Bouregreg: Baignade interdite pour cause de… crocodile
L’insaisissable crocodile fait toujours l’objet de recherches de la part des autorités de Salé. Médias 24 s’est rendu sur ses supposés lieux de villégiature pour faire le point sur le dispositif mis en place pour le neutraliser et recueillir l’avis des riverains.
Avant toute recherche empirique sur le terrain, il convenait d’avoir une confirmation officielle de la traque en cours pour retrouver ce dangereux reptile d’un mètre cinquante.
A la mairie de Salé, un responsable nous a déclaré que les autorités de la ville prenaient très au sérieux cette présence indésirable signalée par de nombreux témoins étrangers et nationaux.
Il a poursuivi que ne voulant pas être accusé de prendre à la légère cette menace pour les riverains, le maire de la ville a décidé de prendre à titre préventif un arrêté municipal.
L’interdiction de toute baignade en amont et en aval des eaux de l’oued a été décrétée lundi 23 juin
Notre interlocuteur a ajouté que la gendarmerie fluviale et la protection civile étaient mobilisées depuis plus de 15 jours pour attraper le crocodile qui peut attenter à la vie des riverains.
Déclarant s’être déplacé sur les lieux de ratissage, il assure que des filets ont été posés ainsi que des caméras pour pouvoir le localiser.
Il assure aussi que des rondes fluviales de pompiers et de gendarmes ont lieu jour et nuit pour attirer l’intrus avec des appâts sanguinolents et que toutes les mesures de précaution ont été prises.
Il reconnaît cependant que si les autorités font leur devoir, à titre personnel il ne croit pas une seconde à ce qu’il qualifie de simple rumeur née de montages photographiques réalisés grâce à Photoshop.
A la caserne de la protection civile de Salé censée nous délivrer des éléments sur la nature des interventions techniques, nous nous sommes vus opposés une fin de non-recevoir à nos questions.
Dans un premier temps, nous avons interpellé un pompier tout disposé à parler des opérations en cours mais un officier présent s’enquérant de notre fonction de journaliste s’est vite interposé.
Cet officier nous a assuré qu’en tant que militaire, le corps de la protection civile avait un devoir de réserve et que seule une autorisation expresse du général pourrait le faire sortir de son silence.
Tout sourire, il n’a pas démenti les interventions de ses hommes pour capturer ce qu’il appelle l’objet de tous les fantasmes populaires. A l’état-major situé à Rabat, un autre officier nous a déclaré que sa hiérarchie avait décidé de ne pas communiquer sur ce sujet pour ne pas affoler la population.
Nous nous sommes donc décidés à longer les berges de l’oued où séjourne le dangereux reptile pour nous faire une idée des recherches en cours et prendre la température des riverains.
Malgré nos longues recherches et déambulations sur les deux rives du Bouregreg, nous n’avons pas trouvé trace d’un ratissage en cours par la gendarmerie maritime ou la protection civile.
Tous les riverains interrogés nous ont déclaré que les recherches s’étaient arrêtées du jour au lendemain et nous avons constaté que malgré l’arrêté municipal pris par l’édile de Salé, des enfants se baignaient allègrement sans se soucier un instant du risque potentiel.
Les barcassiers qui font la traversée du Bouregreg déclarent ne pas croire à cette histoire et que leur petit commerce se porte bien car personne parmi leurs clients ne prend au sérieux cette menace.
De visu et en discutant avec les riverains, nous constatons que tous les commerçants vaquent tranquillement à leur occupation et qu’il n’y a pas de trace d’un quelconque état d’alerte.
Les conducteurs de barque estiment que si crocodile il y a, il est probable qu’il ait longé le fleuve en amont pour se diriger vers la vallée de l’Oulja, ou Akrach. Soulignons qu’ayant quadrillé toute cette zone, nous n’avons pas relevé trace d’une quelconque mobilisation des autorités civiles ou militaires.
Au final, il apparaît que personne parmi nos interlocuteurs ne prend vraiment au sérieux cette histoire et que les autorités essayent de faire leur devoir pour se dédouaner en cas d’improbable attaque de ce dangereux reptile.
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