sur la question du Sahara, mais aussi les liens supposés entre certains journalistes (marocains ou étrangers) et les services de contre-espionnage marocains. L’intention de nuire au Maroc est évidente et clairement affichée. 

>Le Maroc inaugure son premier musée depuis l’indépendance

Après 10 ans de travaux, le premier musée d’art moderne et contemporain a été inauguré le 7 octobre par le Roi Mohammed VI.

Le musée Mohammed VI qui a coûté 200 MDH a pour ambition de dynamiser la vie culturelle marocaine qui n’avait pas connu pareille inauguration depuis l’Indépendance. Sa première exposition qui durera un an retrace l’histoire de 100 ans de peinture marocaine contemporaine.

>La culture marocaine invitée d’honneur à Paris

Dans le cadre d’une exposition exceptionnelle, intitulée «le Maroc Contemporain», l’Institut du Monde Arabe à Paris accueille depuis le 15 octobre 2014 et jusqu’au 25 janvier 2015, la quintessence de l’art contemporain marocain. Un rendez-vous éclectique, mêlant projections, concerts, peintures, sculptures et photographies, et présentant les travaux de jeunes créateurs marocains. Bien que le choix de ces artistes ait soulevé quelques polémiques, les commissaires d’exposition Moulim El Aroussi et Jean-Hubert Martin se sont défendu en affichant pour seule préoccupation d’offrir au public des œuvres qui représentent le Maroc d’aujourd’hui.

Le présent rencontre également le riche passé marocain dans la capitale française. C’est en effet dans le prestigieux musée du Louvre que le 17 octobre 2014 s’est ouverte une exposition inédite intitulée «Le Maroc médiéval: Un empire de l’Afrique à l’Espagne». Plus de 300 œuvres exceptionnelles témoignont de ce riche patrimoine hérité du XIe au XVe et seront exposées jusqu’au 19 janvier 2015.

>L’avancée sociale de l’allocation destinée aux veuves en situation de précarité

Annoncé au courant de l’année 2014 par le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, le décret instituant le soutien direct des veuves en situation de précarité a été adopté le 30 octobre dernier. Cette avancée sociale prévoit un soutien direct aux enfants orphelins dont la charge est assurée par des veuves en fixant le montant à 350 DH/mois et par enfant scolarisé dans l’enseignement général ou professionnel.

Leur âge ne doit pas dépasser 21 ans sauf dans le cas où les orphelins concernés sont en situation de handicap. Le plafond retenu est de trois enfants à charge soit 1.050 DH/mois. Cette allocation bénéficiera à 100.000 à 200.000 veuves sur un total estimé à 600.000 veuves au Maroc.

>Une ambassade américaine flambant neuve

3,5 hectares pour 181 millions de dollars telles sont les généreuses mensurations de la nouvelle ambassade américaine qui prend ses nouveaux quartiers dans les luxueux quartiers avoisinant l’avenue Mohammed VI, à Rabat.

Les Etats-Unis se sont ainsi offert un nouveau complexe diplomatique répondant à des normes de modernité et d’écologie sans pareilles (en matière d’ambassades américaines sises à l’étranger), au terme de plusieurs années de chantier entamé en février 2012. La nouvelle ambassade a été inaugurée en grande pompe le 22 novembre dernier.

>Greffe de cellules souches, une première marocaine

Fin novembre, le monde médical marocain signe une avancée historique! Le CHU Avicenne de Rabat réalise en effet avec succès la première greffe de cellules souches sur un jeune patient âgé de 17 ans, atteint d’un cancer. Une opération extrêmement délicate menée par le service d’oncologie pédiatrique du Pr El Khatab.

>L’indemnité perte d’emploi (IPE) ou la quête d’un nouveau modèle social.

Cette nouvelle prestation qui est entrée en vigueur le 1e décembre 2014 va permettre aux chômeurs de toucher une indemnité limitée et de se former pour se réinsérer dans le marché du travail.

L’IPE devrait bénéficier à environ 34.000 personnes/an, issues en majorité de la classe ouvrière permettra de réguler le marché du travail qui bénéficiera d’une meilleure flexibilité. Les candidats retenus percevront une indemnité équivalente à 70% du salaire moyen des 36 derniers mois, plafonnée à hauteur du SMIG pendant une durée maximale de six mois. Les bénéficiaires conserveront en outre le droit aux prestations sociales comme les allocations familiales et l’assurance maladie (AMO).

>Le Sud sous les eaux

La dernière semaine du mois de novembre, des pluies torrentielles se sont déversées sur le sud marocain provoquant des inondations meurtrières dans trois régions, dont les villes de Guelmim, Tiznit et Sidi Ifni. Cette région s’est retrouvée coupée de toutes liaisons terrestres pendant plusieurs jours, et n’a été partiellement accessible qu’à partir du 2 décembre 2014, laissant transparaître une zone meurtrie.

En effet, selon les dernières estimations établies par le ministre de l’Habitat et de la Politique de la ville, Nabil Benabdellah, pas moins de 23.600 habitations ont été détruites au cours de ces intempéries dans le sud du pays. Bien qu’un nombre très limité de victimes humaines soient – fort heureusement – à déplorer, les autorités locales n’ont pas ménagé leurs efforts pour élever ces incidents au rang de catastrophe naturelle.

Après ces inondations, de vraies questions se posent en matière de gouvernance notamment pour ce qui concerne les infrastructures, ainsi qu’en matière de disparités régionales et de précarité sociale.

 

 

>Les couacs du Mundialito 

Les couacs à répétition qui ont émaillé l’organisation de la Coupe du monde des clubs 2014 organisée en décembre au Maroc ont soulevé un tollé.

A l’origine, les images des quarts de finale montrant des jardiniers du stade Moulay Abdellah de Rabat, armés d’éponges et de raclettes et tentant d’essorer une pelouse inondée, suscitant les railleries des commentateurs des chaînes du monde entier.

 En raison de l’état défectueux de la pelouse, la demi-finale prévue au stade de Rabat a été délocalisée in extremis à Marrakech. Ces couacs ont été très mal vécus par le public marocain, qui n’a pas manqué de réclamer la démission du ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Ouzzine. Une enquête a alors été ouverte. En attendant ces résultats, le ministre a affirmé qu’il présentera sa démission si la responsabilité de son département est avérée. 

>La censure contamine le Maroc

Le film «Exodus» programmé dans les salles marocaines le mercredi 24 décembre n’a été officiellement interdit de projection que le 26 décembre malgré la délivrance d’un visa d’exploitation quelques jours auparavant. La raison invoquée est qu’une séquence du film peut prêter à confusion pour certains esprits estimant blasphématoire qu’un enfant-acteur personnifie Dieu. Cette décision de censure n’a pas manqué de créer la polémique au Maroc en enflammant la Toile entre conservateurs et laïcs.

>Le grand chantier de la décompensation des carburants

Après la décompensation totale de l’essence et du fuel en 2014 dans un premier temps et du gasoil à partir du 31 décembre courant, la libération totale des prix des produits pétroliers liquides interviendra le 1er décembre 2015. Cette initiative intervient dans le cadre de la réforme de la caisse de compensation qui a coûté la bagatelle de 42,5 MMDH en 2013 au budget de l’Etat et à ses contribuables.

La future libéralisation des prix du gasoil, essence et fuel devrait permettre de réduire la facture de la caisse de compensation qui devrait s’établir à 33 MMDH en 2014 et à 23 MMDH en 2015.

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