Save Casa exige la correction d'un nom de rue “Dila Securite social”
Quand on se balade dans Casablanca, il nous est souvent donné de constater que les noms de rues sont outrageusement défigurés ou comportent des fautes indignes d’une classe de CP.
Save Casablanca a envoyé une lettre au Président de l'Arrondissement de Sidi Belyout pour se plaindre de cette "légère anomalie".
«Vous êtes témoin d'une nuisance à Casablanca ? Envoyez-nous vos photos, l'adresse exacte de cette nuisance et le nom de l'arrondissement et nous nous chargeons d'envoyer un recommandé au Président de l'arrondissement», tel est le crédo du groupe Save Casablanca, lancé par l’auteure Mouna Hachim sur Facebook.
Save Casablanca est à n’en pas douter une initiative citoyenne simple mais redoutablement efficace.
Cette semaine, les membres de ce groupe ont adressé une lettre à Kamal Daissaoui, président de l’arrondissement de Sidi Belyout, pour lui demander de bien vouloir corriger la plaque du nom de la «rue de la sécurité sociale», malencontreusement transcrite «rue Dila Securite social» et qui relève de son arrondissement.
«Cette photo a été publiée à de nombreuses reprises sur le groupe et a été largement commentée. Malheureusement, elle est loin de constituer l’exception», argumente la lettre.
En effet, les exemples ne manquent pas : «rue Mecheal Ange», «rue Algeir». La rue réunion, qui fait référence à l’ile du même nom, a été traduite en arabe par rue «Alijtimaa», le fait de se réunir. Bref, les exemples fleurissent presque à chaque ruelle de la capitale économique et témoignent de l’attachement d’une poignée de fonctionnaires aux belles lettres et leur maîtrise de la grammaire.
Le nom de cette rue ne faisant pas référence à un hommage public ou à un événement historique, cette modification peut se faire sans l'aval de l'autorité de tutelle prévu à l'article 69 de la loi n° 78-00 portant charte communale», conclut, pédagogique, la lettre de Save Casa.
Il y a moins d’un an, le Maroc avait brillé de mille feux au salon du livre de Paris. La signalétique du stand officiel du royaume s’est distingué par cette grossière faute d’orthographe : «les éditeures marocains», sans oublier l’avalanche de majuscules ponctuant à tout hasard chaque mot du panneau. Etonnant!
Pour autant, il n’est pas certain que la demande de Save Casablanca soit prise au sérieux : la torture du nom de Michel-Ange ne semble pas contrarier outre mesure nos respectables responsables d’arrondissement. A l’opposée, la commission chargée de baptiser les rues de Casablanca se préoccupe davantage de l’arabisation des rues est s’est livrée depuis quelques années à une arabisation massive de leurs noms.
Exemple savoureux, la rue Galilée est devenue «Taha-Hussein». Et comme l’a si bien écrit Fouad Laroui en 2009 dans Jeune Afrique, avec l’humour décapant qu’on lui connait, «Taha Hussein était un grand monsieur, un écrivain de talent, un érudit. À tous ces titres, il mérite pleinement d’avoir sa rue. Mais fallait-il pour autant rejeter Galilée dans les poubelles de l’Histoire? Le Maroc est en pleine croissance urbaine, il se crée tous les mois des quartiers entiers à Casablanca. Pourquoi ne pas mettre Taha Hussein là, lui donner son avenue et laisser les mânes du pauvre Galilée en paix ? Faut-il croire que la commission chargée de baptiser les rues de Casablanca ne savait pas qui était Galilée?». Pas plus que les règles élémentaires de l’orthographe et de la grammaire.
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