Kanyamakan, le plus hollywoodien des films marocains
Le dernier film de Said C. Naciri raconte l’histoire d’une lutte féroce pour le pouvoir et pour la préservation de l’honneur d’une tribu du Sud du Maroc. Poétique et parfois désordonné, le film fait la part belle à l’action et aux cascades spectaculaires.
Kanyamakan se déroule en plein désert, dans un village à l’architecture rustique, dirigé par un despote sanguinaire qui répond au nom de Sharkan.
Armé jusqu’aux dents et meurtrier patenté, il fait régner la terreur dans toute la région où tous les habitants le craignent sans oser le combattre. L’arrivée d’un jeune homme courageux va changer la donne et justifier l’action. Voilà le pitch.
Pendant un peu plus d’une heure et demi, on assiste à une succession de cascades et de combats apocalyptiques. Des coups de feux, et même un bazooka, des bâtisses qui explosent, et des courses poursuites qui n’en finissent pas, que ce soit en voiture ou à cheval. En bref, le spectateur ne s’ennuie pas.
Cet aspect des choses a été dirigé par Mohamed El Achi, cascadeur et chorégraphe assistant dans Banlieue 13, L’Incroyable Hulk et Tekken. Rien que ça ! Il a aussi travaillé sur Angel-A et dirigé la chorégraphie de la série Transporter.
Pour les besoins de Kanyamakan, il a entrainé de jeunes acrobates marrakchis, dans la perspective de fonder une véritable école marocaine de la cascade. Ils se sont notamment essayés au Parkour (popularisé par la troupe des Yamakasi, il s’agit de déplacements libres urbains, à travers des franchissements spectaculaires), et le résultat est convaincant.
On notera aussi un bon travail sur la bande sonore avec une musique qui est signée par Rachid Taha et Hoba Hoba Spirit. Le groupe casablancais fait même une apparition dans une salle de concert surréaliste, où les clients ne consomment que de la bière locale, servi par un tenancier de bar aux allures caricaturales, et dont l’apparition a arraché plus d’un rire au public.
D’une manière générale, les principaux personnages du film sont assez bien construits. Même chose pour la belle prestation des acteurs, tout à fait crédibles dans leurs rôles. On sent qu’ils ont pris du plaisir pendant le tournage. Parmi eux, on citera Younes Megri, Affif Ben Badra (comédien cascadeur Sherlock Holmes : Jeu d’ombre et Dany The Dog) de Sarah Kazemy, de Maryam Keshavarz, et de Anas El Baz, dont on se souvient dans Casanegra.
Kaymakan est une comédie efficace et les dialogues sont vifs et pertinents. Les Marocains s’y reconnaissent mais ce film est exportable dans d’autres pays. Le film est aux standards internationaux tant sur le plan technique qu’artistique. Les ambitions de l’équipe de production sont claires : en faire le blockbuster marocain de l’année, avec un record d’entrées.
Tous les ingrédients sont là : de l’action, des effets spéciaux, la quête d’un trésor, celle du pouvoir, de bons techniciens et des comédiens talentueux, une belle photo, un montage efficace et même une histoire d’amour. C’est ce qui doit sans doute faire dire aux producteurs du film que « Kanyamakan est le plus hollywoodien des films marocains ». C’est sans doute leur conviction.
Ajoutons que ce dernier opus de Said C. Naciri reste dans la continuité de ce qu’il a réalisé jusque-là. On connait sa propension à faire du cinéma de divertissement avec une dimension populaire. Dans sa série, celui-ci est réussi. C’est un bon film de genre même si on est rarement surpris. Reste qu’entendre de la darija, sur fond d’explosion, avec des touches d’humour, c’est assez rafraichissant.
Kanyamakan (sur Facebook et Youtube)est actuellement présenté dans 12 salles dans 7 villes
-Casablanca: MEGARAMA, RIALTO, ABC, RIF, RITZ.
-Rabat: LA RENAISSANCE
-Salé: HOLLYWOOD
-Marrakech: MEGARAMA, COLISEE, MABROUKA
-Tanger: ROXY
-Tétouan: AVENIDA
-Fès: MEGARAMA
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