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Lafarge et Holcim fusionnent pour créer le numéro un mondial du béton

Les deux plus grands cimentiers mondiaux, le suisse Holcim et le français Lafarge, vont fusionner pour donner naissance à un colosse du béton, qui pèsera 32 milliards d'euros et 130.000 emplois, sous réserve du feu vert des autorités de la concurrence.  

Lafarge et Holcim fusionnent pour créer le numéro un mondial du béton
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Le 7 avril 2014 à 15h21 | Modifié 7 avril 2014 à 15h21

"Ce projet de fusion est une opportunité unique dans l'histoire d'une entreprise", a affirmé lundi le président d'Holcim Rolf Soiron lors d'une conférence de presse convoquée pour annoncer l'union des deux groupes, après la divulgation vendredi de "négociations avancées" en vue d'un tel rapprochement.

"Avec cette fusion de deux groupes aux fortes racines européennes, nous franchissons une nouvelle étape", a renchéri le PDG de Lafarge, Bruno Lafont. Avant fusion, la capitalisation boursière combinée des deux groupes s'élève à 40 milliards d'euros, a précisé M. Soiron.

Les négociations entre les deux géants européens ont débuté "l'été dernier", ont précisé à l'AFP des sources proches du dossier. Le premier contact direct entre MM. Lafont et Soiron a eu lieu "fin janvier-début février" à Strasbourg, ont révélé les deux patrons.

L'opération prendra la forme d'une offre publique d'échange lancée par le groupe suisse Holcim sur son concurrent français Lafarge, au taux d'une action Holcim pour une action Lafarge, ont précisé les deux groupes dans un communiqué commun, ajoutant espérer boucler la transaction au premier semestre 2015.

"Fusion entre égaux"

Le nouveau groupe issu de cette "fusion entre égaux", baptisé pour l'instant "LafargeHolcim", mais dont le nom pourra changer, sera "positionné de façon unique dans 90 pays et réparti de façon équilibrée entre pays développés et pays à forte croissance".

Cette société, qui sera basée en Suisse, comme Holcim, et cotée à la fois à Paris et à Zurich, sera dirigée par Wolfgang Reitzle (Holcim), futur président non-exécutif (ou chairman), et M. Lafont, qui deviendra le patron opérationnel (ou CEO) du nouvel ensemble. Le conseil d'administration sera quant à lui réparti de façon "équilibrée" entre les deux groupes actuels, avec 7 représentants pour chacun.

L'opération, si elle aboutit, devrait donner naissance à un colosse faisant figure de champion incontesté, au sein d'un secteur encore très fragmenté. Ensemble, Lafarge et Holcim représentent un chiffre d'affaires combiné (avant cessions d'actifs) de 32 milliards d'euros, et un bénéfice opérationnel (Ebitda) de 6,5 milliards d'euros.

Ce géant européen sera tourné vers l'international et prévoit de réaliser "les deux tiers de son résultat opérationnel dans les pays émergents", le béton étant (comme l'acier ou l'accès à l'énergie) l'un des principaux vecteurs du développement, a indiqué une autre source proche du dossier.

De plus, les deux cimentiers, qui font face à la morosité du marché de la construction en Europe, espèrent en se rapprochant dégager 1,4 milliard d'euros de synergies annuelles au bout de trois ans, dont un tiers devrait être réalisé dès la première année.

Cependant, les deux groupes devront passer sous les fourches caudines d'une quinzaine d'autorités de régulations dans le monde. Pour obtenir leur feu vert, ils promettent ainsi "des cessions d'actifs dans le cadre d'une optimisation stratégique du portefeuille, tout en anticipant les demandes des autorités de régulation", qui représenteront en tout un chiffre d'affaires combiné de 5 milliards d'euros.

Les deux groupes insistent certes sur leur complémentarité, avec une forte présence de Lafarge en Afrique et de Holcim en Amérique latine, mais ils ont tous deux des positions très fortes et jusqu'à présent concurrentielles en Europe.

Les deux tiers des cessions prévues auront d'ailleurs lieu sur le Vieux Continent, a souligné M. Soiron. "D'autres pays feront l'objet d'une attention particulière comme le Canada, les Etats-Unis, le Brésil et peut-être l'Inde et la Chine", a précisé M. Lafont.

"Il n'y a pas de fermeture d'usine associée directement à cette transaction", a affirmé le patron de Lafarge. "Un désinvestissement, ce n'est pas une fermeture d'usine. C'est la cession d'un actif à un autre acteur", a-t-il expliqué.

Interrogé sur l'intérêt fiscal d'avoir son siège en Suisse, le PDG de Lafarge a assuré que son groupe "ne quittait pas la France". Il sera coté au CAC 40 et disposera de "fonctions centrales" dans l'Hexagone, dont un centre de recherche à Lyon.

"La France et la Suisse doivent toutes les deux occuper une place centrale dans notre dispositif", a assuré M. Lafont, qui avait informé le gouvernement français de cette fusion lors d'une conversation qu'il a qualifiée de "confidentielle".

"Si nous n'arrivons à créer des champions mondiaux, alors on a perdu en Europe", a ajouté M. Soiron qui a assuré que le siège du groupe restera à Jona, dans le canton de St-Gall. "Son déplacement à Zoug ou à Schwyz (ndlr: deux cantons fiscalement plus intéressants) n'est pas à l'ordre du jour", a-t-il assuré.

Avec un chiffre d'affaires de 16,1 milliards d'euros en 2013, Holcim est le leader mondial du ciment devant Lafarge, dont les ventes ont atteint 15,2 milliards d'euros l'année dernière. Leurs principaux concurrents, l'allemand HeidelbergCement et le mexicain Cemex, arrivent ensuite avec des chiffres d'affaires de 13,94 milliards et 11,1 milliards d'euros, respectivement.

A la Bourse de Paris, le titre Lafarge, qui avait pris plus de 8% vendredi, gagnait 1,47% à la mi-journée (13H00) à 65,03 euros. Holcim, pour sa part, progressait de 0,33% à la Bourse suisse.

(AFP)
 

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